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mercredi 4 juin 2025

Le Burkina Faso en 1975


 

En 1975, au moment où je m’apprêtais à intégrer l’université, la Haute Volta était dirigée par une junte militaire ayant à sa tête le général Aboubacar Sangoulé LAMIZANA. Ce pouvoir militaire est issu d’un coup d’Etat perpétré le 8 février 1974 contre le gouvernement démocratiquement élu de la 2ème république en place depuis 1971. La constitution de la 2ème république a été suspendue, le gouvernement et le parlement ont été  dissous. L’armée met en place un gouvernement dénommé gouvernement de renouveau national GRN dominé par les chefs militaires. Mais cette position du tout militaire étant intenable, le  pouvoir militaire  va chercher à mettre un vernis de démocratie sur  sa gestion, et  mettra pour cela un organe à vocation consultative ; le Conseil Consultatif pour le Renouveau National (CCRN) rassemblant les représentants des forces vives de la nation.

Une partie de l’opinion publique va dénoncer cet organe en le taxant de caisse de résonance du pouvoir militaire.

Mais lorsqu’en mai 1975, le pouvoir militaire va tenter de créer un parti politique unique,  alors comme un seul homme, toutes les couches sociales, ayant à leur tête les syndicats des travailleurs et le mouvement étudiant vont s’y opposer. La grève de protestations des 17 et 18 décembre 1975, qui est lancée par ces organisations fut un succès total. Ouagadougou a été une ville morte, je suis bien placé pour le dire, car pendant ces deux jours, les jeunes étudiants que nous étions, avions eu de la peine à trouver à manger.

Le pouvoir militaire fut obligé de reculer. Le MNR fut un mort-né.

En 1978, une nouvelle constitution est votée. Nous entrions dans l’ère de la troisième république. Des élections présidentielles et législatives sont organisées. L’UDV-RDA  remporta les élections législatives et Sangoulé LAMIZANA, déclaré candidat du RDA remporta l’élection présidentielle après avoir été mis en ballotage par Macaire Ouédraogo candidat de l’UNDD.

La 3ème république ne fera pas long, il sera

En dehors de ces courts périodes de vie démocratique dans notre pays, les partis politiques n’avaient pas  d’existence légale. Toutes les juntes militaires dès leur prise de pouvoir décrétaient la dissolution des partis et organisations politiques. Ils n’avaient pas le droit de s’exprimer et de donner leurs opinions sur quelques aspects de la vie nationale. La liberté d’expression et de manifestations étaient bâillonnées. Toutes attitudes contraires pouvaient être sanctionnées. Mais leur courant de pensée continuait à exister et même à se manifester sous une autre forme.

Pendant les périodes d’Etat de droit, la liberté de s’exprimer et de s’organiser n’était pas entière. Il y eut même des moments où la loi avait  limités le nombre de partis politiques à trois. Tous les autres partis étaient dissous et interdits de manifestations.

Quel que soit le régime en place, les partis ou groupes communistes, qui prônent le renversement de l’ordre établi ne pouvaient pas se manifester ouvertement. Sinon ils seraient réprimés. Ils étaient tous de rester dans la clandestinité

Des partis ou organisations politiques, qui se proclamaient révolutionnaires ou communistes, même pendant les courts moments de démocratie, restaient dans la clandestinité.

Seuls les syndicats des travailleurs et les organisations avaient la possibilité de manifester en deçà d’une certaine limite sous peine d’être réprimé.

Bien des partis ou organisations politiques vont chercher à contrôler les organisations syndicales et les utiliser comme moyens d’expression de leurs oppositions au pouvoir en place. Les luttes de ces  groupes pour controler  les syndicats et mouvements d’étudiants étaient très âpres.

Au-delà de ces luttes sous terraines, le mouvement syndical des travailleurs et le mouvement étudiant ont toujours été aux avant-pointes dans les luttes pour la défense et la sauvegarde des libertés dans notre pays. Les luttes qu’ils menaient dépassaient très souvent le cadre des revendications purement corporatistes. Le mouvement étudiant en particulier, conscient de son rôle de conscientisation analysait sans faille la situation nationale et défendait de manière intransigeante la liberté et réclamait toujours plus démocratie.

