jeudi 19 février 2015

Violence en milieu scolaire_2 le

Violence en milieu scolaire


le jeudi 12 février 2015, pendant que la plupart des élèves suivent le défilé de la mode traditionnelle, deux jeunes à moto, profitant de l'inattention du portier font irruption dans la cour de l'école. Ils confisquent des portables d'élèves de petites classes et ne les leur restituent que moyennant le paiement d'une somme d'argent. Après avoir rackettés ainsi quelques élèves, ils démarrent en trombe leur moto pour quitter l'établissement. L'un d'eux percutent un élève sur son passage et tombe. Il se relève et commence à menacer l'élève. Une élève de Terminale qui a assisté a la scène s'interpose et  prend la défense du petit. Surpris par cette intervention d'une fille, les jeunes arrêtent leurs agressions et   lancent  des menaces et promettent de venir à la séance de cinéma qui va être  organiser par le bureau des élèves le samedi 14 février 2015 à la salle de ciné du CREDO et lui régler son compte.
ils vont tenir leurs promesses, en venant à la salle de ciné avec un groupe renforcé. leur tentative de perturber la séance va échouer suite à l'intervention du conseiller d'éducation accompagnant et du gérant de la salle de cinéma qui fit appel à la police. deux choses ont frappé nos élèves, ils étaient saouls ou peut être même drogués et avaient des complices au sein de l'école. En effet suite à leur appel téléphonique, Ouédraogo Rahim et Ouédraogo Thierry deux eleves de la seconde C, les ont rejoint un court instant avant de réintégrer la salle de ciné. Contraints de quitter les lieux, ils lancent des menaces et promettent de revenir le lundi au lycée.
Suite à ces menaces, nos élèves vont ameuter leurs groupes. le lundi 16 février 2015, un attroupement de plus d'une vingtaine de jeunes se fait aux abords de l'établissement. j'apprendrai par la suite qu'il était constitué de trois groupes mobilisé par trois de nos élèves. ils étaient venus pour en découdre avec le groupe agresseur de nos élèves.
Vers midi deux jeunes qui faisaient office d'éclaireur du  groupe agresseur arrivent devant l'établissement. ils étaient suivi de près par un sous groupe de trois éléments.
les éclaireurs sont immédiatement maitrisés par les trois groupes mobilisés par nos élèves. ils sont maltraités et mis à genoux. le sous groupe agresseur qui les suivait de près prirent la fuite et se réfugia dans une cour voisine ou ils avaient un complice.
les deux éclaireurs arrêtés et maltraités ont été sommés de conduire les trois groupes de nos élèves auprès de leur chef de groupe pour régler le problème et mettre fin à l'agression de nos établissements.
le même soir un "grand frère" d'un de nos élèves se rendit également dans le quatier général du groupe agresseur pour chercher à mettre fin à ce début de spirale de violence.
Depuis le lundi 16 janvier 2015, nous n'avons été agressés, je suppose donc que les actions entreprises par les groupes proches de nos élèves ont dissuadés le groupe agresseur et que par conséquent nous serons plus tranquille.
Rôle de la police.
lorsque le directeur de l'établissement a constaté l'important attroupement devant son établissement et qu'il a compris qu'il y avait un risque sérieux d'affrontement devant son établissement, il a immédiatement appelé la police au 1010. Malgré son insistance, la police n'est pas venue.
Il envoya son conseiller principal au commissariat de police de Ouaga 2000, la bas aussi aucune réaction. On lui conseilla de nous adresser ailleurs.
Il appela les CRS au 17 qui promettent de venir. mais on les attendit en vain.
j'ai moi même appelé la CRS au 17, après plusieurs minutes d'attentes, On me fit qu'ils ne peuvent pas intervenir et on me conseilla de m'adresser au commissariat de Ouaga 2000. j'ai essayé de leur faire savoir que c'est la bas  que nous nous sommes adressés en premier lieu, et que c'est sur le conseil du commissariat  que je les  appelle. mais rien n'y fit, l'agent continua d'insister pour que j'appelle le commissariat. j'ai fini par raccrocher.
j'ai néanmoins rappelé le  commissariat et ai demandé un rendez vous avec le commissaire pour le lendemain matin à 8h.  l'intervention n'était plus nécessaire car les jeunes s'étaient dispersés heureusement sans trop de casses. Nous avions eu peut être la chance. s'il y avait eu affrontement, il aurait été violent, avec des conséquences désastreuses.
Le mardi 16 février 2015, j'au eu l'entretien avec le commissaire, il a décidé de poster tout autour de l'établissement des policiers en civil pour lui permettre d'identifier les agresseurs et éventuellement  prendre les mesures conséquentes.

