mercredi 4 juin 2025

Hommage à Salif Diallo PAN du Burkina

Salif Diallo est mort ce matin du 19 août 2017 . Quelle triste nouvelle. Je suis peiné. Je l'ai connu sur le campus de l'université de Ouaga en 1978. Suite à une grève suivie du boycott des examens en 1979, nous avons été exclus de l'université. Avec  courage et une grande détermination, il s'est rendu à Dakar pour y poursuivre ses études. C'est donc  un camarade avec qui j'ai lutté lorsque nous étions étudiants pour de meilleures conditions d'études et des idéaux qui nous étaient chers. J'avais beaucoup de sympathie et de respect pour lui. Il a eu une vie bien remplie faite d'engagement et de détermination à faire triompher ce en quoi il croyait. Il a su mener mener ces batailles politiques, sans peur et avec beaucoup de lucidité. Le résultat est qu'il a été très déterminant à des moments historiques de la vie de notre pays.  Son nom doit être gravé parmi les dignes fils du pays.
Je pense à sa famille et sa femme Chantal  très éprouvées, je suis de tout coeur  à côté d'elles dans cette épreuve difficile.
Je souhaite  que le président Roch enclenche un processus visant à lui  lui rendre tous les honneurs que la nation lui doit.
Repose en paix Salif

Une formation d'avenir (Master GEII)



 ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE EXCELLE (ESUPEX)

OUAGADOUGOU BURKINA FASO

Mail: excelle.bf@gmail.com

Esupex dispense des cours et délivre

le diplôme:

Master en Génie Electrique et Informatique Industrielle (GEII)

Compétence du titulaire en Master Génie électrique et Informatique Industrielle: 

Le titulaire du Master en GEII

  • Est un spécialiste des systèmes électriques et des systèmes automatisés de production.
  • Est capable d’optimiser la consommation énergétique de l’installation, assurer sa maintenance, intervenir sur les aspects relatifs à l’informatique industrielle.

Sa Formation lui a permis d’acquérir un socle de compétences en :

ü Électrotechnique,

ü Automatismes,

ü Réseaux et informatique industrielle

  • Les  titulaires du Master sont capables   de concevoir et de faire évoluer les systèmes automatisés de production dans un objectif de développement et d’innovation en milieu industriel.

Les capacités professionnelles associées à la spécialité sont :

  • Superviser et coordonner les réalisations, études et développements en informatique industrielle (collaborateurs, sous-traitants-
  • Etudier et améliorer la consommation énergétique d’une installation
  • Réaliser et améliorer la maintenance électrique d’une installation
  • Etablir un cahier des charges, sélectionner des fournisseurs, des prestataires et suivre leur réalisation.

 

Deux axes au choix du titulaire en Master Génie électrique et Informatique Industrielle :

ü Maintenance et e-maintenance des systèmes électriques et applications diverse

ü Informatique industrielle avancée et objets communicants.

Lors de sa formation, l’étudiant peut être amené à mener divers projets dont :

·         Projet ‘‘gestion des énergies’’ (simulation d’un smart-grid)

  • Projet ‘‘cellule de production’’ (programmation d’automates, réseaux, supervision, traçabilité de produits, robotique et vision)
  • Projet ‘‘TeleMaintenance’’ (e-maintenance, surveillance, diagnostic…) au sein du pôle régional S.mart.

STAGES INDUSTRIELS

Contrat d’apprentissage

Rythme d’alternance école / entreprise :

INTERNATIONAL

En 2e année de Master, un stage à l’étranger est un atout.

DÉBOUCHÉS

Tous les secteurs d’activité concernés par le Génie Electrique et Informatique Industrielle notamment :

  • Les transports : automobile, ferroviaire, aéronautique
  • La production de machines et équipements industriels
  • L’agroalimentaire
  • Les centrales électriques
  • Les industries  
  • Les industries agroalimentaires, de transformations, etc.
  • Les usines
  • Les immeubles

Type de métiers :

  • Ingénieur génie électrique
  • Ingénieur Informatique industrielle
  • Ingénieur roboticien
  • Directeur technique
  • Ingénieur maintenance

 


Le Burkina Faso en 1975


 

En 1975, au moment où je m’apprêtais à intégrer l’université, la Haute Volta était dirigée par une junte militaire ayant à sa tête le général Aboubacar Sangoulé LAMIZANA. Ce pouvoir militaire est issu d’un coup d’Etat perpétré le 8 février 1974 contre le gouvernement démocratiquement élu de la 2ème république en place depuis 1971. La constitution de la 2ème république a été suspendue, le gouvernement et le parlement ont été  dissous. L’armée met en place un gouvernement dénommé gouvernement de renouveau national GRN dominé par les chefs militaires. Mais cette position du tout militaire étant intenable, le  pouvoir militaire  va chercher à mettre un vernis de démocratie sur  sa gestion, et  mettra pour cela un organe à vocation consultative ; le Conseil Consultatif pour le Renouveau National (CCRN) rassemblant les représentants des forces vives de la nation.

