dimanche 17 mai 2026

La longue migration des TOGUYENI à travers l'Afrique


La longue migration des TOGUYENI à travers l’Afrique et le monde 

Beaucoup d’entre nous, sont convaincus que nous sommes venus de plus loin que Diapangou. 
Ils ont raison : des preuves corroborant leur vusion existent.
Des TOGUYENI ont fait le test ADN qui leur ont permis d’identifier leurs gènes. (Les tests génétiques permettent de déterminer les liens familiaux qui existent entre des personnes données).
Des individus qui ont de gros pourcentage de gênes identiques sont forcément parents.  
Ainsi un test génétique réalisé par un d'entre a montré que nous les TOGUYENI avons de gros pourcentage de liens génétiques en commun avec les Nigerians et les kenyans. 
Tableau de la répartition génétique d’un TOGUYENI. 
Pourcentages de ses gènes par zones ou ces gênes sont prédominants : 
Nigeria : 63,7%
Kenya : 11,0%
Afrique de l’ouest : 24,324
Péninsule Ibérique : 1%
Sur la base scientifique de ce test, on dira que nous les TOGUYENI avons du sang commun avec les Nigerians, et les Kenyans dans une forte proportions et donc nous sommes parentés à aux Nigerians et aux Kenyan. C’est extraordinaire compte tenu de la grande ldistance sépare ces pays du Burkina Faso de ces pays. Oui, les TOGUYENI du Burkina Faso. viennent donc de très loin. Pour arriver à Diapangou, il a leur certainement fallu quitter le Kenyan, parcourir des milliers de km pour arriver sur leur site actuel. Combien de temps cela leur a pris, des centaines sinon des milliers. Il ont du faire halte, pendant des années, dans des endroits inhospitalière, notamment autour du lac Tchad avant d'atteindre le Nigeria. Combien de temps y ont ils séjourné? On ne le sait pas mais suffisamment de temps pour se marier avec des nigeriannes et et modifier leur composition génétique par l'insertion de gênes nigerians dans leur sang. 
Poussés par une volonte tenace de chercher des zones plus hospitalières, ils ont quitté le Nigeria, traversé les montagnes de l Atakora et se retrouver sur un autre territoire l'actuel Burkina Faso. Ils ont séjourné pendant un temps relativement court dans la région de IRINI dans le Gobnangou et ensuite dans la région de Matiacoali. 
La legende a Matiacoali dit que c'est nous qui avons creusé un puits que jusqu'à présent on appelle puits des TOGUYENI. 
Les chefs de Irini ont une legende sur les TOGYENI qui ont séjourné pendant un certain dans leur region. Mais quand? personne ne peut le determiner 
Après un séjour dans ces régions Les TOGUYENI ont continué leur periple pour atteindre la region de Diapangou. Mais quand sont ils arrivés? On ne le sait pas, on sait qu'ils sont parmi les premiers habitants à sy installer, peut être avant l’installation du chef Yemdabri à Fada N'Gourma. . Idani Salif dans sa thèse de Doctorat estime que nous sommes probablement les premiers habitants a nous installer dans la région de Diapangou et autres contrées relevant de Fada Ngourma.
Il faut le dire cette longue migration ne s’est pas faite en un temps mais s'est étalé sur des années sinon des siecles. 
Une énigme a résoudre, c'est la présence de gênes Ibérique dans notre sang. 
Le virus migratoire qui a fait que les TOGUYENI ont quitté la région du Kenya pour s’installer dans la région de Fada est toujours dans nos gênes. En témoigne l’installation des TOGUYENI dans divers partie du monde 
Allons seulement !!! 

lundi 4 mai 2026

Le difficile recrutement des élèves en complément d’effectifs

 Le difficile recrutement des élèves en complément d’effectifs dans un collège public



J’ai été nommé directeur du collège par intérim en remplacement du directeur en poste qui venait d’être appelé à de hautes fonctions dans la capitale. Ce dernier avant de partir m’avait informé qu’il allait me proposer à ce poste si je n’y voyais pas d’inconvénients. Devant mon hésitation manifeste, il m’a encouragé à accepter car dit il c’est une étape normale et souhaitable dans la carrière de tout fonctionnaire. J’ai donc accepté et il a transmis sa proposition à la hiérarchie à Ouagadougou qui l’a approuvée. 


Après une simple passation de service, le directeur a quitté Mogodia  pour rejoindre son poste de directeur de cabinet à Ouagadougou.


Il me revenait de continuer la mise en œuvre du programme scolaire de l’année. 

En particulier, je me devais d’organiser la fin de l’année scolaire en tenant les conseils de classes de fin d’année et en préparant la rentrée scolaire prochaine. 

L’une des tâches importantes d’un directeur était le recrutement de nouveaux élèves en complément d’effectifs dans toutes les classes et particulièrement en classe de 6ème 


Le recrutement en classe de 6ème 

Il y a quelques années, au Burkina Faso, accéder en classe de 6ème, pour un élève était extrêmement ardu, car  il n'y avait pas suffisamment de collèges et de lycées tant public que privé sur l’étendue du territoire national. La voie principale d’accès en cette classe était la réussite au concours d’entrée en 6ème. En général dans une classe de CM2 avec une moyenne de 60 élèves, seule une poignée d’élèves qui n’excédait pas une dizaine d’élèves étaient admis au concours d’entrée en 6ème. Le grande majorité des élèves repartait dans les champs pour cultiver ou et ceux qui habitaient des villes,  apprenaient un métier pour s’installer plus tard à leur compte.  

Certains des échoués dont les parents sont fonctionnaires, commerçants aisés ou notabilités de la ville arrivaient à obtenir des inscriptions dites parallèles dans les collèges ou lycées publics. 