Les meetings des syndicats drainaient un monde fou à la bourse du travail. Les leaders syndicats comme Soumane TOURE et Boniface KABORE, grands orateurs savaient trouvaient les formules justes pour fustiger le régime en place. Ils ont tous subis les foudres des régimes anti démocratiques en place

Sur le plan social et démographique, la Haute-Volta était peu peuplée, nous étions approximativement six millions d’habitants en 1975 .

La population scolaire était aussi très faible. En 1960, à l’orée de notre indépendance formelle, après plus de 60 ans de domination coloniale,  il n’y avait seulement que 51 candidats au baccalauréat pour une population approximative de 3 millions d’habitants. La colonisation n’a manifestement fait aucun effort pour former des cadres dans notre pays. L’objectif recherché était de nous maintenir dans l’obscurantisme et continuer tranquillement à exploiter nos richesses. Quinze après, cette indépendance, au moment où je passais mon baccalauréat, il n’y avait que 900 élèves inscrits dans les classes de terminales et 1500 candidats au baccalauréat. C’était un très faible effectif après quinze d’indépendance. C’était La question qu’on peut se poser est de savoir,  si nos dirigeants n’avaient pas des entraves qui les empêchaient de mener une politique forte de scolarisation. Les organisations progressistes affirmaient que nos dirigeants étaient toujours sous la coupe de l’impérialisme international qui les empêchait de  mener une véritable politique de croissance et de bienêtre qui passe forcément par une formation des cadres. 

L’enseignement supérieur était dans un état embryonnaire. Ce n’est qu’en 1974, que la Haute Volta va se doter de sa première université par mutation du centre d’enseignement supérieur CESUP. De ce fait la grande majorité des bacheliers étaient envoyés dans les universités de la sous-région et d’Europe. Tout élève bachelier âgé de 22 ans au plus, obtenait une bourse nationale qui lui donnait droit à la prise en charge de ses frais d’inscription et d’une allocation financière. Ceux qui avaient plus de de 22 ans pouvaient prétendre à une bourse d’études dans les pays communistes d’Europe de l’Est. Le pécule en 1975, était de 22 500 francs pour les étudiants de Ouagadougou, et lorsque je quittais en 1979, elle s’élevait à 35 000 francs CFA. Une grande majorité d’étudiants, militants des organisations d’étudiants, avaient une claire conscience des sacrifices consenties par le peuple voltaïque pour leur permettre de poursuivre des études. Ces étudiants percevaient leurs devoirs vis-à-vis de ces masses laborieuses. Ainsi beaucoup de nos étudiants de cette époque ont refusé des offres d’emploi dans les pays occidentaux où ils poursuivaient leurs études pour rentrer et servir le pays.

Sur le plan économique, la situation était loin d’être reluisante. L’activité commerciale, financière et industrielle était dominée par les grands groupes français et partiellement par l’Etat. Les parts de l’Etat, dans la plupart des sociétés, provenaient des   prêts consentis par la coopération internationale.

Au seuil de notre dépendance, et longtemps après, l’écho de la révolution bolchevique de 1917 en Russie résonnait toujours très fort dans les esprits. L’idéologie révolutionnaire communiste, dont le fondement était la libération de l’homme de toutes formes d’exploitations et le partage juste et équitable des richesses générés par les efforts des peuples  exerçaient un attrait très fort sur la jeunesse. En effet, la jeunesse, dans tous les pays du monde  est sensible, aux souffrances et à l’injustice, Les jeunes ont très soif de liberté et d’indépendance, de justice sociale. et par conséquent a envie de changer le monde pour le coller à leurs idéaux.

Les jeunes étudiants les plus dynamiques ou à qui on a pu expliquer les fondements de la révolution vont s’y engager avec enthousiaste et ardeur. Une  multitude d’organisations révolutionnaires ou communistes vont voir le jour et canaliser cette énergie dégagée par la jeunesse. 

