- L’oncle ODANO
Le Prénom qui lui a été donné à sa naissance est Talardia, prénom donné à un garçon né un mardi. Il doit être né vers 1934 ou 1935, car ma mère étant né vers 1932, je pense qu’il devrait y avoir entre eux une différence d’âge de deux à trois ans. Son village natal, Potiamanga est situé à une dizaine de km de Fada N’Gourma.Oncle ODANO TALARDIA Avant de mourir, le père de ma mère, Odano qui était chef de village a demandé à son fils ainé de prendre après sa mort, pour épouse une de ses femmes qui se trouve être la mère de ma mère. Il prédit que de cette union naitra un enfant qui sera un jour chef du village. C’est de cette union qu’est né mon oncle Talardia. Il est donc en même temps un petit frère et un neveu de ma mère. Ma mère et lui sont de même mère mais pas de même père. Le père de l’oncle Odano, qui se nommait Mano, est un frère ainé de ma mère.Cette situation à l’époque était fréquente. Il s’agissait pour la communauté de ne pas disperser la famille. Et puis en ces temps, ou un seul homme pouvait épouser plusieurs femmes, il ne pouvait être question de laisser partir dans un autre foyer la femme éplorée d’un de leurs frères. La veuve était automatiquement remariée à un jeune frère ou un fils du défunt. Mais il était strictement interdit aux frères ainés ou oncles de reprendre une épouse du défunt.Les relations de ma mère avec son frère.Ma mère était très liée à sa famille et particulièrement à son jeune frère, l’oncle Talardia. Bien qu’habitant à Bobo, ville située à plus de 500 km de son village natal Potiamanga, ma mère s’y rendait régulièrement pour leur rendre visite. Je crois qu’elle y allait presque tous les deux ans. Cette périodicité correspondait dans les premiers moments de son mariage avec la naissance d’un bébé. Elle allait présenter son bébé à sa famille, l’avant dernier était toujours du voyage. Elle emportait toujours avec elle, des colis volumineux de cadeaux qu’elle préparait pour sa famille. J’ai appris par la suite que tout le village ne parlait que de ces cadeaux et chacun recevait sa part.Trois filles de mon oncle ont vécu avec nous à Bobo. Dans l’ordre de leur arrivée dans notre famille Folpoa, Mariam et Djénèbou. Ma mère choyait beaucoup ses nièces. J’ai même eu l’impression qu’elle les aimait plus que nous qui étions ses propres. En effet lorsqu’ une querelle survenait entre une de ses nièces et un de mes frères, j’avais le sentiment qu’elle prenait le parti de sa nièce. Ce sont des impressions d’enfant qui peut être n’avait aucune réalité. Quelqu’un m’a dit que cela pouvait être vraisemblable. Dans la conception ancienne, les enfants des frères d’une femme comptait plus que ses propres enfants. Ses neveux étaient de sa famille et ce sont eux qui constituaient son dernier soutien lorsqu’elle était obligée de quitter la famille de son mari. En général, en partant elle laissait ses propres enfants derrière elle et n’avait aucun droit sur eux.Pendant la maladie de ma mère qui d’ailleurs va l’emporter, mon oncle est venu rester à côté pendant quelques jours. Il logeait chez moi, et chaque matin, très tôt il prenait la route de l’hôpital et y restait toute la journée à côté d’elle. Ma mère n’est pas décédée en présence, quelques jours avant son décès, il est rentré au village pour voir sa famille.Il n’est pas venu immédiatement lorsqu’on lui a appris le décès de sa sœur. Il semble que les devins qu’il avait consultés lui avaient déconseillé de prendre la route. Et puis ensuite, il y a eu les funérailles d’une de ses femmes, auxquelles il devait obligatoirement prendre part.Certains de mes frères ne lui ont pas pardonné de n’être pas venu immédiatement lorsqu’il a appris le décès de sa sœur. Moi je ne lui en ai pas voulu. Je crois qu’il a des croyances et des conceptions que nous ne comprenons pas toujours. Je suis sûr que son attitude ne signifiait pas de, l’ indifférence mais était plutôt dicté par des considérations mystiques. Il a montré, à certains occasions que lui aussi aimait sa sœur et qu’il avait beaucoup de considérations pour nous