Une partie de l’opinion publique va dénoncer cet organe en le taxant de caisse de résonance du pouvoir militaire.

Mais lorsqu’en mai 1975, le pouvoir militaire va tenter de créer un parti politique unique,  alors comme un seul homme, toutes les couches sociales, ayant à leur tête les syndicats des travailleurs et le mouvement étudiant vont s’y opposer. La grève de protestations des 17 et 18 décembre 1975, qui est lancée par ces organisations fut un succès total. Ouagadougou a été une ville morte, je suis bien placé pour le dire, car pendant ces deux jours, les jeunes étudiants que nous étions, avions eu de la peine à trouver à manger.

Le pouvoir militaire fut obligé de reculer. Le MNR fut un mort-né.

En 1978, une nouvelle constitution est votée. Nous entrions dans l’ère de la troisième république. Des élections présidentielles et législatives sont organisées. L’UDV-RDA  remporta les élections législatives et Sangoulé LAMIZANA, déclaré candidat du RDA remporta l’élection présidentielle après avoir été mis en ballotage par Macaire Ouédraogo candidat de l’UNDD.

La 3ème république ne fera pas long, il sera

En dehors de ces courts périodes de vie démocratique dans notre pays, les partis politiques n’avaient pas  d’existence légale. Toutes les juntes militaires dès leur prise de pouvoir décrétaient la dissolution des partis et organisations politiques. Ils n’avaient pas le droit de s’exprimer et de donner leurs opinions sur quelques aspects de la vie nationale. La liberté d’expression et de manifestations étaient bâillonnées. Toutes attitudes contraires pouvaient être sanctionnées. Mais leur courant de pensée continuait à exister et même à se manifester sous une autre forme.

Pendant les périodes d’Etat de droit, la liberté de s’exprimer et de s’organiser n’était pas entière. Il y eut même des moments où la loi avait  limités le nombre de partis politiques à trois. Tous les autres partis étaient dissous et interdits de manifestations.

Quel que soit le régime en place, les partis ou groupes communistes, qui prônent le renversement de l’ordre établi ne pouvaient pas se manifester ouvertement. Sinon ils seraient réprimés. Ils étaient tous de rester dans la clandestinité

Des partis ou organisations politiques, qui se proclamaient révolutionnaires ou communistes, même pendant les courts moments de démocratie, restaient dans la clandestinité.

Seuls les syndicats des travailleurs et les organisations avaient la possibilité de manifester en deçà d’une certaine limite sous peine d’être réprimé.

Bien des partis ou organisations politiques vont chercher à contrôler les organisations syndicales et les utiliser comme moyens d’expression de leurs oppositions au pouvoir en place. Les luttes de ces  groupes pour controler  les syndicats et mouvements d’étudiants étaient très âpres.

Au-delà de ces luttes sous terraines, le mouvement syndical des travailleurs et le mouvement étudiant ont toujours été aux avant-pointes dans les luttes pour la défense et la sauvegarde des libertés dans notre pays. Les luttes qu’ils menaient dépassaient très souvent le cadre des revendications purement corporatistes. Le mouvement étudiant en particulier, conscient de son rôle de conscientisation analysait sans faille la situation nationale et défendait de manière intransigeante la liberté et réclamait toujours plus démocratie.

Les meetings des syndicats drainaient un monde fou à la bourse du travail. Les leaders syndicats comme Soumane TOURE et Boniface KABORE, grands orateurs savaient trouvaient les formules justes pour fustiger le régime en place. Ils ont tous subis les foudres des régimes anti démocratiques en place

Sur le plan social et démographique, la Haute-Volta était peu peuplée, nous étions approximativement six millions d’habitants en 1975 .