Quelques établissements privés commençaient à ouvrir leurs portes dans les grandes bourgades. Mogodia  n’avait en ce moment aucun collège privé. Donc, sans inscription dans le seul collège de la ville, l’élève non admis en 6ème , dans la grande majorité des cas, repartait s’adonner aux travaux champêtres ou se mettaient en apprentissage dans l’un métiers en vogue, principalement : maçon, mécanicien, peintre, etc .


Prioritairement les places en 6ème sont réservées aux élèves admis au concours d’entrée en 6ème et affectés dans notre établissement par la commission nationale d’affectation. 

En général le CEG de Mogodia ne recevait pas beaucoup d’élèves en classe de 6ème, tout au plus une quinzaine d’élèves du fait du faible taux de scolarisation dans cette région de l’extrême Est du Burkina Faso. En effet, dans toute la région, il n'y avait au maximum que 5 classes de CM2.  Le taux de succès moyen  au concours d’entrée en 6ème ne dépassait guère 4 élèves par classe, soit un maximum de 20 admis pour toute la région. 


Il était admis que le directeur du CEG organise un recrutement d’élèves en 6ème  en complément d’effectifs. A ma connaissance il n’y avait pas de directive précise organisant ce type de recrutement. Chaque directeur l’organisait  donc en fonction des règles qui lui sont propres. 

Je me devais donc moi aussi de fixer mes règles de recrutement d’élèves : 


Par note de service,  j’ai fixé les priorités de recrutement en classe de 6ème  aux élèves:

- de parents cultivateurs, car à mon avis, leur non-inscription signifiait pour ces élèves le retour à la terre et donc un coup d’arrêt à leur insertion possible  dans le système administratif 

- ayant déjà redoublé la classe de CM2. S'ils ne sont pas inscrits en 6ème , c’est la fin des études pour plusieurs d’entre eux.  

- aux élèves ayant  13 ou 14 ans, dont le risque de non poursuite de la scolarité est élevé.

J’ai donné les précisions suivantes : 

- Les fonctionnaires ne sont pas prioritaires par rapport aux cultivateurs de la région

- Dans les classes autres que la 6ème, les inscriptions sont possibles dans la limite des places disponibles et en fonction de la moyenne de redoublement ou de passage. 

C’est un classement des élèves candidats qui déterminera la possibilité  d’inscriptions si les conditions sont remplies. 

Comme justifications, j’ai expliqué à ceux qui le voulaient que les élèves de CM2  âgés de 10 et 12 ans pouvaient sans trop de dommages redoubler la classe de CM2. 

Ceux qui avaient 15 ans  ou plus me semblaient trop âgés pour entamer des études générales de longues durées 

Pour les classes autres que la 6ème, je ne recruterais qu’en fonction des places disponibles et en tenant compte du niveau de l’élève demandeur. Pas question de donner la place à un élève peu doué au détriment d’un élève qui avait des potentiels de réussite.

J'étais sûr que la mise en œuvre de telles mesures me créerait des inimitiés avec certaines notabilités, mais j’étais bien déterminé à appliquer mes règles 


Tentative claire de corruption d’un directeur

Un matin, ma secrétaire me fit savoir qu’un monsieur souhaitait un entretien avec moi. Je l’autorise à le faire entrer. Il  se présenta comme un agent du service d’élevage en poste à Canthari, qui par ailleurs est son village d’origine. Il me tint les propos suivants : 

-  Mon fils était précédemment scolarisé dans une autre ville, et je souhaite qu’il fréquente à la rentrée prochaine le CEG de Mogodia en classe de 5ème. Vraiment je demande votre compréhension en acceptant son inscription. 

- Monsieur, lui répondis-je,  je ne peux rien vous certifier à l’instant. J’ai demandé à mon secrétariat de recevoir toutes les demandes de places. Une commission sera mise en place et examinera les dossiers. Vous savez monsieur, nous recevons  beaucoup de demandes, si je tranche tout seul, je cours beaucoup de risques de me tromper. C’est pourquoi je mettrai en place une commission de recrutement pour éviter les injustices criardes. 


- Monsieur le directeur, je vous connais. Je vous le demande au nom de Dieu,  Si je n’ai pas cette place, l’enfant sera perdu. Je ne cherche pas à vous influencer, mais je vous promets un jeune taureau. 

- Monsieur, ce n’est pas nécessaire de me promettre quoi que ce soit. Je vous le dis, la commission travaillera en toute transparence. Si votre enfant le mérite, il aura sa place. 


Le monsieur se leva, me remercia et s’en alla, me laissant dans mes réflexions sur la faiblesse de notre système éducatif qui n’arrive pas à inscrire dans nos écoles tous les enfants en âge d’être scolarisés. 

Je suis aussi resté pensif sur la tendance de certaines personnes à chercher à corrompre des agents de l’Etat qui font leur travail, afin qu’ils règlent leurs problèmes personnels. 

En aucun cas, je ne rentrerai dans ce jeu ! Si c’est possible, l'enfant aura sa place. 

Je ne pouvais rien garantir car, la rentrée prochaine ne me trouvera pas à Mogodia. J’avais obtenu une mise en disponibilité pour convenance personnelle. Et je partirai avant la rentrée. Il revenait   au directeur qui allait me remplacer afin de finaliser les préparatifs de la rentrée scolaire dont en particulier ces questions de recrutement en complément d’effectifs. 


Je me devais de lui préparer les dossiers les plus importants dont les propositions d’affectation des professeurs dans les classes, les propositions de recrutement d’élèves en complément d’effectifs   car c’est au directeur rentrant de finaliser tous ces dossiers.