De toutes ces  tractations avec la police,  je tire la conclusion que la police n'est pas totalement opérationnelle ou ne veut pas intervenir dans les écoles pour mettre de l'ordre.  En cas de coup dur, il ne faut pas compter sur elle. C'est grave et inquiétant, car si la police discrimine ces interventions, c'est la mafia et les gangs et les bandes organisées qui vont imposer leurs lois dans la cité et adieu la tranquillité des honnêtes citoyens.
la loi et l'organisation des gangs dans les écoles.
Un premier constat, certains de nos élèves appartiennent à des groupes structurés dans leurs quartiers.  Ils n'hésitent pas à utiliser la violence pour défendre leurs intérêts ou leurs camarades. Ils sont consommateurs de d'alcool et même de drogues. Ceux qui sont venus devant notre établissement manifestement étaient sous l'emprise de la drogue. Les propos du genre " on va te brûler" et les actes posés allant dans ce sens peuvent indiqués qu'ils étaient effectivement drogués.
 Ils sont armés de couteaux, de machettes, etc.
Ils semblent être bien structurés et disposent d'endroits où ils se réunissent facilement et qu'ils appellent "quartier général". Ils ont des protecteurs beaucoup plus âgés. Le délégué général nous a dit qu'il a fait appel à un " grand frère" qui a pu conclure "un accord de paix" entre les groupes adverses.

La responsabilité de la police et des parents dans la structuration de ces groupes.
Si nos élèves  ont fait appel à leurs groupes respectifs pour venir les défendre, c'est parce qu'ils n'ont pas confiance en la capacité de la police de rétablir l'ordre.
Ils  sont conscient que l'appel aux groupes pour régler des différends peut être grave, mais prétendent qu'ils n'avaient pas le choix et qu'ils ne pouvaient plus supporter ces agressions.
C'est vrai la faible réactivité de la police devant les cas d'attaques ou d'agressions et le faible quadrillage des quartiers peut conduire des citoyens à s'organiser pour se défendre. Le risque est que ces groupes s'érigent en justicier ou se transforment en gangs  criminels.
La multiplication de ces groupes ou gangs est la preuve de la faiblesse de l'Etat protecteur. Alors on doit avoir peur de l'avenir. Un conflit local ayant pour origine des différences religieuses ou ethnique va déboucher sur des massacres.
Alors faisons attention et que les autorités prennent leurs responsabilités.




dimanche 8 février 2015

Le premier ministre Isaac Zida est affaibli.

