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mercredi 17 février 2021

Faut il négocier avec les terroristes ,???

Le premier ministre du Burkina Faso, à l'occasion de sa déclaration de politique générale DPG  faite devant la représentation nationale et répondant à une question d'un député n'exclut pas de négocier avec les terroristes. 
Il se justifie en remarquant que tout conflit finit forcément sur une table de négociation. Et d'ajouter que même les grandes puissances négocient.
S'il faut négocier, il y a des questions préalables à régler:
1- Avec qui négocier? Qui peuvent être  les interlocuteurs crédibles et représentatifs?
2- Sur quoi vont porter les négociations? Les protagonistes d'en face ont ils des revendications spécifiques? 
Je vais dans les lignes qui suivent donner mon point de vue sur ces deux questions. 
1- Avec qui négocier?
a- quels sont les  groupes qui attaquent le Burkina 
■ Les groupes extrémistes religieux affiliés organisations terroristes internationales.
Les occidentaux ont identifié des organisations islamistes extrémistes qui  mènent des guerres à travers le monde. Elles ont pour nom, Daesh, Groupe islamique armé (GIA), Jama'a al-Islamiyya, Djihad islamique, Al-Qaïda, Ansar-dine, etc. 
Quelques uns de ses groupes ont crée des sections en Afrique de l'Ouest, dont principalement:  
- le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-qaida et dirigé par Iyad Ag Ghali. 
- l'Etat Islamique 
- Etc....
Les attaques de Janvier 2015 qui ont fait plus d'une trentaine de morts ont été revendiqué par Al-qaida et l'attaque de l'Etat Major général des armées a été revendiqué par le GSIM. 

Quelles sont les raisons de ces attaques?

Al-Qaïda  qui a attaqué le 15 janvier 2015, et le GSIM disent qu'ils nous attaquent à cause de nos liens avec les puissances occidentales et particulièrement la France. C'est donc une sorte de punitions qu'ils nous infligent en espérant nous pousser à rompre nos relations avec l'occident et donc profiter pour s'implanter sur nos territoires.
Certains groupes qui attaquent les écoles intiment l'ordre aux enseignants de cesser de donner les cours en Français au profit de l'arabe. Cela sous entend qu'il ne veulent pas voir installé des religions autres que l'Islam. Ils souhaitent donc une islamisation des régions ou ils mènent leurs attaques. 
■les groupes armés locaux 
Ces groupes n'ont pas forcément un lien organique avec les organisations terroristes internationales même s'il n'est pas exclu qu'ils sont influencés par eux. 
Je les classe en deux sous catégories 
- les bandits de grands chemins 
- les révoltés ou les laisser pour compte de la société.

Bien avant les attaques islamistes, de grands bandits écumaient déjà ces régions et se signalaient par des attaques à main armées pour dépouiller les villageois ou des voyageurs de leurs biens. 
Bien de routes au Burkina n'étaient pas sûres. Le gouvernement a du mener plusieurs fois des ratissages pour les éliminer et assurer la sécurité des populations. 
Après les attaques islamistes sur Ouagadougou et au Nord, les attaques contre les populations civiles ont continué. Mais les motifs ont changé. On parle maintenant d'attaques islamistes. 
Pour moi, ce sont nos bandits de grands chemins, qui ont changé d'appellation et de revendications. 
On peut imaginer que ces groupes de bandits soient encadrés par les groupes islamistes. 

une fois identifié les groupes terroristes, il faut identifier ceux qui ont des motivations ou des revendications qui peuvent être mises sur une table de négociations. 

A mon avis, les groupes antenne de  l'international islamiste, ne sont pas des groupes avec qui négocier. les attaques qu'il mènent sont planifiés à un niveau international. 
Pour mois, il n'y a pas de possibilité de parvenir à un accord avec les groupes liés à Al-Qaida, Daesh, et autres. 

il reste les groupes issus de la transformation des grands bandits 

Leurs membres sont quelques fois, des marginaux de la société.
- ils sont resté hors du systèmes scolaires
- ils n'ont aucun avenir dans leur communauté de base
- ils ont quelques fois des affinités avec des cadres 
- Etc...

Sur quoi vont porter les négociations?