Un jour, alors que j’étais concentré sur la rédaction de mon rapport de fin d’année, la secrétaire me fit savoir qu’une personne que je ne connaissais pas, demandait à être reçu. Je la fis entrer. Il se présenta comme étant un ami de l’éleveur, qui m’avait demandé une place en 6ème. Il m’informa que ce dernier l’avait chargé de me remettre un taureau, présentement attaché devant sa concession. Il souhaita que je lui indique un lieu où il pouvait conduire l’animal. 

J’ai mis quelques secondes avant de parler, car j’étais un peu secoué par la nouvelle que je venais d’entendre. Je réfléchissais aussi à la manière dont je devais répondre à mon interlocuteur. Je ne voulais surtout pas le blesser en étant brutal. Il n'était qu’un commissionnaire. 

Je pris mon ton le plus posé pour lui expliquer qu’il n’était pas question pour moi d’accepter le présent en contrepartie d’une place en 6ème au CEG. Je continuai en lui faisant savoir que s’il y avait  de la place, je n’avais  pas le droit de prendre de l’argent pour inscrire un enfant. 

Je lui ai demandé de transmettre à son ami, mes remerciements, de lui ramener son animal et de lui dire que même sans bœuf, s’il y avait de la place j’inscrirai son enfant. 

Le commissionnaire est resté silencieux pendant quelques instants. Il se demandait sans doute s’il devait insister ou pas. Mais en fin de compte,  il se leva, me remercia et s’en alla.

Ouf !!! J’espérais que c’était la dernière tentative de corruption dont je serai l’objet. Et ce fut effectivement la dernière.


Un cas de conscience 


Le vieux Mankono, qui m’avait adopté et que je considérais comme un père, demanda à me parler. Après les salutations d’usage, il en vint aux motifs de sa visite. 

- « Toguyeni!, tu connais sans doute mon fils qui était au CM2. Il est admis au CEP, mais a échoué au concours d’entrée en 6ème . Il est encore jeune, et je pense qu’il peut très bien réussir la classe de 6ème . Je souhaite donc que tu l’inscrives dans cette classe ». 

Oh! (dis-je au fond de moi-même) Dans mes règles de recrutement je n’avais pas prévu les demandes des notabilités et des personnes qui me sont chères. Je suis resté silencieux quelques instants, en cherchant les mots adéquats que j’allais prononcer. Je finis par lui dire que j’allais faire une concertation avec mes collaborateurs et que je lui reviendrai. 

J’étais confronté à un cas de conscience 

Refuser à M. Mankono, l’inscription de son enfant au collège ferait de moi un ingrat, un « sans cœur », braqué sur des règles, que moi seul m’étais imposées. Ces règles ne faisaient référence à aucune instruction administrative. Je n’étais pas obligé de les concevoir et les appliquer 

Mais ma conscience de personne, consciencieuse et honnête voulait que je sois juste dans les décisions administratives que j’étais amenées à prendre. Pourquoi devrais-je brimer un élève sans soutien au profit d’un parent ou d’un ami ?

Non ! et  non ! la décision est prise, je ne privilégierai pas mes relations personnelles au détriment de ceux qui sont sans relations.  Ces petits enfants sans relations ne seront pas exclus du cycle scolaire à cause de mes intérêts personnels. 

Le vieux m’en voudra, mais je serai en règle avec ma conscience.  Je ne pouvais pas privilégier son enfant. 

Mais comment le lui dire ? Je n’avais pas le courage de le lui dire en face, car sa déception qui sera forcément visible, me fendra le cœur. Je ne le supporterai pas. 


Il me vint l’idée de faire appel au vieux Macouli, un aîné du vieux Mankono, enseignant lui aussi à la retraite. 


Je le connaissais depuis fort longtemps. Il m’a tenu quelques jours en classe de CM2 à Radhac. Tout le monde reconnaissait ses grandes qualités de maîtres pédagogues confirmés qui pendant des années a fait  de bons résultats aux examens de CEP et du concours d’entrée en 6ème. Il était aussi réputé pour sa grande rigueur dans le travail bien fait et chaque élève qu’il a tenu, relatait à l’occasion une correction mémorable que lui avait infligé M. Macouli et qu’il n’oublierait jamais jusqu’à la fin de sa vie. 

Et moi aussi j’avais ma petite histoire sur lui. Comme dit, j’étais élève en classe de CM2 à l’école primaire catholique de Radhac. Et cette année suite à un désaccord entre le gouvernement voltaïque et l’église catholique, les écoles relevant de l’épiscopat ont été fermées. 

Souleymane mon tuteur, m’a transféré alors à l’école publique dont la classe de CM2 était tenue par Macouli 


La 1ère leçon de mon premier jour de classe dans cette école, était une leçon de vocabulaire. Il s’agissait pour le maître  de s’assurer que les élèves avaient bien compris la signification de certains mots et savaient bien les prononcer. La leçon du jour portait entre autre sur le mot « spectateur »,  le maître passait dans les rangées et demandait à quelques-uns de répéter le mot après lui. Arrivé à mon niveau, il m'interrogea de répéter après lui le mot « spectateur ». Dès que j’eus répété le mot, il m’infligea une belle claque sur la joue et cria à mon intention « on ne dit pas spectateur » mais « spectateur ». « Répète » ! Je repris à haute voix « spectateur », “bien” cria-t-il et continua l’exercice avec  un autre élève. 

Franchement, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il m’avait giflé : j’étais convaincu que j’avais prononcé et épelé le mot tel qu’il le fallait, Bien plus tard, je me suis expliqué cette punition comme une méthode pédagogique qui consiste à mâter un élève, potentiel troubleur, avant qu’il ne prenne l’initiative de perturber la classe.  