tous ses neveux. Il faut savoir être tolérant. C’est là une attitude qui permet aux uns et aux autres de vivre ensemble sans heurts.Il néanmoins signaler une zone d’ombre dans les relations entre ma mère et son frère. Après le décès de mon père, ma mère est rentrée au village. Je crois qu’elle avait l’intention d’y séjourner suffisamment longtemps. Mais quelques semaines après son arrivée, et notre grande surprise, mon oncle a fait téléphoner pour nous demander de venir chercher notre mère pour la ramener chez elle. Il ne nous a pas donné d’explications, mais j’ai cru comprendre qu’il n’arrivait pas à supporter les crises récurrentes de nerfs que ma mère faisait. Ma mère a été effondrée par le décès de mon père et avait perdu ses repères. Je crois qu’elle avait besoin de beaucoup de compréhensions de la part de ses proches. Mais malheureusement, mon oncle a été défaillant dans le soutien qu’on était en droit d’attendre à l’endroit de sa sœur.Mes relations avec mon oncle.C’est lors de mon séjour à Fada, en 1967-1968, que se sont établis mes liens avec mon oncle. Quelques temps après mon arrivée chez Souleymane, à qui j’avais été confié par mon père, il est venu me rendre visite et m’a ensuite conduit chez lui à Potiamanga.La vie dans un village reculé du Burkina était rude. Le repas en était très rustique ; la sauce de tô qu’on préparait était sans sel et sans viande. On ne mangeait la viande qu’à de rares occasions, par exemple lors des sacrifices que l’on faisait pour demander la clémence ou le soutien de Dieu ou lors des fêtes.Pour un jeune citadin comme moi, habitué à manger une sauce salée et contenant de la viande, il n’y avait pas grand plaisir à manger le repas de village. Mais mon oncle qui le savait, bien, et qui cherchait à me mettre à l’aise, faisait préparer spécialement pour moi un poulet braisé, et achetait pour l’occasion du sel au marché de fada pour assaisonner ma sauce. Le tô n’était pas aussi doux que celui de la ville. La farine de tô de la ville est moulue à la machine contrairement à celle du village écrasée au mortier.Pendant mes séjours, en saison pluvieuse, Je l’accompagnais quelques fois dans son champ situé à quelques kilomètres du village. C’était un grand champ que j’évalue, à peu près à 5ha de superficie. Il le cultivait avec ses femmes et ses enfants. Chaque matin avant le lever du soleil, il prenait la direction du champ, accompagné de ses garçons âgés de plus de 7 ans. Pendant ce temps, les femmes restaient à la maison et commençaient la préparation du repas.C’est aux environs de 10h, après avoir fini de préparer le repas que les femmes et les tout-petits enfants les rejoignaient au champ. Leur arrivée sonnait la pause déjeunée. La famille se scindait en deux groupes, qui prenaient séparément le repas. Il y avait les hommes d’un côté, les femmes et les petits enfants de l’autre côté. Après le repas, tout le monde, hommes et femmes, et enfants, se mettait au travail. Le travail se faisait avec un instrument rudimentaire, la daba. La manipulation de cet instrument vous obligeait à rester dans une position courbée pendant des heures. Pour un non habitué, le travail à la daba était est vraiment pénible, la position courbée vous essoufflait très rapidement.A ma connaissance, mon oncle n’a pas utilisé pour ses travaux champêtres, une charrue attelée à un âne ou à un bœuf. Il n’y a jamais songé je crois. Par contre, lorsque, les charrettes tractées par un âne ont commencé à être vulgarisé, il a cherché à en acquérir. Lors d’un de ses voyages à Ouagadougou, en 1980, pour me voir, il m’a demandé de lui en acheter. Je venais de commencer à travailler, le salaire et les économies que j’avais ne permettaient pas d’accéder immédiatement à sa demande. Ayant appris que l’ORD avait mise en place un système permettant d’accorder des crédits d’équipement aux paysans qui le voulaient, Je lui alors suggéré de s’approcher de ce service pour obtenir un prêt qui lui permettrait d’acheter sa charrette. Il a catégoriquement refusé en disant que n’étant pas salarié, il ne