Au préalable, il faut s'assurer de l'adhésion des cadres qui ont des liens avec ces grands bandits. ces cadres serviront d'intermédiaires avec eux 
Puisqu'ils n'ont pas a priori des revendications territoriales ou religieuse, tout est possible alors avec eux
la première des offres est de leur donner les moyens de s'insérer convenablement dans la société. 
La deuxième des choses est de scolariser tous leurs enfants aux frais de l'Etat. 
L'Ecole crée les conditions de mixité et d'insertions 



dimanche 17 janvier 2016

Attaque terroriste de AQMI à OUAGADOUGOU.

Le vendredi 15 janvier jour sombre pour le Burkina Faso. L'organisation AQMI lance une une attaque armée contre  notre pays en tirant à bout portant des rafales d'armes automatiques  sur des clients d'un hôtel et d'un café situé sur l'avenue Kwame . Bilan, au moins 28 morts dont 2 français  6 canadiens 2 suisses et des Burkinabe. C'est un bilan lourd et horrible. Les Burkinabé entrent dans dans la confrontation directe avec les islamistes. 
Quelques enseignements à tirer.
0- c'est la première fois qu'une attaque d'une telle envergure se déroule sur le sol Burkinabé. Blaise Compaoré pas ses accointances avec les groupes touareg de la région avait détourné les terroristes du Burkina. Mais après le départ le pacte entre Blaise et ces groupes est devenu caduc. Dès lors le Burkina pouvait à tout moment être attaqué. C'est donc dire qu'on s'y attendait plus ou moins. Mais ce qu'on ne perçoit pas très bien ce sont les dispositifs que les  nouvelles autorités, conscients des risques, ont pris pour déjouer les probables attentats. Si des dispositifs ont été mis en place, à l'évidence ils se sont avérés inefficaces.
1- Les forces de sécurité du Burkina n'ont pu neutraliser au bout de plusieurs heures  les assaillants qu'avec l'aide des forces spéciales françaises et américaines stationnées dans notre pays. Manifestement nos forces d'intervention n'avaient pas tous les équipements nécessaires pour faire face à cette situation. Je pense notamment à des équipements d'écoute et de localisation des hors la loi retranchés dans un immeuble avec des otages.
2- Les terroristes ont pu pénétrer, se déplacer sur le territoire national  sans être l'objet d'une surveillance étroite. Or Les éléments terroristes  capables de commettre des tels actes ne doivent pas être légions. Il doit être alors possible d'identifier et de localiser ce genre d'individus qui pénètrent sur le sol national.
A supposer que ces tueurs soient déjà  sur le sol national, nos services de surveillance du territoire devraient  être capables de les identifier et au besoin  les neutraliser avant qu'ils ne commettent leur forfait. Il faut forcément augmenter notre capacité de pénétrer ces milieux.
4- la surveillance du territoire coûte forcement cher. Le Burkina doit coûte que coûte  se donner les moyens pour l'assurer et garantir ainsi la sécurité des citoyens.
5- Un seul pays à lui seul ne peut pas parvenir à neutraliser ces terroristes. Il faut une coopération internationale et une vraie à la place d'une coopération ou on reçoit sans rien donner.
6- il semble que les forces de sécurité ont mis au moins une heure avant d'arriver sur les lieux. C'est trop. Il y a lieu qu'elles revoit leur système d'alerte et de projection sur les lieux de trouble.
7- Tous les lieux fréquentés par des étrangers résidents ou en mission doivent faire l'objet d'une surveillance étroite et permanente. C'est pourquoi on ne comprend pas bien pourvoi l'avenue Kwame, les hôtels et les restaurants soient restés sans surveillance et que aucun point de stationnement des forces de sécurité ne soit établi dans les parages immédiats.
8- A moins de prouver le contraire il me semble que ces terroristes n'ont pas un ancrage national important. Il faut absolument travailler à ce que leurs appels ne trouvent un écho auprès de nationaux. Je pense qu'il faut à tout prix ne pas assimiler leur message aux valeurs de l'islam. Les politiques doivent travailler à souder les communautés musulmanes à l'ensemble de la communauté nationale. Les propos stigmatisant les musulmans doivent être bannis dans le langage des leaders de la société.