J’ai retrouvé cette méthode chez un vieux professeur de mathématiques en classe de 3ème  au Lycée Philippe  Zinda quelques années plus tard. Bingo,  un de nos camarades en classe de 3ème  jouissait d'une réputation bien établie d’emmerdeur de professeur. Il était pratiquement impossible d’avoir la paix avec lui pendant un cours. Le seul professeur qui arrivait à mener un cours tranquille était Monsieur Cazaendre: un vieux professeur français ayant une belle barbe blanche. Comment s’y est-il pris pour « mâter» ce dur des durs? Hé bien ! Il a utilisé la méthode de la surprise  et de la violence froide.   Dès le premier jour de cours, il a profité d’une petite faute de Bingo pour entrer dans une colère noire, ponctuée par des paroles hurlées pratiquement à la face de Bingo.  Ce dernier a été décontenancé car il ne s’y attendait pas. Le résultat obtenu est remarquable. Bingo est resté correct et poli pendant ses cours jusqu’en fin d’année. Mais les autres professeurs n’ont pas obtenu de lui une aussi bonne attitude en classe. 


Pour tout dire, ce premier contact brutal avec M. Macouli, m’a amené à me tenir coi dans la classe. Je me sentais un peu  humilié et j’avais l’impression que les autres élèves me prenaient pour un cancre. J’étais bien décidé à montrer que ce n’étais pas le cas. 


Je ne suis pas resté très longtemps dans cette école, l’église catholique et le gouvernement ont trouvé un accord, et mon école a été réouverte.  j’y suis reparti. 

J’ai retrouvé Monsieur Macouli à plusieurs reprises, et je l’ai toujours considéré avec déférence. Et d’ailleurs, j’avais plusieurs rapports cordiaux avec ses enfants.


J’étais sûr que Monsieur Macouli  comprendra mes préoccupations et saura plaider mes procédures de recrutement, auprès des notabilités de la ville, et particulièrement auprès de Mangono,  mes règles de recrutement d’élèves en complément d’effectifs. 

Je me rendis chez lui. Il était en train de faire de petits travaux dans sa cour. Comme la plupart des retraités, il est resté très actif,  en continuant à mener plusieurs petits travaux. Grâce à cela d’ailleurs, il paraissait très en forme, malgré son âge très avancé. 

Il me fit asseoir et après les salutations d’usage et l’échange de nouvelles concernant nos relations communes. J’en viens aux raisons de ma visite. 

Je lui  ai expliqué les règles de recrutement pour complément d’effectifs que j’ai élaborées et que  je souhaitais mettre en œuvre. Je lui ai fait part de la demande formulée par le vieux Mangono mais dont le dossier ne remplissait pas les conditions mises en place. Et par conséquent, les difficultés que j’éprouvais pour accéder à sa demande.   Je lui fis savoir que je ne souhaitais pas décevoir ou  blesser le vieux Mangono.   Je venais le voir pour qu’il soit mon avocat auprès de ce dernier  et  de lui expliquer les règles mises en place.

Le vieux Macouli a immédiatement compris et a même approuvé  ma procédure. Il ajouta que les enfants en situation difficile ne devraient pas être les seuls à être exclus des écoles, lorsqu’un choix doit se faire. 

Il m’a promis d’en discuter avec le vieux Mangono et de le convaincre sur la pertinence de ma décision. 

Après avoir remercié très chaleureusement le vieux Macouli, je pris congé et répartis vraiment très heureux du soutien qu’il a apporté à ma décision 

Je me suis promis de revenir le voir pour avoir le compte rendu de sa mission.  


Les jours suivants ont été laborieux, il me fallait classer tous les documents et préparer le terrain pour mon successeur.

Il ne me restait que quelques jours encore à faire à Gadiap avant de quitter la ville pour d’autres cieux. 


J’ai quitté Gadiap sans avoir revu Macouli. Je ne suis pas arrivé à savoir s’il a pu convaincre Mangono de la pertinence de ma procédure. 

Comment le directeur entrant a-t-il réglé tous les dossiers que j’ai laissés sur sa table en partant. Je n’ai pas eu d’informations, n’ayant pas eu l’occasion de discuter avec lui. 

Mais pendant des années, le dossier du vieux Mangono a constitué pour moi, un cas de conscience. «  n’ai-je pas été trop dur dans le respect des règles et procédures »


Le difficile recrutement des élèves en complément d’effectifs

 4- Le difficile recrutement des élèves en complément d’effectifs



J’ai été nommé directeur du collège par intérim en remplacement du directeur en poste qui venait d’être appelé à de hautes fonctions dans la capitale. Ce dernier avant de partir m’avait informé qu’il allait me proposer à ce poste si je n’y voyais pas d’inconvénients. Devant mon hésitation manifeste, il m’a encouragé à accepter car dit il c’est une étape normale et souhaitable dans la carrière de tout fonctionnaire. J’ai donc accepté et il a transmis sa proposition à la hiérarchie à Ouagadougou qui l’a approuvée. 


Après une simple passation de service, le directeur a quitté Mogodia  pour rejoindre son poste de directeur de cabinet à Ouagadougou.


Il me revenait de continuer la mise en œuvre du programme scolaire de l’année. 

En particulier, je me devais d’organiser la fin de l’année scolaire en tenant les conseils de classes de fin d’année et en préparant la rentrée scolaire prochaine. 

L’une des tâches importantes d’un directeur était le recrutement de nouveaux élèves en complément d’effectifs dans toutes les classes et particulièrement en classe de 6ème 


Le recrutement en classe de 6ème 

Il y a quelques années, au Burkina Faso, accéder en classe de 6ème, pour un élève était extrêmement ardu, car  il n'y avait pas suffisamment de collèges et de lycées tant public que privé sur l’étendue du territoire national. La voie principale d’accès en cette classe était la réussite au concours d’entrée en 6ème. En général dans une classe de CM2 avec une moyenne de 60 élèves, seule une poignée d’élèves qui n’excédait pas une dizaine d’élèves étaient admis au concours d’entrée en 6ème. Le grande majorité des élèves repartait dans les champs pour cultiver ou et ceux qui habitaient des villes,  apprenaient un métier pour s’installer plus tard à leur compte.  