voulait pas se lancer dans cette aventure. Il trouvait que le crédit allait totalement le rendre dépendant des structures qui l’octroyaient. Il voulait garder sa liberté. Je n’étais pas sûr qu’il avait raison, je pensais plutôt que ceux qui acceptait prendre ces crédits allaient s’équiper et se développer plus rapidement.L’oncle Odano est resté animiste jusqu’à sa mort. A cause de sa sœur, ma mère, qui est devenue musulmane, Il a donné des noms musulmans à certains de ses enfants (Issa, Mariam, Djènebou…). Mais je ne crois qu’il ait un jour songé à se convertir. Il consultait régulièrement son sable et faisait des sacrifices. Il me recommandait de m’y adonner. Je n’ai pas voulu le suivre. Et pour me convaincre, il m’affirmait que tout n’est pas rationnel, pour lui, il y avait des phénomènes que nous ne percevons pas, mais qui sont là et qui influençaient notre vie. Ils me disaient que beaucoup de cadres à Ouaga y croyaient et venaient régulièrement vers eux, pour leur demander de les aider à surmonter des difficultés et à réussir dans leurs entreprises ou projets.Moi, je n’ai jamais cru à cela, mais je ne voulais pas le lui dire crument. Pour justifier mon refus, je lui expliquais qu’étant musulman je préférais rester dans la pratique des rites musulmanes. Il me rétorquait que parmi ceux qui venaient le voir, il y avait des musulmans et des chrétiens. Moi je ne voulais surtout pas être dépendant des féticheurs et autres et aussi notre père ne nous a pas éduquer dans ce sens. Je serai certainement sur la route de Fada, pour essayer de connaitre quelle est la justification mystique des désagréments ou difficultés que j’aurai dans ma vie de tous les jours. Les croyances du village, attribuent une cause à tout évènement.J’ai aidé l’oncle à se construire une maison dont le toit était en tôle ondulée. Possédée une telle maison dans son village vous distinguait obligatoirement des autres. L’oncle en était fier et ne ratait pas une occasion pour dire à ses visiteurs que sa maison lui a été construite par son neveu qui est à Ouagadougou.Il a effectué plusieurs séjours chez moi à Ouagadougou. Et moi aussi, à chacun de mes voyages à Fada, j’allais lui rendre visite.Voyage au GhanaAu début des années 1960, avec un de ses amis peuls, il forma le projet d’aller vendre des bœufs au Ghana. A cette époque, le Ghana était un marché très attractif, car son impulsion et son premier président Kwamé N’Krumah, un essor économique et social était amorcé. Le Ghana était une destination privilégiée pour les populations des pays voisins dont la Haute Volta. Une bonne colonie de burkinabè y réside actuellement. Beaucoup de jeunes qui y sont nés ne connaissent plus leur village ou région d’origine. Ils sont intégrés.Beaucoup de produits manufacturés étaient importés et très demandés du Burkina Faso. En contre partie, nos éleveurs réalisaient de bonnes affaires en allant y vendre leurs animaux. C’est donc cet attrait du Ghana qui a du amener l’oncle à envisager cette aventure. Avec son ami, ils ont rassemblé une dizaine de bœuf qu’ils ont conduit à pied jusqu’à Koumassi, la grande ville des Ashanti. L e voyage a duré plus d’un mois. Cinquante ans après cette traversée, lorsqu’il raconte les péripéties de leur voyage, on se rend qu’il a été vraiment marqué par cette traversée. Koumassi leur destination finale, était une ville très développée comparée à Fada N’Gourma, avec ses grandes voies et ses innombrables véhicules. Le mode de vie des Ghanéens était très différent. Le voyage a été fructueux, car ils ont tiré un bon bénéfice de la vente de leurs animaux. Le voyage retour n’a plus été fait à pied mais en empruntant es transports communs.Le séjour de l’oncle à Bondokoui et à Bobo-DioulassoMes parents se sont mariés je crois en 1947. L’oncle a du leur rendre visite quelques temps après l’arrivée de ma mère. Mon père n’avait pas encore fini de construire notre cour familiale à Bobo. Ils étaient en location dans une cour commune située un peu plus au centre ville. L’oncle explique qu’il a participé à la confection