3- La mère d’une élève arrache sa fille des mains
du professeur pédophile
Kameda, professeur, jouissait d'une réputation sans faille de garçon charmeur, il attirait les jeunes filles et, avait comme penchant préféré, des rapports sexuels fréquents avec les jeunes filles de son collège. Il semble que peu de filles-élèves, pouvaient lui échapper lorsqu’il jetait son dévolu sur elles. Il n’était pas particulièrement charmant au point que toutes ses filles lui tombassent dans les bras, je crois plutôt que son statut de professeur lui facilitait la tâche. C’était aussi une vedette musicale, et avait dans son répertoire, quelques chansons populaires.
Comme tout établissement d’enseignement, nous avions au programme l’organisation d’activités culturelles. Elles se résument en gros à l’organisation au cours de l’année d’une soirée culturelle, dans une des salles de fêtes de la ville. Au programme de la soirée: du théâtre, des chansons interprétées ou originales, des ballets, etc.
La soirée culturelle était généralement organisée en fin de 2ème trimestre. Le 3ème trimestre étant très studieux, est réservé à la préparation aux examens scolaires. Il s’agissait de ne pas déconcentrer les élèves des classes d’examens dans leurs préparatifs.
L’organisation de la semaine culturelle était un gros challenge pour le bureau des élèves. Elle exigeait de la part des leaders une grande capacité managériale et une forte concentration. Les cours n’étant pas suspendus pendant les préparatifs, les organisateurs se devaient donc d’avoir de fortes capacités de travail, pour allier activités culturelles et concentrations sur les études. Tous les élèves étaient conscients du sacrifice qu’il fallait consentir. Si bien que les délégués généraux qui la réussissaient, restaient populaires auprès de leurs camarades même après leur départ de l’établissement.
La semaine culturelle n’était pas seulement une affaire du bureau des élèves mais de tout l’établissement; administration et enseignants s’y investissaient.
A l’époque, il y avait des échanges culturels entre établissements de villes proches. Les villes de Radhac et de Gadiap s’inscrivaient dans ce registre. Une année sur deux, la troupe culturelle de l’établissement d’une des villes se déplaçait dans l’autre ville partenaire pour une représentation théâtrale. En cette année, c’était au tour de Gadiap de se déplacer à Radhac. Tout l’établissement: professeurs, administrations, et élèves s’activaient à l’organisation d’un tel déplacement.
Au programme dans la ville partenaire: des matchs de football ou de handball, des ballets, du théâtre, des chansons de vedettes en herbe, etc…
Le déplacement et la représentation avaient en général lieu en fin du mois d’avril, pour laisser suffisamment de temps aux élèves pour préparer leurs examens de fin d’année.
En comme déjà dit; tous les professeurs s’activaient aux côtés du bureau des élèves dans cette organisation.
Notre collègue professeur de français était le plus impliqué dans l’organisation puisque c’était lui le metteur en scène de la pièce de théâtre.
C’était donc lui le plus fréquent à la maison-des-jeunes où avaient lieu les répétitions.
Il n’y avait pas d'horaire précis pour les répétitions. On commençait tôt et on finissait tard. Il fallait beaucoup de temps pour que les jeunes élèves assimilassent les gestes et paroles fixés.
Que s’était-il passé lors de ces répétitions ? Quelques bruits commençaient à circuler sur le comportement du professeur entraîneur et metteur scène. Il semblait qu’il entretenait des relations sexuelles avec quelques filles inscrites au ballet ou au théâtre.
L’administration avait certainement entendu ces rumeurs mais n’y avait pas prêté attention. Par conséquent on pouvait dire que tout se passait bien !
Une mère furieuse et déterminée
Mais, ce jeudi, après les entraînements, la mère de Leslie a attendu en vain, après l'heure convenue, l’arrivée de sa fille à la maison. Depuis quelques temps elle était anxieuse. Les rumeurs couraient depuis un certain temps, sur les relations sexuelles qu’entretenait le professeur avec sa fille. Une douleur poignante lui traversait le cœur lorsqu’elle y songeait. Elle prit la résolution d’y mettre fin quel qu’en soit le prix. Elle demanda et obtint des informations sur le lieu où le professeur amenait sa fille après les répétitions. Comme pour se donner du courage, elle répétait en marchant et en pleurant “il faut que cela s’arrête”. Les autres femmes de la cour la consolaient et l’encourageaient.