Certains des échoués dont les parents sont fonctionnaires, commerçants aisés ou notabilités de la ville arrivaient à obtenir des inscriptions dites parallèles dans les collèges ou lycées publics. 


Quelques établissements privés commençaient à ouvrir leurs portes dans les grandes bourgades. Mogodia  n’avait en ce moment aucun collège privé. Donc, sans inscription dans le seul collège de la ville, l’élève non admis en 6ème , dans la grande majorité des cas, repartait s’adonner aux travaux champêtres ou se mettaient en apprentissage dans l’un métiers en vogue, principalement : maçon, mécanicien, peintre, etc .


Prioritairement les places en 6ème sont réservées aux élèves admis au concours d’entrée en 6ème et affectés dans notre établissement par la commission nationale d’affectation. 

En général le CEG de Mogodia ne recevait pas beaucoup d’élèves en classe de 6ème, tout au plus une quinzaine d’élèves du fait du faible taux de scolarisation dans cette région de l’extrême Est du Burkina Faso. En effet, dans toute la région, il n'y avait au maximum que 5 classes de CM2.  Le taux de succès moyen  au concours d’entrée en 6ème ne dépassait guère 4 élèves par classe, soit un maximum de 20 admis pour toute la région. 


Il était admis que le directeur du CEG organise un recrutement d’élèves en 6ème  en complément d’effectifs. A ma connaissance il n’y avait pas de directive précise organisant ce type de recrutement. Chaque directeur l’organisait  donc en fonction des règles qui lui sont propres. 

Je me devais donc moi aussi de fixer mes règles de recrutement d’élèves : 


Par note de service,  j’ai fixé les priorités de recrutement en classe de 6ème  aux élèves:

- de parents cultivateurs, car à mon avis, leur non-inscription signifiait pour ces élèves le retour à la terre et donc un coup d’arrêt à leur insertion possible  dans le système administratif 

- ayant déjà redoublé la classe de CM2. S'ils ne sont pas inscrits en 6ème , c’est la fin des études pour plusieurs d’entre eux.  

- aux élèves ayant  13 ou 14 ans, dont le risque de non poursuite de la scolarité est élevé.

J’ai donné les précisions suivantes : 

- Les fonctionnaires ne sont pas prioritaires par rapport aux cultivateurs de la région

- Dans les classes autres que la 6ème, les inscriptions sont possibles dans la limite des places disponibles et en fonction de la moyenne de redoublement ou de passage. 

C’est un classement des élèves candidats qui déterminera la possibilité  d’inscriptions si les conditions sont remplies. 

Comme justifications, j’ai expliqué à ceux qui le voulaient que les élèves de CM2  âgés de 10 et 12 ans pouvaient sans trop de dommages redoubler la classe de CM2. 

Ceux qui avaient 15 ans  ou plus me semblaient trop âgés pour entamer des études générales de longues durées 

Pour les classes autres que la 6ème, je ne recruterais qu’en fonction des places disponibles et en tenant compte du niveau de l’élève demandeur. Pas question de donner la place à un élève peu doué au détriment d’un élève qui avait des potentiels de réussite.

J'étais sûr que la mise en œuvre de telles mesures me créerait des inimitiés avec certaines notabilités, mais j’étais bien déterminé à appliquer mes règles 


Tentative claire de corruption d’un directeur

Un matin, ma secrétaire me fit savoir qu’un monsieur souhaitait un entretien avec moi. Je l’autorise à le faire entrer. Il  se présenta comme un agent du service d’élevage en poste à Canthari, qui par ailleurs est son village d’origine. Il me tint les propos suivants : 

-  Mon fils était précédemment scolarisé dans une autre ville, et je souhaite qu’il fréquente à la rentrée prochaine le CEG de Mogodia en classe de 5ème. Vraiment je demande votre compréhension en acceptant son inscription. 

- Monsieur, lui répondis-je,  je ne peux rien vous certifier à l’instant. J’ai demandé à mon secrétariat de recevoir toutes les demandes de places. Une commission sera mise en place et examinera les dossiers. Vous savez monsieur, nous recevons  beaucoup de demandes, si je tranche tout seul, je cours beaucoup de risques de me tromper. C’est pourquoi je mettrai en place une commission de recrutement pour éviter les injustices criardes. 


- Monsieur le directeur, je vous connais. Je vous le demande au nom de Dieu,  Si je n’ai pas cette place, l’enfant sera perdu. Je ne cherche pas à vous influencer, mais je vous promets un jeune taureau. 

- Monsieur, ce n’est pas nécessaire de me promettre quoi que ce soit. Je vous le dis, la commission travaillera en toute transparence. Si votre enfant le mérite, il aura sa place. 


Le monsieur se leva, me remercia et s’en alla, me laissant dans mes réflexions sur la faiblesse de notre système éducatif qui n’arrive pas à inscrire dans nos écoles tous les enfants en âge d’être scolarisés. 

Je suis aussi resté pensif sur la tendance de certaines personnes à chercher à corrompre des agents de l’Etat qui font leur travail, afin qu’ils règlent leurs problèmes personnels. 

En aucun cas, je ne rentrerai dans ce jeu ! Si c’est possible, l'enfant aura sa place. 

Je ne pouvais rien garantir car, la rentrée prochaine ne me trouvera pas à Mogodia. J’avais obtenu une mise en disponibilité pour convenance personnelle. Et je partirai avant la rentrée. Il revenait   au directeur qui allait me remplacer afin de finaliser les préparatifs de la rentrée scolaire dont en particulier ces questions de recrutement en complément d’effectifs. 


