dimanche 17 janvier 2016

Attaque terroriste de AQMI à OUAGADOUGOU.

Le vendredi 15 janvier jour sombre pour le Burkina Faso. L'organisation AQMI lance une une attaque armée contre  notre pays en tirant à bout portant des rafales d'armes automatiques  sur des clients d'un hôtel et d'un café situé sur l'avenue Kwame . Bilan, au moins 28 morts dont 2 français  6 canadiens 2 suisses et des Burkinabe. C'est un bilan lourd et horrible. Les Burkinabé entrent dans dans la confrontation directe avec les islamistes. 
Quelques enseignements à tirer.
0- c'est la première fois qu'une attaque d'une telle envergure se déroule sur le sol Burkinabé. Blaise Compaoré pas ses accointances avec les groupes touareg de la région avait détourné les terroristes du Burkina. Mais après le départ le pacte entre Blaise et ces groupes est devenu caduc. Dès lors le Burkina pouvait à tout moment être attaqué. C'est donc dire qu'on s'y attendait plus ou moins. Mais ce qu'on ne perçoit pas très bien ce sont les dispositifs que les  nouvelles autorités, conscients des risques, ont pris pour déjouer les probables attentats. Si des dispositifs ont été mis en place, à l'évidence ils se sont avérés inefficaces.
1- Les forces de sécurité du Burkina n'ont pu neutraliser au bout de plusieurs heures  les assaillants qu'avec l'aide des forces spéciales françaises et américaines stationnées dans notre pays. Manifestement nos forces d'intervention n'avaient pas tous les équipements nécessaires pour faire face à cette situation. Je pense notamment à des équipements d'écoute et de localisation des hors la loi retranchés dans un immeuble avec des otages.
2- Les terroristes ont pu pénétrer, se déplacer sur le territoire national  sans être l'objet d'une surveillance étroite. Or Les éléments terroristes  capables de commettre des tels actes ne doivent pas être légions. Il doit être alors possible d'identifier et de localiser ce genre d'individus qui pénètrent sur le sol national.
A supposer que ces tueurs soient déjà  sur le sol national, nos services de surveillance du territoire devraient  être capables de les identifier et au besoin  les neutraliser avant qu'ils ne commettent leur forfait. Il faut forcément augmenter notre capacité de pénétrer ces milieux.
4- la surveillance du territoire coûte forcement cher. Le Burkina doit coûte que coûte  se donner les moyens pour l'assurer et garantir ainsi la sécurité des citoyens.
5- Un seul pays à lui seul ne peut pas parvenir à neutraliser ces terroristes. Il faut une coopération internationale et une vraie à la place d'une coopération ou on reçoit sans rien donner.
6- il semble que les forces de sécurité ont mis au moins une heure avant d'arriver sur les lieux. C'est trop. Il y a lieu qu'elles revoit leur système d'alerte et de projection sur les lieux de trouble.
7- Tous les lieux fréquentés par des étrangers résidents ou en mission doivent faire l'objet d'une surveillance étroite et permanente. C'est pourquoi on ne comprend pas bien pourvoi l'avenue Kwame, les hôtels et les restaurants soient restés sans surveillance et que aucun point de stationnement des forces de sécurité ne soit établi dans les parages immédiats.
8- A moins de prouver le contraire il me semble que ces terroristes n'ont pas un ancrage national important. Il faut absolument travailler à ce que leurs appels ne trouvent un écho auprès de nationaux. Je pense qu'il faut à tout prix ne pas assimiler leur message aux valeurs de l'islam. Les politiques doivent travailler à souder les communautés musulmanes à l'ensemble de la communauté nationale. Les propos stigmatisant les musulmans doivent être bannis dans le langage des leaders de la société.

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