LA JUSTICE ORDONNE LA REINTEGRATION DE L'ELEVE BAYALA T ROGER DU LYCEE PROVINCIAL DE REO EXCLU PAR SON LYCEE POUR ABANDON.
Cette décision de justice inédite interpelle chacun de nous « acteur de l'enseignement ».
Je donne mon point de vue pour alimenter le débat afin d'améliorer la gestion de nos établissements.
De quoi s'agit-il ?
L'élève Bayala Roger, du lycée provincial de Réo, est un élève irrégulier selon les comptes rendus faits par la presse. Après la rentrée des classes, il ne s'est présenté que le 28 octobre 2020, pour ensuite disparaître et ne revenir qu'après le 22 novembre 2020. L'administration de l'établissement lui refuse l'accès à sa classe au motif qu’il a été déclaré en situation d’ « abandon » et que par conséquent il n'est plus un élève de l'établissement.
L’élève Bayala conteste la décision et saisit le tribunal de Koudougou qui après jugement ordonne la réintégration de l’élève et le paiement par la direction du lycée d’une somme de 750 000Fcfa.
En tant que chef d'établissement, je connais bien ce problème pour avoir été, à plusieurs reprises confrontées à des cas d’absence de longue durée.
Le règlement intérieur des établissements d’enseignement secondaire stipule en son article 19, que « toute une absence aux cours d’au moins 30 jours consécutifs non justifiés est synonyme d’abandon ».
Pourquoi donc la justice a déclaré l’exclusion de l’élève irrégulière, alors qu’il totalise un nombre important de jours d’absence ? Est-ce à dire que les dispositions du règlement intérieur n’ont pas été respecté ? Pourquoi alors ?
1- Le compte rendu fait par la presse, montre que l’élève à aucun moment n’a totalisé 30 jours consécutifs d’absence
2- L’article 19, ne me parait pas suffisamment détaillé sur les démarches à effectuer par le directeur pour arriver au constat d’abandon. De plus, les dispositions à prendre pour matérialiser ce constat ne sont pas spécifier. Je le dis, parce que avec mes directeurs, nous avons échangé longuement avant de parvenir à adopter une procédure de constat d’abandon. Car le constat des 30 jours d’absences ne nous paraissaient pas suffisant pour déclarer un élève en situation d’abandon. Que ferions-nous si un élève absent depuis plus d’un mois revient et nous explique que ses parents ont été obligé de le conduire au village pour le soigner et qu’il n’avait aucun moyen de communication pour joindre l’établissement ? Alors pour éviter qu’on ne nous fasse un jour une mauvaise querelle, j’ai demandé que le directeur soumette les cas d’abandon à un conseil de discipline qui statuera.
3- Quelques enseignants récalcitrants ne remplissent pas régulièrement tous les cahiers mis à leur disposition dont notamment le cahier d’absences. On le constate, dans le cas de Réo, bien que l’élève ait été régulièrement absent, le cahier d’absences ne mentionnait que seulement 5 absences.
4- Le faible niveau de formations des chefs d’établissement. Il y a bien longtemps que nous avons participé à des séminaires de formation continue. Toutes les règlementations ne sont pas maitrisées par la plupart des chefs d’établissements. Or la fonction de chef d’établissement devient de plus en plus complexe au regard des défis nombreux qui se posent à nous.
Partant de cela, je pense qu’il faut revoir le règlement intérieur en affinant les procédures de prise de décision. Ainsi par exemple, on introduirait une disposition qui stipule qu’aucun élève ne peut être déclaré en situation d’abandon sans qu’au préalable les parents aient été entendu sur les motifs de cette absence.