Je me devais de lui préparer les dossiers les plus importants dont les propositions d’affectation des professeurs dans les classes, les propositions de recrutement d’élèves en complément d’effectifs   car c’est au directeur rentrant de finaliser tous ces dossiers.


Un jour, alors que j’étais concentré sur la rédaction de mon rapport de fin d’année, la secrétaire me fit savoir qu’une personne que je ne connaissais pas, demandait à être reçu. Je la fis entrer. Il se présenta comme étant un ami de l’éleveur, qui m’avait demandé une place en 6ème. Il m’informa que ce dernier l’avait chargé de me remettre un taureau, présentement attaché devant sa concession. Il souhaita que je lui indique un lieu où il pouvait conduire l’animal. 

J’ai mis quelques secondes avant de parler, car j’étais un peu secoué par la nouvelle que je venais d’entendre. Je réfléchissais aussi à la manière dont je devais répondre à mon interlocuteur. Je ne voulais surtout pas le blesser en étant brutal. Il n'était qu’un commissionnaire. 

Je pris mon ton le plus posé pour lui expliquer qu’il n’était pas question pour moi d’accepter le présent en contrepartie d’une place en 6ème au CEG. Je continuai en lui faisant savoir que s’il y avait  de la place, je n’avais  pas le droit de prendre de l’argent pour inscrire un enfant. 

Je lui ai demandé de transmettre à son ami, mes remerciements, de lui ramener son animal et de lui dire que même sans bœuf, s’il y avait de la place j’inscrirai son enfant. 

Le commissionnaire est resté silencieux pendant quelques instants. Il se demandait sans doute s’il devait insister ou pas. Mais en fin de compte,  il se leva, me remercia et s’en alla.

Ouf !!! J’espérais que c’était la dernière tentative de corruption dont je serai l’objet. Et ce fut effectivement la dernière.


Un cas de conscience 


Le vieux Mankono, qui m’avait adopté et que je considérais comme un père, demanda à me parler. Après les salutations d’usage, il en vint aux motifs de sa visite. 

- « Toguyeni!, tu connais sans doute mon fils qui était au CM2. Il est admis au CEP, mais a échoué au concours d’entrée en 6ème . Il est encore jeune, et je pense qu’il peut très bien réussir la classe de 6ème . Je souhaite donc que tu l’inscrives dans cette classe ». 

Oh! (dis-je au fond de moi-même) Dans mes règles de recrutement je n’avais pas prévu les demandes des notabilités et des personnes qui me sont chères. Je suis resté silencieux quelques instants, en cherchant les mots adéquats que j’allais prononcer. Je finis par lui dire que j’allais faire une concertation avec mes collaborateurs et que je lui reviendrai. 

J’étais confronté à un cas de conscience 

Refuser à M. Mankono, l’inscription de son enfant au collège ferait de moi un ingrat, un « sans cœur », braqué sur des règles, que moi seul m’étais imposées. Ces règles ne faisaient référence à aucune instruction administrative. Je n’étais pas obligé de les concevoir et les appliquer 

Mais ma conscience de personne, consciencieuse et honnête voulait que je sois juste dans les décisions administratives que j’étais amenées à prendre. Pourquoi devrais-je brimer un élève sans soutien au profit d’un parent ou d’un ami ?

Non ! et  non ! la décision est prise, je ne privilégierai pas mes relations personnelles au détriment de ceux qui sont sans relations.  Ces petits enfants sans relations ne seront pas exclus du cycle scolaire à cause de mes intérêts personnels. 

Le vieux m’en voudra, mais je serai en règle avec ma conscience.  Je ne pouvais pas privilégier son enfant. 

Mais comment le lui dire ? Je n’avais pas le courage de le lui dire en face, car sa déception qui sera forcément visible, me fendra le cœur. Je ne le supporterai pas. 


Il me vint l’idée de faire appel au vieux Macouli, un aîné du vieux Mankono, enseignant lui aussi à la retraite. 


Je le connaissais depuis fort longtemps. Il m’a tenu quelques jours en classe de CM2 à Radhac. Tout le monde reconnaissait ses grandes qualités de maîtres pédagogues confirmés qui pendant des années a fait  de bons résultats aux examens de CEP et du concours d’entrée en 6ème. Il était aussi réputé pour sa grande rigueur dans le travail bien fait et chaque élève qu’il a tenu, relatait à l’occasion une correction mémorable que lui avait infligé M. Macouli et qu’il n’oublierait jamais jusqu’à la fin de sa vie. 

Et moi aussi j’avais ma petite histoire sur lui. Comme dit, j’étais élève en classe de CM2 à l’école primaire catholique de Radhac. Et cette année suite à un désaccord entre le gouvernement voltaïque et l’église catholique, les écoles relevant de l’épiscopat ont été fermées. 

Souleymane mon tuteur, m’a transféré alors à l’école publique dont la classe de CM2 était tenue par Macouli 


La 1ère leçon de mon premier jour de classe dans cette école, était une leçon de vocabulaire. Il s’agissait pour le maître  de s’assurer que les élèves avaient bien compris la signification de certains mots et savaient bien les prononcer. La leçon du jour portait entre autre sur le mot « spectateur »,  le maître passait dans les rangées et demandait à quelques-uns de répéter le mot après lui. Arrivé à mon niveau, il m'interrogea de répéter après lui le mot « spectateur ». Dès que j’eus répété le mot, il m’infligea une belle claque sur la joue et cria à mon intention « on ne dit pas spectateur » mais « spectateur ». « Répète » ! Je repris à haute voix « spectateur », “bien” cria-t-il et continua l’exercice avec  un autre élève. 