La population scolaire était aussi très faible. En 1960, à l’orée de notre indépendance formelle, après plus de 60 ans de domination coloniale,  il n’y avait seulement que 51 candidats au baccalauréat pour une population approximative de 3 millions d’habitants. La colonisation n’a manifestement fait aucun effort pour former des cadres dans notre pays. L’objectif recherché était de nous maintenir dans l’obscurantisme et continuer tranquillement à exploiter nos richesses. Quinze après, cette indépendance, au moment où je passais mon baccalauréat, il n’y avait que 900 élèves inscrits dans les classes de terminales et 1500 candidats au baccalauréat. C’était un très faible effectif après quinze d’indépendance. C’était La question qu’on peut se poser est de savoir,  si nos dirigeants n’avaient pas des entraves qui les empêchaient de mener une politique forte de scolarisation. Les organisations progressistes affirmaient que nos dirigeants étaient toujours sous la coupe de l’impérialisme international qui les empêchait de  mener une véritable politique de croissance et de bienêtre qui passe forcément par une formation des cadres. 

L’enseignement supérieur était dans un état embryonnaire. Ce n’est qu’en 1974, que la Haute Volta va se doter de sa première université par mutation du centre d’enseignement supérieur CESUP. De ce fait la grande majorité des bacheliers étaient envoyés dans les universités de la sous-région et d’Europe. Tout élève bachelier âgé de 22 ans au plus, obtenait une bourse nationale qui lui donnait droit à la prise en charge de ses frais d’inscription et d’une allocation financière. Ceux qui avaient plus de de 22 ans pouvaient prétendre à une bourse d’études dans les pays communistes d’Europe de l’Est. Le pécule en 1975, était de 22 500 francs pour les étudiants de Ouagadougou, et lorsque je quittais en 1979, elle s’élevait à 35 000 francs CFA. Une grande majorité d’étudiants, militants des organisations d’étudiants, avaient une claire conscience des sacrifices consenties par le peuple voltaïque pour leur permettre de poursuivre des études. Ces étudiants percevaient leurs devoirs vis-à-vis de ces masses laborieuses. Ainsi beaucoup de nos étudiants de cette époque ont refusé des offres d’emploi dans les pays occidentaux où ils poursuivaient leurs études pour rentrer et servir le pays.

Sur le plan économique, la situation était loin d’être reluisante. L’activité commerciale, financière et industrielle était dominée par les grands groupes français et partiellement par l’Etat. Les parts de l’Etat, dans la plupart des sociétés, provenaient des   prêts consentis par la coopération internationale.

Au seuil de notre dépendance, et longtemps après, l’écho de la révolution bolchevique de 1917 en Russie résonnait toujours très fort dans les esprits. L’idéologie révolutionnaire communiste, dont le fondement était la libération de l’homme de toutes formes d’exploitations et le partage juste et équitable des richesses générés par les efforts des peuples  exerçaient un attrait très fort sur la jeunesse. En effet, la jeunesse, dans tous les pays du monde  est sensible, aux souffrances et à l’injustice, Les jeunes ont très soif de liberté et d’indépendance, de justice sociale. et par conséquent a envie de changer le monde pour le coller à leurs idéaux.

Les jeunes étudiants les plus dynamiques ou à qui on a pu expliquer les fondements de la révolution vont s’y engager avec enthousiaste et ardeur. Une  multitude d’organisations révolutionnaires ou communistes vont voir le jour et canaliser cette énergie dégagée par la jeunesse. 

Sur le plan international, beaucoup de pays à travers le monde, dont les pays africains Angola, Mozambique, Namibie, étaient toujours sous domination coloniale directe de pays occidentaux à régime capitaliste. Les patriotes organisés de ces pays avaient pris les armes menaient une lutte sans merci contre le colonisateur pour obtenir leur indépendance totale. Le peuple noir sud-africain était soumis à un apartheid fait d’humiliation et de privations de toutes sortes. Sous la conduite de leurs  leaders et de l’ANC, le peuple sud-africain portait des coups durs au régime raciste sud-africain qui  bénéficiaient du soutien des pays occidentaux capitalistes impérialistes

Ces peuples en lutte pour l’indépendance et à la liberté étaient soutenus par tous les patriotes africains progressistes, organisés principalement dans des partis d’obédience communiste et des organisations progressistes. Ces organisations en lutte bénéficiaient du soutien des pays communistes

Le monde était globalement divisé en deux camps antagoniques, le premier camp dominé par les Etats Unis, et le second camp dominé par les pays ayant choisi la voie du socialisme et du communisme. Ces deux camps se livraient à une guerre froide sans affrontement direct.

Les étudiants que nous étions, organisés au sein de l’AEVO et de l’UGEV soutenions fermement les luttes des peuples africains et de tous les peuples du monde sous dominations coloniales et impérialistes.