Sur le plan international, beaucoup de pays à travers le monde, dont les pays africains Angola, Mozambique, Namibie, étaient toujours sous domination coloniale directe de pays occidentaux à régime capitaliste. Les patriotes organisés de ces pays avaient pris les armes menaient une lutte sans merci contre le colonisateur pour obtenir leur indépendance totale. Le peuple noir sud-africain était soumis à un apartheid fait d’humiliation et de privations de toutes sortes. Sous la conduite de leurs  leaders et de l’ANC, le peuple sud-africain portait des coups durs au régime raciste sud-africain qui  bénéficiaient du soutien des pays occidentaux capitalistes impérialistes

Ces peuples en lutte pour l’indépendance et à la liberté étaient soutenus par tous les patriotes africains progressistes, organisés principalement dans des partis d’obédience communiste et des organisations progressistes. Ces organisations en lutte bénéficiaient du soutien des pays communistes

Le monde était globalement divisé en deux camps antagoniques, le premier camp dominé par les Etats Unis, et le second camp dominé par les pays ayant choisi la voie du socialisme et du communisme. Ces deux camps se livraient à une guerre froide sans affrontement direct.

Les étudiants que nous étions, organisés au sein de l’AEVO et de l’UGEV soutenions fermement les luttes des peuples africains et de tous les peuples du monde sous dominations coloniales et impérialistes.

mercredi 17 février 2021

Faut il négocier avec les terroristes ,???

Le premier ministre du Burkina Faso, à l'occasion de sa déclaration de politique générale DPG  faite devant la représentation nationale et répondant à une question d'un député n'exclut pas de négocier avec les terroristes. 
Il se justifie en remarquant que tout conflit finit forcément sur une table de négociation. Et d'ajouter que même les grandes puissances négocient.
S'il faut négocier, il y a des questions préalables à régler:
1- Avec qui négocier? Qui peuvent être  les interlocuteurs crédibles et représentatifs?
2- Sur quoi vont porter les négociations? Les protagonistes d'en face ont ils des revendications spécifiques? 
Je vais dans les lignes qui suivent donner mon point de vue sur ces deux questions. 
1- Avec qui négocier?
a- quels sont les  groupes qui attaquent le Burkina 
■ Les groupes extrémistes religieux affiliés organisations terroristes internationales.
Les occidentaux ont identifié des organisations islamistes extrémistes qui  mènent des guerres à travers le monde. Elles ont pour nom, Daesh, Groupe islamique armé (GIA), Jama'a al-Islamiyya, Djihad islamique, Al-Qaïda, Ansar-dine, etc. 
Quelques uns de ses groupes ont crée des sections en Afrique de l'Ouest, dont principalement:  
- le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-qaida et dirigé par Iyad Ag Ghali. 
- l'Etat Islamique 
- Etc....
Les attaques de Janvier 2015 qui ont fait plus d'une trentaine de morts ont été revendiqué par Al-qaida et l'attaque de l'Etat Major général des armées a été revendiqué par le GSIM. 

Quelles sont les raisons de ces attaques?

Al-Qaïda  qui a attaqué le 15 janvier 2015, et le GSIM disent qu'ils nous attaquent à cause de nos liens avec les puissances occidentales et particulièrement la France. C'est donc une sorte de punitions qu'ils nous infligent en espérant nous pousser à rompre nos relations avec l'occident et donc profiter pour s'implanter sur nos territoires.
Certains groupes qui attaquent les écoles intiment l'ordre aux enseignants de cesser de donner les cours en Français au profit de l'arabe. Cela sous entend qu'il ne veulent pas voir installé des religions autres que l'Islam. Ils souhaitent donc une islamisation des régions ou ils mènent leurs attaques. 
■les groupes armés locaux 
Ces groupes n'ont pas forcément un lien organique avec les organisations terroristes internationales même s'il n'est pas exclu qu'ils sont influencés par eux. 
Je les classe en deux sous catégories 
- les bandits de grands chemins 
- les révoltés ou les laisser pour compte de la société.

Bien avant les attaques islamistes, de grands bandits écumaient déjà ces régions et se signalaient par des attaques à main armées pour dépouiller les villageois ou des voyageurs de leurs biens. 
Bien de routes au Burkina n'étaient pas sûres. Le gouvernement a du mener plusieurs fois des ratissages pour les éliminer et assurer la sécurité des populations. 
Après les attaques islamistes sur Ouagadougou et au Nord, les attaques contre les populations civiles ont continué. Mais les motifs ont changé. On parle maintenant d'attaques islamistes. 
Pour moi, ce sont nos bandits de grands chemins, qui ont changé d'appellation et de revendications. 
On peut imaginer que ces groupes de bandits soient encadrés par les groupes islamistes. 

une fois identifié les groupes terroristes, il faut identifier ceux qui ont des motivations ou des revendications qui peuvent être mises sur une table de négociations. 