Franchement, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il m’avait giflé : j’étais convaincu que j’avais prononcé et épelé le mot tel qu’il le fallait, Bien plus tard, je me suis expliqué cette punition comme une méthode pédagogique qui consiste à mâter un élève, potentiel troubleur, avant qu’il ne prenne l’initiative de perturber la classe.  


J’ai retrouvé cette méthode chez un vieux professeur de mathématiques en classe de 3ème  au Lycée Philippe  Zinda quelques années plus tard. Bingo,  un de nos camarades en classe de 3ème  jouissait d'une réputation bien établie d’emmerdeur de professeur. Il était pratiquement impossible d’avoir la paix avec lui pendant un cours. Le seul professeur qui arrivait à mener un cours tranquille était Monsieur Cazaendre: un vieux professeur français ayant une belle barbe blanche. Comment s’y est-il pris pour « mâter» ce dur des durs? Hé bien ! Il a utilisé la méthode de la surprise  et de la violence froide.   Dès le premier jour de cours, il a profité d’une petite faute de Bingo pour entrer dans une colère noire, ponctuée par des paroles hurlées pratiquement à la face de Bingo.  Ce dernier a été décontenancé car il ne s’y attendait pas. Le résultat obtenu est remarquable. Bingo est resté correct et poli pendant ses cours jusqu’en fin d’année. Mais les autres professeurs n’ont pas obtenu de lui une aussi bonne attitude en classe. 


Pour tout dire, ce premier contact brutal avec M. Macouli, m’a amené à me tenir coi dans la classe. Je me sentais un peu  humilié et j’avais l’impression que les autres élèves me prenaient pour un cancre. J’étais bien décidé à montrer que ce n’étais pas le cas. 


Je ne suis pas resté très longtemps dans cette école, l’église catholique et le gouvernement ont trouvé un accord, et mon école a été réouverte.  j’y suis reparti. 

J’ai retrouvé Monsieur Macouli à plusieurs reprises, et je l’ai toujours considéré avec déférence. Et d’ailleurs, j’avais plusieurs rapports cordiaux avec ses enfants.


J’étais sûr que Monsieur Macouli  comprendra mes préoccupations et saura plaider mes procédures de recrutement, auprès des notabilités de la ville, et particulièrement auprès de Mangono,  mes règles de recrutement d’élèves en complément d’effectifs. 

Je me rendis chez lui. Il était en train de faire de petits travaux dans sa cour. Comme la plupart des retraités, il est resté très actif,  en continuant à mener plusieurs petits travaux. Grâce à cela d’ailleurs, il paraissait très en forme, malgré son âge très avancé. 

Il me fit asseoir et après les salutations d’usage et l’échange de nouvelles concernant nos relations communes. J’en viens aux raisons de ma visite. 

Je lui  ai expliqué les règles de recrutement pour complément d’effectifs que j’ai élaborées et que  je souhaitais mettre en œuvre. Je lui ai fait part de la demande formulée par le vieux Mangono mais dont le dossier ne remplissait pas les conditions mises en place. Et par conséquent, les difficultés que j’éprouvais pour accéder à sa demande.   Je lui fis savoir que je ne souhaitais pas décevoir ou  blesser le vieux Mangono.   Je venais le voir pour qu’il soit mon avocat auprès de ce dernier  et  de lui expliquer les règles mises en place.

Le vieux Macouli a immédiatement compris et a même approuvé  ma procédure. Il ajouta que les enfants en situation difficile ne devraient pas être les seuls à être exclus des écoles, lorsqu’un choix doit se faire. 

Il m’a promis d’en discuter avec le vieux Mangono et de le convaincre sur la pertinence de ma décision. 

Après avoir remercié très chaleureusement le vieux Macouli, je pris congé et répartis vraiment très heureux du soutien qu’il a apporté à ma décision 

Je me suis promis de revenir le voir pour avoir le compte rendu de sa mission.  


Les jours suivants ont été laborieux, il me fallait classer tous les documents et préparer le terrain pour mon successeur.

Il ne me restait que quelques jours encore à faire à Gadiap avant de quitter la ville pour d’autres cieux. 


J’ai quitté Gadiap sans avoir revu Macouli. Je ne suis pas arrivé à savoir s’il a pu convaincre Mangono de la pertinence de ma procédure. 

Comment le directeur entrant a-t-il réglé tous les dossiers que j’ai laissés sur sa table en partant. Je n’ai pas eu d’informations, n’ayant pas eu l’occasion de discuter avec lui. 

Mais pendant des années, le dossier du vieux Mangono a constitué pour moi, un cas de conscience. «  n’ai-je pas été trop dur dans le respect des règles et procédures »
















































Université de OUAGADOUGOU

 1975

lundi 20 avril 2026

Ma scolarisation

 Mon père et notre éducation

 1- l’Ecole de la république 

Mon père comme je l’ai dit est né entre 1905 et 1912. A la naissance de ma grande sœur Fati, en 1952, il avait certainement plus de 40 ans, un âge relativement avancé.

Nous sommes donc des enfants de sa vieillesse.

Avec ma mère, mon père a eu sept enfants.

L’aînée de la famille est ma grande sœur fille Fati, née en 1952.

Je suis le 2ème enfant, et l’aîné des garçons né en 1955, Le 3 ème enfant, Idrissa est né en 1957, le 4 ème  enfant, Lassina est né en 1959, le 5 ème , Oumar est né en 1961, le 6 ème , Boubacar est né en 1964, le 7 ème  et dernier enfant, Amadou est né en 1966.

 

Son long contact avec les blancs, lui a fait comprendre toute l’importance de l’école dans la réussite sociale. Il a tout mis en œuvre pour que nous réussissions à l’école.

