Violence en milieu scolaire
le jeudi 12 février 2015, pendant que la plupart des élèves suivent le défilé de la mode traditionnelle, deux jeunes à moto, profitant de l'inattention du portier font irruption dans la cour de l'école. Ils confisquent des portables d'élèves de petites classes et ne les leur restituent que moyennant le paiement d'une somme d'argent. Après avoir rackettés ainsi quelques élèves, ils démarrent en trombe leur moto pour quitter l'établissement. L'un d'eux percutent un élève sur son passage et tombe. Il se relève et commence à menacer l'élève. Une élève de Terminale qui a assisté a la scène s'interpose et prend la défense du petit. Surpris par cette intervention d'une fille, les jeunes arrêtent leurs agressions et lancent des menaces et promettent de venir à la séance de cinéma qui va être organiser par le bureau des élèves le samedi 14 février 2015 à la salle de ciné du CREDO et lui régler son compte.
ils vont tenir leurs promesses, en venant à la salle de ciné avec un groupe renforcé. leur tentative de perturber la séance va échouer suite à l'intervention du conseiller d'éducation accompagnant et du gérant de la salle de cinéma qui fit appel à la police. deux choses ont frappé nos élèves, ils étaient saouls ou peut être même drogués et avaient des complices au sein de l'école. En effet suite à leur appel téléphonique, Ouédraogo Rahim et Ouédraogo Thierry deux eleves de la seconde C, les ont rejoint un court instant avant de réintégrer la salle de ciné. Contraints de quitter les lieux, ils lancent des menaces et promettent de revenir le lundi au lycée.
Suite à ces menaces, nos élèves vont ameuter leurs groupes. le lundi 16 février 2015, un attroupement de plus d'une vingtaine de jeunes se fait aux abords de l'établissement. j'apprendrai par la suite qu'il était constitué de trois groupes mobilisé par trois de nos élèves. ils étaient venus pour en découdre avec le groupe agresseur de nos élèves.
Vers midi deux jeunes qui faisaient office d'éclaireur du groupe agresseur arrivent devant l'établissement. ils étaient suivi de près par un sous groupe de trois éléments.
les éclaireurs sont immédiatement maitrisés par les trois groupes mobilisés par nos élèves. ils sont maltraités et mis à genoux. le sous groupe agresseur qui les suivait de près prirent la fuite et se réfugia dans une cour voisine ou ils avaient un complice.
les deux éclaireurs arrêtés et maltraités ont été sommés de conduire les trois groupes de nos élèves auprès de leur chef de groupe pour régler le problème et mettre fin à l'agression de nos établissements.
le même soir un "grand frère" d'un de nos élèves se rendit également dans le quatier général du groupe agresseur pour chercher à mettre fin à ce début de spirale de violence.
Depuis le lundi 16 janvier 2015, nous n'avons été agressés, je suppose donc que les actions entreprises par les groupes proches de nos élèves ont dissuadés le groupe agresseur et que par conséquent nous serons plus tranquille.
Rôle de la police.
lorsque le directeur de l'établissement a constaté l'important attroupement devant son établissement et qu'il a compris qu'il y avait un risque sérieux d'affrontement devant son établissement, il a immédiatement appelé la police au 1010. Malgré son insistance, la police n'est pas venue.
Il envoya son conseiller principal au commissariat de police de Ouaga 2000, la bas aussi aucune réaction. On lui conseilla de nous adresser ailleurs.
Il appela les CRS au 17 qui promettent de venir. mais on les attendit en vain.
j'ai moi même appelé la CRS au 17, après plusieurs minutes d'attentes, On me fit qu'ils ne peuvent pas intervenir et on me conseilla de m'adresser au commissariat de Ouaga 2000. j'ai essayé de leur faire savoir que c'est la bas que nous nous sommes adressés en premier lieu, et que c'est sur le conseil du commissariat que je les appelle. mais rien n'y fit, l'agent continua d'insister pour que j'appelle le commissariat. j'ai fini par raccrocher.
j'ai néanmoins rappelé le commissariat et ai demandé un rendez vous avec le commissaire pour le lendemain matin à 8h. l'intervention n'était plus nécessaire car les jeunes s'étaient dispersés heureusement sans trop de casses. Nous avions eu peut être la chance. s'il y avait eu affrontement, il aurait été violent, avec des conséquences désastreuses.
Le mardi 16 février 2015, j'au eu l'entretien avec le commissaire, il a décidé de poster tout autour de l'établissement des policiers en civil pour lui permettre d'identifier les agresseurs et éventuellement prendre les mesures conséquentes.
De toutes ces tractations avec la police, je tire la conclusion que la police n'est pas totalement opérationnelle ou ne veut pas intervenir dans les écoles pour mettre de l'ordre. En cas de coup dur, il ne faut pas compter sur elle. C'est grave et inquiétant, car si la police discrimine ces interventions, c'est la mafia et les gangs et les bandes organisées qui vont imposer leurs lois dans la cité et adieu la tranquillité des honnêtes citoyens.
la loi et l'organisation des gangs dans les écoles.
Un premier constat, certains de nos élèves appartiennent à des groupes structurés dans leurs quartiers. Ils n'hésitent pas à utiliser la violence pour défendre leurs intérêts ou leurs camarades. Ils sont consommateurs de d'alcool et même de drogues. Ceux qui sont venus devant notre établissement manifestement étaient sous l'emprise de la drogue. Les propos du genre " on va te brûler" et les actes posés allant dans ce sens peuvent indiqués qu'ils étaient effectivement drogués.
Ils sont armés de couteaux, de machettes, etc.
Ils semblent être bien structurés et disposent d'endroits où ils se réunissent facilement et qu'ils appellent "quartier général". Ils ont des protecteurs beaucoup plus âgés. Le délégué général nous a dit qu'il a fait appel à un " grand frère" qui a pu conclure "un accord de paix" entre les groupes adverses.
La responsabilité de la police et des parents dans la structuration de ces groupes.
Si nos élèves ont fait appel à leurs groupes respectifs pour venir les défendre, c'est parce qu'ils n'ont pas confiance en la capacité de la police de rétablir l'ordre.
Ils sont conscient que l'appel aux groupes pour régler des différends peut être grave, mais prétendent qu'ils n'avaient pas le choix et qu'ils ne pouvaient plus supporter ces agressions.
C'est vrai la faible réactivité de la police devant les cas d'attaques ou d'agressions et le faible quadrillage des quartiers peut conduire des citoyens à s'organiser pour se défendre. Le risque est que ces groupes s'érigent en justicier ou se transforment en gangs criminels.
La multiplication de ces groupes ou gangs est la preuve de la faiblesse de l'Etat protecteur. Alors on doit avoir peur de l'avenir. Un conflit local ayant pour origine des différences religieuses ou ethnique va déboucher sur des massacres.
Alors faisons attention et que les autorités prennent leurs responsabilités.