A mon avis, les groupes antenne de  l'international islamiste, ne sont pas des groupes avec qui négocier. les attaques qu'il mènent sont planifiés à un niveau international. 
Pour mois, il n'y a pas de possibilité de parvenir à un accord avec les groupes liés à Al-Qaida, Daesh, et autres. 

il reste les groupes issus de la transformation des grands bandits 

Leurs membres sont quelques fois, des marginaux de la société.
- ils sont resté hors du systèmes scolaires
- ils n'ont aucun avenir dans leur communauté de base
- ils ont quelques fois des affinités avec des cadres 
- Etc...

Sur quoi vont porter les négociations?

Au préalable, il faut s'assurer de l'adhésion des cadres qui ont des liens avec ces grands bandits. ces cadres serviront d'intermédiaires avec eux 
Puisqu'ils n'ont pas a priori des revendications territoriales ou religieuse, tout est possible alors avec eux
la première des offres est de leur donner les moyens de s'insérer convenablement dans la société. 
La deuxième des choses est de scolariser tous leurs enfants aux frais de l'Etat. 
L'Ecole crée les conditions de mixité et d'insertions 



dimanche 26 janvier 2020

Jean Baptiste Ouedraogo et Thomas Sankara.

L'ancien président de la Haute Volta, le médecin commandant, Jean Baptiste Ouedraogo vient de publier un livre " ma part de vérité" 
Lors de la cérémonie de dédicace, il déclare qu'en écrivant ce livre, il veut briser la dictature du mensonge  de clichés favorables à Sankara et la remplacer  par la réalité que lui il connait de Sankara. Il poursuit que contrairement à ce que le jeunes croient;  Sankara n'était pas un saint. En clair, il a l'ambition de détruire l'icône qu'est devenu Sankara pour des millions de jeunes africains et Burkinabé. 
Mais Jean Baptiste ne le sait peut-être pas, Il n'apprend rien aux jeunes en montrant dans son livre que Sankara n'était pas un saint et mieux les jeunes savent que Sankara  a posé des actes contestables ou même répréhensibles aux yeux d'une certaine morale ou de la loi. C'est connu, La révolution pose forcément des actes illégaux pour l'ancien monde qu'elle cherche à détruire. 
Ce que les jeunes vont certainement retenir de ses propos,  est qu'il a la racune tenace, après toutes les punitions que Sankara lui a infligées. 
En outre, Les jeunes retiendront que lui Jean Baptiste ne peut pas dire la vérité absolue ayant été lui-même un protagoniste des actions politiques de Sankara. Et que par conséquent, il a été certainement réprimé pour avoir posé des actes  ou avoir eu des attitudes anti révolutionnaires.
Sankara n'était pas un saint on le sait, mais ce que les jeunes retiennent est que:  contrairement à lui jean Baptiste, Sankara a cherché à poser les vrais fondements d'un développement véritable de notre pays, centré sur les intérêts de la grande masse des burkinabé.
Sankara tout au long de sa vie a cherché a être intègre, à vivre comme la grande masse des burkinabè.
Pour avoir refusé la compromission, Il a été lâchement assassiné et enterré comme un chien.
C'est pour tout cela qu'il est devenu un icône pour tous. 
President Jean Baptiste, de grâce ne checher pas à détruire cet icône. 
Tous les pays du monde, ont érigé les meilleurs d'entre les citoyens en icône.
Les jeunes ont besoin d'icônes qui leur servent de repères et de modèle de vie. Ils ne  seront que meilleur en cherchant à vivre comme leur modèle.
En exemple d'icônes: 
De Gaulle, pour la France 
Mao tse toung,  pour la chine 
Churchill, pour les anglais 
Abraham lincold,  pour les états-unis 
Etc. . . 

Et nous, et nous! ....
au Burkina, c'est Sankara. Laissez le donc tranquille. 
Sinon ne soyez pas étonné qu'on s'en prenne à vous et qu'on dévoile certaines vérités que vous ne souhaitez pas être divulguées. Nul n'est parfait en ce bas monde. 