C’est ainsi que très tôt, il nous a mis à l’école. J’ai fait l’école maternelle dès

l’âge de 4 ans. C’est vrai que j’ai un peu contribué à accélérer cette inscription précoce à l’école. En effet, mon camarade de jeux d’enfance, Zida Ouidraogo, un peu plus âgé que a été inscrit à la rentrée scolaire 1959-1960, et chaque matin, lorsqu’il partait à l’école, je pleurais et voulais le suivre.

Mon père a alors décidé de m’inscrire aussi à l’école, il a réussi à convaincre les maîtresses de la maternelle de l’école de Bobo Centre de me prendre.

Absolument. Voici une version corrigée, structurée et enrichie de votre texte, en supprimant les répétitions et en rendant le récit plus fluide et attrayant.

🧒 Mes Premiers Jours d'École : L'Aventure de Bobo Centre-Garçons

Le début de mon parcours scolaire fut précoce et un peu inattendu. Nous étions en octobre 1958. Mon compagnon de jeu, plus âgé, venait d'être inscrit à l'école. En le voyant partir, me laissant seul à la maison, j'ai été pris d'un grand chagrin. Mon père, ému par mes pleurs, décida qu'il était temps de me trouver une place.

J'avais seulement quatre ans, un âge bien trop jeune pour être accepté en cycle primaire. L'option d'une inscription dans une structure préscolaire, cependant, restait possible. Je ne sais comment mon père s'y est pris, mais la direction de la maternelle de l'école Bobo Centre-Garçons accepta de m'accueillir dans l'une de ses sections.

🎒 Le Grand Départ : Jour J

Ce jour-là marquait ma première fois à l'école.

Ma mère prit un soin particulier à ma toilette, m'habillant d'un habit neuf. J'étais rempli d'excitation et pressé d'arriver.

Le signal du départ fut donné par mon père. Il enfourcha son vélo, se dirigeant vers le portail, suivi par ma mère, ma grande sœur Fati et mon petit frère Drissa, qui n'avait qu'à peine deux ans. C'est un petit cortège familial qui se formait. Ma mère me souleva et m'installa sur le porte-bagages du vélo. Mon père s'installa sur la selle et commença à pédaler. Me voici en route pour l'école !

Il paraît que, lorsque nous évoquions plus tard ces préparatifs, les témoins ne manquaient jamais de souligner mon sourire radieux sur le porte-bagages.

Mon père me conduisit jusqu'à la salle de classe. Après un bref échange avec la directrice, il repartit, me laissant avec l'institutrice de la maternelle.

🏃 L'Épisode de la Récréation

Peu de temps après le départ de mon père, la sonnerie retentit. J'ai vu tous les élèves sortir dans la cour et, naturellement, j'ai suivi le mouvement. Je croyais que c'était la fin des cours.

Mon père m'avait pourtant donné une instruction très précise : « Quand on sortira de la classe, tu dois t'asseoir à cet endroit et m'attendre. » Je me dirigeai donc vers l'endroit indiqué et m'assis.

Il y avait beaucoup d'élèves autour de moi, s'amusant dans la cour. Je pensais qu'ils jouaient avant de rentrer définitivement chez eux. J'ai attendu un moment. Mon père n'arrivait pas. J'étais un peu inquiet, mais sans m'alarmer outre mesure.

🏡 Le Retour Inattendu et La Panique du Père

J'ai fini par prendre une décision audacieuse : rentrer à la maison. Je me rappelle qu'à cet âge, trois ou quatre ans, il était difficile de retrouver son chemin. Pourtant, j'ai réussi à parcourir la distance, qui devait être de trois ou quatre kilomètres.

Quand ma mère m'a vu arriver, je lui ai simplement dit : « L'école est finie. » Elle m'a alors mis au lit pour la sieste.

Mon père arriva plus tard, visiblement empli d'inquiétude et un peu nerveux. Je sentais son trouble. Il m'a réprimandé gentiment, m'expliquant que je ne devais jamais reprendre la route tout seul et que je devais rester sous l'arbre à l'attendre.

Ce n'est que plus tard que j'ai compris la vérité : j'avais quitté l'école bien trop tôt. La sonnerie n'annonçait que la récréation, mais j'avais cru qu'il s'agissait de la fin de la journée scolaire et j'avais filé.

J'imagine la panique de mon père à son arrivée à l'école et en ne voyant pas assis à l'endroit qu' il m'avait indiqué. Certainement qu'il a dû s'adresser à la directrice et aux monitrices qui elles aussi devaient être paniquée en ne me voyant pas revenir en classe à la fin de la récréation.  

Ils ont dû re-fouiller la cour mais en vain. La panique commençait à s'installer.  

À cette époque, les histoires de rapt d'enfants et de leurs sacrifices rituels  étaient courantes. Il a dû se poser les pires questions.

Leurs responsabilités  allaient êtres évoquées si on ne me retrouvait pas.  Elles ont manqué de vigilance et n'ont pas fait attention aux mouvements du  tout nouveau venu que j'étais. J'étais sorti sans être vu. Des consignes précises ne m'avaient été données  sur mes déplacement en classes et dans la cour de l'école.  j'avais réussi à rentrer seul.

🎨 Une Année Scolaire Réussie

Ce premier jour fut riche en souvenirs et en émotions fortes !

Malgré cette entrée en matière rocambolesque, j'ai bien passé le reste de l'année. J'y ai appris à dessiner, chanter et réciter. Je me souviens particulièrement de l'intérêt et du dévouement avec lesquels les maîtres et maîtresses nous accompagnaient dans l'apprentissage et le nettoyage des unités de vie de l'école.

Cette première année fut un succès. J'ai d'ailleurs fait une seconde année en maternelle (moyenne section ou transition), portant mon passage en préscolaire à deux ans, avant de finalement faire mon entrée au CP (Cours Préparatoire).

Ce texte est désormais plus rythmé, et l'histoire du retour prématuré est mieux mise en évidence.