Pour la nième fois, suite à des contestations, le président kafando a été obligé d'annuler  des décisions de nominations qu'il avait  prises sur propositions du premier ministre Zida. La dernière contestation faite par le RSP pouvait mettre à mal toute la transition. Si la forme de la contestation est condamnable, il n'en demeure pas moins que les mobiles sont justifiées. En effet, il n'est pas normal de mettre à la tête de cette troupe  un commandant  qui va donner des ordres à des colonels. On ne comprends d'ailleurs pas pourquoi Zida a pris une telle décision. Surtout quand on sait qu'il doit sa place actuelle à l'accord de ses anciens camarades. Mal lui en pris, s'il n'avait pas trouvé refuge auprès du Mogho Naba, il risquait sa vie et mettait en danger la transition.
Si ces décisions de nominations ou d'affectation rentrait dans le cadre d'une stratégie de démantèlement du RSP, il faut alors convenir qu'il n'est pas un bon stratège, car cette réaction de la troupe était prévisible. Toutes ces contestations nous font douter de la qualité de bon leader de Zida. Nous avons besoin d'un chef qui va nous conduire notre transition à bon port. Les engagements qu'il a pris consistent non seulement à organiser dans les délais mais à toiletter nos textes afin de refonder notre système de gouvernance pour que des prédateurs de tout poils soient neutralisés et ne nous ramène pas à l'ère Compaore.
Mais le doute commence à s'installer dans nos têtes. En dehors des élections, nous ne sommes plus sûr que la transition réussira ses autres missions.
Zida est sorti affaibli de son bras de fer avec le RSP. Il n'est plus adossé à une structure majeure. Donc il va lui être difficile de réunir une majorité autour de ses projets.

samedi 7 février 2015

Le peuple dit non l'intrusion du RSP dans la conduite de la transition

Le Régiment de sécurité présidentielle RSP a empêché la tenue du conseil des ministres du mercredi 4 février 2015 et a exigé la démission du 1er ministre, l'annulation des dernières nominations dans leurs corps, etc...
Le premier ministre a été alors obligé de fuir et de se réfugier au palais du Mogho Naba le chef des mossés de Ouagadougou.
Immédiatement des voix fortes se sont élevées  au sein de la société civile, des partis politiques, et des citoyens ordinaires pour dénoncer cette intrusion des militaires dans la conduite de la transition. Le premier ministre bien que provenant de leur corps n'est pas là, par leur volonté mais est le fruit d'un consensus de tous les acteurs de la vie politique nationale. Il ne peut être alors question que le RSP puisse imposer sa volonté dans son maintien à son poste.
Le peuple du Burkina Faso depuis l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, a clairement indiqué son refus des dictats de toutes sortes et des tentatives pour museler son droit à déterminer son choix de société. Il ne peut donc accepter qu'un groupe militaire même puissamment armé comme le RSP vienne lui dicter la conduite de la transition.
Laisser faire et accepter d'obtempérer aux injonctions du RSP, c'est indiquer à tous les apprentis dictateurs qu'ils peuvent s'ils le veulent imposer leur volonté au peuple et que l'insurrection populaire n'a rien changé dans l'élévation de la conscience politique des burkinabé.
Il est donc impératif que le peuple sorte pour barrer la route a cette tentative de confiscation de notre insurrection.
Le pouvoir appartient au peuple et il le confie à qui il veut par la voix des urnes.
Sortir manifester est un impératif, car il faut qu'on dépasse la peur que nous pouvons avoir des armes détenues par un groupe.
Il faut sortir pour le dire une fois pour toutes, que plus jamais le pouvoir ne pourra se conquérir au Burkina Faso par les armes et la répression.
Ce jour 7 février 2015 le peuple est sorti, la mobilisation a été remarquable. Notre peuple a montré toute sa maturité et sa volonté de préserver coûte que coûte ses droits.
Sans aucun doute le premier ministre Zida Isaac gère mal en partie la transition par ses nominations de personnes dont la moralité et les actes antérieurs ne sont pas toujours conformes aux idéaux de la charte de la transition.
Ses mauvais choix l'ont clairement affaibli et vont sans doute impacter négativement le bilan que fera la transition. Mais il n'est plus possible de revenir en arrière au risque de ne pas tenir les délais et l'agenda de la transition.
Zida a créé le doute sur ses capacités d'être un bon chef. Un chef qui commet plusieurs fautes de gestion et de management n'inspire plus confiance et toutes ces décisions sont examinées à la loupe.
Mais il faut faire avec tout en restant vigilant.
Le peuple doit avoir toujours le dernier mot.k