Dites votre part de vérité à vos petits enfants dans le secret familial. 
Merci

dimanche 10 septembre 2017

Classement 2017 des universités et instituts privés et du Burkina

Le ministère des enseignements supérieurs du Burkina vient de publier un classement des universités et instituts privés du Burkina en fonction de leur qualité. C'est dans la presse que nous avons pris connaissance des résultats de l'évaluation qui a été faite de nos prestations et de notre classement. Nous avons été surpris et interloqué  par cette publication et par ce classement pour les raisons suivantes. 1- Nous n’avons pas jamais été informé qu’un processus d’évaluation était en cours. Nous avons bien reçu une équipe du ministère au mois de février 2017, dans le cadre d’un contrôle de routine nous a-t-elle dit. 2- Nous sommes à notre première année de fonctionnement, L’exécution des programmes et l’organisation des examens n’étaient pas encore achevées à leur passage. La question que l’on peut se poser est de savoir sur quoi à porter l’évaluation, car si ces deux éléments fondamentaux n’ont pas été évalués, peut on alors qualifier notre enseignement « d’assez bonne qualité ». 3- les résultats de cette évaluation ne nous ont pas été communiqués. Nous ne savons donc pas quelles sont les insuffisances que l’équipe d’évaluation a constatés dans notre établissement. Comment donc pouvons nous améliorer notre offre de formation si on ne nous communique pas les constats. Au delà du sensationnel de la publication dans les journaux, nous croyons que les objectifs du ministère devraient être l’amélioration de la qualité de l'enseignement dans les établissements supérieurs privés. 4- Il ne nous a pas été communiqué non plus, les critères d'évaluation et de notation. Je pense qu’il est exceptionnel et même archaïque de noter une personne ou une institution sans lui avoir auparavant communiqué au minimum les règles et critères de notation. La bonne gouvernance exige même que la note soit communiquée à l’intéressé ou à l'institution en lui donnant la possibilité de la contester ou d’introduire une demande d’annulation. La proclamation officielle des résultats ne peut se faire que si tous les voies de recours sont épuisées. A titre d’exemple lors d’un contrôle d’un service de l’Etat, par les inspecteurs, les résultats du contrôle sont portés à la connaissance des intéressés. Les résultats ne sont publiés ou transmis à l’autorité supérieure que lorsque le mis en cause a épuisé tous les voies de recours. L’équipe d’évaluation est composée d'hommes, il est clair qu'ils peuvent se tromper. Un recours donc permet de rectifier. Cela dit, je trouve normal, que le gouvernement évalue régulièrement les établissements et institutions d'enseignement privé et même public et informe objectivement les étudiants et les parents d'étudiants sur la qualité de l'enseignement dispensé afin de les guider dans leur choix de demande d’inscription. Ce que je remets en cause ce sont les procédures adoptées dans le cadre de cette évaluation. J’estime que la publication du résultat de ces évaluations et appréciations doit suivre une procédure acceptée par les acteurs. Il est impératif que Les critères d'évaluation et les notations fassent l’objet d’échanges entre ces établissements ou leurs représentants avec le ministère afin de recueillir leurs avis et suggestions. Il est prouvé qu’on obtient moins de contestation et on obtient plus facilement de bons résultats lorsque les acteurs ont parfaitement bien compris les objectifs et finalités d’une action. A défaut de respecter cette règle de transparence, on ne peut pas empêcher toute personne de mettre en doute la crédibilité des résultats de l'évaluation. Déjà certains pointent du doigt des établissements connus pour leur mauvaise qualité et qui paradoxalement se trouvent au premiers rangs.  Les enjeux sont forts importants, des sommes importantes ont été engagées pour offrir des infrastructures convenables aux étudiants. Un nombre important de salariés vivent de cela et enfin les établissements privés sont aujourd’hui une opportunité forte pour le Burkina. Il ne faut pas se voiler la face, les résultats de ces évaluations peuvent ne pas être objectifs et peuvent avoir été biaisés par des personnes ayant des motivations inavouables. Les expériences que nous avons, montrent que les acteurs du système ne sont pas animés par les mêmes motivations. Il est donc du devoir des autorités de prendre toutes les précautions pour garantir la transparence et la sincérité de ces évaluations pour éviter que des influences malsaines n’entachent ces résultats. A défaut de cette transparence et cette rigueur, le ministère peut contribuer à la mise à mort des établissements d’enseignement de bonne qualité par la publication d'évaluation corrompues, en dissuadant les étudiants de s’y inscrire. D'autres remarques peuvent encore être faites Je pense qu'il faut dénoncer cette évaluation qui n'est pas juste et sincère. Le Bureau de l'UNEEPL doit s'y investir car c'est notre rôle fondamental de protéger les établissements privés