N'ayant pas vu arriver sa fille à l'heure habituelle normale, elle se leva, noua bien son pagne autour de ses reins et prit la direction du centre-ville. Sa résolution était prise, elle se doit de mettre fin à cette imposture.
En marchant, elle priait pour que les informations qu’on lui avait données sur les relations de sa fille avec le professeur soit fausse. Elle fit une halte au domicile du professeur et demanda à le voir. On lui dit que le professeur n’était pas encore rentré.
Elle se dirigea droit vers le domicile de Zan, un ami du professeur. Dans la cour de ce dernier, un groupe d’amis, fonctionnaires, jouait aux cartes. Elle s’arrêta pour les saluer et se dirigea directement vers la chambre à coucher de Zan.
Que s’était-il passé ? Avait elle pu entrer? Qu’avait-t-elle vu ? Elle n’a jamais voulu en parler. Personne n’a narré cette partie de l’histoire.
Ce qu’on sait; c’est que la mère est sortie du bâtiment tenant fermement la main de sa fille. Sans un mot, elle dépassa le groupe de beloteurs et se dirigea vers son domicile.
Le lendemain matin, le père de notre élève s’est présenté très tôt devant la direction de l’établissement. Et il a été reçu par le directeur pendant un certain temps.
Plus tard, le directeur nous a fait un résumé succinct de leur entretien. Le père de la fille, fonctionnaire retraité des cadres supérieurs, décorés de plusieurs médailles, est venu, nous dit-il, lui rappeler les devoirs d’un fonctionnaire et particulièrement d’un enseignant dans leurs rapports avec les enfants que la république leur a confiés. De manière claire le parent lui aurait expliqué qu’un enseignant de son établissement a manqué à ses devoirs, et a eu un comportement condamnable vis-à-vis de sa fille.
Il a la possibilité, aurait-il dit, de déposer une plainte, auprès des autorités compétentes, pour « abus sur personne mineure à lui confiée »
Mais ajouta t-il, il ne le fera pas, par humanisme, pour ne pas briser la carrière d’un fonctionnaire. Il espère surtout dit-il que des leçons seront tirées par l’enseignant et sa hiérarchie pour que pareille situation ne se reproduise plus.
Je ne sais pas si le directeur a eu un entretien officiel avec le professeur. A-t-il fait un rapport aux autorités supérieures ? Je n’en sus rien, mais probablement l’affaire a été étouffée. C’est un peu la règle. Personne ne veut assumer ses responsabilités pour redresser une situation pourrie.
C’est ce jour d’ailleurs que la troupe artistique du collège devait quitter Gadiap pour Radhac. Le professeur incriminé devant être le chef de convoi. Le directeur prenant enfin sa responsabilité déchargea le professeur de français de la mission de Professeur accompagnant.
Et ce fut sur moi, que le Directeur a reporté cette responsabilité.
Avec beaucoup d'émotions, le Directeur me demanda d'assumer la responsabilité de conduire la troupe culturelle du collège de Gadiap à Radhac. Je n’avais pas, bien sûr, prévu un tel scénario, mais je ne pouvais pas refuser. Il fallait que j’assume.
C’était une mission de confiance qui allait m’amener à relever plusieurs défis.
Et je devais réussir, de conduire une vingtaine d’élèves dans une ville lointaine, les amener à réussir l’activité culturelle qu'ils préparaient depuis plusieurs mois, et enfin les ramener à la maison. J’étais conscient, que je ne m’y connaissais pas, en matière d’activités culturelles et dans l’encadrement de jeunes élèves hors de leur localité , mais je me disais : “allons !!! Ça ira” !!!
Je suis reparti, sur le champ, à la maison pour me préparer et emporter avec moi le strict nécessaire pour un voyage de quelques jours.
Et quelques minutes, je fus prêt, et nous prîmes la route. Le trajet s’est déroulé sans incident. Et, nous sommes arrivés à Radhac, peu après la tombée de la nuit.
L’administration du collège hôte nous attendait. Elle avait bien préparé notre arrivée. Les élèves furent conduits dans leur lieu d’hébergement.
Le Directeur avait préparé, en son domicile, une chambre pour le professeur accompagnant.
Le lendemain matin, très tôt, nous nous sommes retrouvés sur le lieu de la prestation. C'était dans l’enceinte de la mission catholique, ou un espace fermé avec un podium non couvert, aménagé pour les projections cinématographiques, et les prestations théâtrales. Il pouvait contenir au moins trois cent personnes.
Nous nous sommes immédiatement mis au travail pour aménager les lieux. Nous avions apporté avec nous quelques banderoles multicolores, que nous avons déployées autour de la scène.
Il n ' y avait pas de sonorisation. Les acteurs devaient élever la voix pour se faire entendre.
Il y eu du monde ! La population de Radhac est massivement sortie pour assister à notre spectacle. C’était vrai que les manifestations culturelles étaient rares, et donc forcément toute prestation attirait des foules.
C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai pris la parole pour remercier les Radhclais, ayant à leur tête, des autorités administratives, d’être venus très nombreux à cette soirée. C’était dû certainement à la réputation de notre collège qui depuis plusieurs années leur offraient des spectacles de bons niveaux. La salle comble était la manifestation concrète de cette popularité.
Je leur promets que cette fois-ci encore, nous essayerons d’être à la hauteur et nous ne les décevrons pas. Voilà! L'introduction est faite! le spectacle pouvait commencer.
Plusieurs de nos séquences ou scènes ont reçu de longs applaudissements et ponctués des cris de joie.
Malgré l’absence du professeur instructeur, nos élèves se sont donnés à fond, tant en théâtre qu’en ballets. Selon le dire des spectateurs-observateurs, notre prestation fut un succès. Nos élèves ont en quelque sorte respecté la tradition que leurs aînés avaient imposée c’est-à-dire se faire longuement applaudir par les Radhaclais.
Ce fut une joie immense pour nos acteurs-élèves, La joie des spectateurs les avait irradiés.
Bien que profondément joyeux, il me restait une dose de sérénité: je me demandais, si notre succès n’était pas garanti dans tous les cas. Radhac était une ville relativement isolée. Comme toutes les villes de l’intérieur du pays, l’accès était difficile compte tenu du mauvais état des routes. Les promoteurs de spectacles ne se bousculaient pas pour y venir et dérouler leur répertoire.
La distraction majeure des fonctionnaires et des lettrés étaient les jeux de cartes et principalement de la belotte.
La prestation d’une troupe théâtrale était donc, une aubaine induisant un changement dans leur activité quotidienne. On peut dire que presque tous les fonctionnaires se retrouvaient forcément au lieu d’une prestation quelle qu’elle soit. Très souvent même, on refoulait du monde, à l’entrée du spectacle par manque de places.
On a mis du temps ce jour-là dans les dortoirs, avant de trouver le sommeil. Chacun des acteurs ou encadreurs avait une scène extraordinaire à raconter.
Mais en fin de compte, le sommeil finit par prendre le dessus.
Le retour à Gadiap
Le retour était prévu pour le lendemain matin. Le réveil fut difficile pour les acteurs et encadreurs. Mais je me devais d’être alerte et organiser convenablement le retour à Gadiap.
Il nous fallait impérativement quitter tôt, pour ne pas faire une partie trajet dans la nuit. C’était trop risqué, car une partie des zones traversées étaient peu habitées et il y avait quelques risques se retrouver en face d’animaux sauvages dont même des lions. Je crois que tout le monde en était conscient, car je les voyais véritablement s’activer.
On finit par démarrer aux environs de 10 heures.
Le trajet s’est passé sans encombre. Pas une seule panne n’a été enregistrée. Pas un seul lion ou autre animal sauvage n’a été aperçu sur la voie.
Nous sommes arrivés à Gadiap aux environs de 17 heures. 7 heures pour environ 200 km sur une route dégradée c’est presque un exploit pour le chauffeur, le vieux Djadama.
Un comité d’accueil nous attendait. Des cris de joie lancés par un groupe important d’élèves se firent entendre à notre descente du véhicule. Ce fut des embrassades à ne pas finir.
Je fis un pré-rapport succinct au Directeur qui en retour me félicita chaleureusement. J’étais bien fier d’avoir réussi la mission malgré la forte tension qui m’avait assailli au départ.
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