dimanche 17 janvier 2016

Attaque terroriste de AQMI à OUAGADOUGOU.

Le vendredi 15 janvier jour sombre pour le Burkina Faso. L'organisation AQMI lance une une attaque armée contre  notre pays en tirant à bout portant des rafales d'armes automatiques  sur des clients d'un hôtel et d'un café situé sur l'avenue Kwame . Bilan, au moins 28 morts dont 2 français  6 canadiens 2 suisses et des Burkinabe. C'est un bilan lourd et horrible. Les Burkinabé entrent dans dans la confrontation directe avec les islamistes. 
Quelques enseignements à tirer.
0- c'est la première fois qu'une attaque d'une telle envergure se déroule sur le sol Burkinabé. Blaise Compaoré pas ses accointances avec les groupes touareg de la région avait détourné les terroristes du Burkina. Mais après le départ le pacte entre Blaise et ces groupes est devenu caduc. Dès lors le Burkina pouvait à tout moment être attaqué. C'est donc dire qu'on s'y attendait plus ou moins. Mais ce qu'on ne perçoit pas très bien ce sont les dispositifs que les  nouvelles autorités, conscients des risques, ont pris pour déjouer les probables attentats. Si des dispositifs ont été mis en place, à l'évidence ils se sont avérés inefficaces.
1- Les forces de sécurité du Burkina n'ont pu neutraliser au bout de plusieurs heures  les assaillants qu'avec l'aide des forces spéciales françaises et américaines stationnées dans notre pays. Manifestement nos forces d'intervention n'avaient pas tous les équipements nécessaires pour faire face à cette situation. Je pense notamment à des équipements d'écoute et de localisation des hors la loi retranchés dans un immeuble avec des otages.
2- Les terroristes ont pu pénétrer, se déplacer sur le territoire national  sans être l'objet d'une surveillance étroite. Or Les éléments terroristes  capables de commettre des tels actes ne doivent pas être légions. Il doit être alors possible d'identifier et de localiser ce genre d'individus qui pénètrent sur le sol national.
A supposer que ces tueurs soient déjà  sur le sol national, nos services de surveillance du territoire devraient  être capables de les identifier et au besoin  les neutraliser avant qu'ils ne commettent leur forfait. Il faut forcément augmenter notre capacité de pénétrer ces milieux.
4- la surveillance du territoire coûte forcement cher. Le Burkina doit coûte que coûte  se donner les moyens pour l'assurer et garantir ainsi la sécurité des citoyens.
5- Un seul pays à lui seul ne peut pas parvenir à neutraliser ces terroristes. Il faut une coopération internationale et une vraie à la place d'une coopération ou on reçoit sans rien donner.
6- il semble que les forces de sécurité ont mis au moins une heure avant d'arriver sur les lieux. C'est trop. Il y a lieu qu'elles revoit leur système d'alerte et de projection sur les lieux de trouble.
7- Tous les lieux fréquentés par des étrangers résidents ou en mission doivent faire l'objet d'une surveillance étroite et permanente. C'est pourquoi on ne comprend pas bien pourvoi l'avenue Kwame, les hôtels et les restaurants soient restés sans surveillance et que aucun point de stationnement des forces de sécurité ne soit établi dans les parages immédiats.
8- A moins de prouver le contraire il me semble que ces terroristes n'ont pas un ancrage national important. Il faut absolument travailler à ce que leurs appels ne trouvent un écho auprès de nationaux. Je pense qu'il faut à tout prix ne pas assimiler leur message aux valeurs de l'islam. Les politiques doivent travailler à souder les communautés musulmanes à l'ensemble de la communauté nationale. Les propos stigmatisant les musulmans doivent être bannis dans le langage des leaders de la société.