des briques qui servaient à la construction de la cour, avec des manœuvres engagés par mon père. Lors de ce séjour, il s’est rendu à Bondokoui, lieu ou mon père avait ouvert un restaurant ou il s’adonnait au commerce des produits destinés à l’exportation : coton, sésame, karité.Il a gardé un bon souvenir de ce premier contact avec une grande ville. Il se rappelle des soirées de goumbé et de balafon. Longtemps Il pouvait toujours fredonner quelques chansons qu’il a entendu lors de ces soirées culturelles animées par les balafons. L’une d’elles avait ce refrain :Batoma, ton enfant pleureBatoma vient le consolerBatoma rétorquait : moi je m’en fou, je suis en train de danserBatoma était à l’époque, une fille célèbre à Bobo par sa qualité de bonne danseuse.L’oncle et ses enfantsAucun des enfants de l’oncle ne travaille dans l’administration publique ou privée. L’oncle a très tôt compris, l’importance de l’école dans la promotion sociale. Un fils fonctionnaire a incontestablement un ascendant sur les autres enfants du village. Par ses relations, il put obtenir la réalisation de certaines infrastructures pour le village. Dans les débats concernant l’avenir du village, la voix du fils fonctionnaire est prépondérante. Cette considération pour le fils rejaillit sur le père dont les avis seront mieux écoutésLe village n’ayant pas d’école à l’époque, Il fallait aller jusqu’à Fada pour trouver une école primaire. Bien sûr la question du logeur se posait et dissuadait. L’évêché de Fada venait en aide aux enfants des villages éloignés, en les accueillant dans un interna. Quelque uns de ses enfants males (il n’a pas songe a scolariser les filles) ont bien fréquenté l’école, mais ne sont pas allés très loin dans les études. Je pense que l’éloignement de l’école et le manque de support en ville a été un facteur défavorisant.Cette absence de fonctionnaire dans sa famille, a mon avis, constituait pour lui un désavantage. il a peut être été déçu de voir qu’aucun de ses enfants n’a réussi à l’école.Sa fille Folpoa était l’épouse préférée du chef de Fada Yoabili. La petite histoire est que Folpoa qui était élevée chez nous a Bobo était repartie au village avec notre mère a la requête de son père pour des sacrifices ; la veille de leur départ programmée pour Bobo, Folpoa disparait au grand désespoir de sa tante. Le fait était que son père l’avait donnée en mariage au futur roi, mais sans sans avoir en informer sa grande sœur ce qui provoqua un froid qui dura probablement près de 2 ans entre les 2 car ma mere avait de grands espoirs et probablement d,autres plans pour pour sa nièce a Bobo. Je crois que Folpoa était agé probablement entre 15 et 16 ans? Bien sûr, cette position de sa fille lui procurait une certaine considération. Mais il n’aimait pas montré qu’il tirait quelques avantages de cette situation de sa fille.Avec la percée des nouvelles religions (christianisme, islam) certains de ses enfants ont abandonné la religion des ancêtres, pour embrasser les nouvelles. En voyant la progession du christianisme dans le village, matérialisée par la construction de diverses églises, je crois qu’à terme, il n’est pas exclu que la religion traditionnelle disparaisse. .Un de fils de l’oncle , Balké, est même très engagé dans le protestantisme. Peut être même qu’un jour, il sera pasteur car il est un érudit de la bible, propagandiste de la nouvelle réligion. Balké et son père, ne pouvaient pas discuter calmement longtemps. Ils finissaient par se disputer et s’en prenaient à la religion de l’autre. La dernière dispute à laquelle j’ai assisté, a eu lieu quelques jours avant qu’il ne rentre à l’hôpital pour son opération. Je n’ai d’ailleurs pas bien compris les raisons qui l’ont provoquée.Son fils Kiamo a fait une dépression nerveuse pendant longtemps. Certains pensent que la cause de cette folie est à rechercher dans les affrontements mystiques entre son père et ses concurrents. Ne pouvant pas atteindre l’oncle, les coups qui lui étaient destinés ont été détournés sur son fils moins protégé.Ses activités politiquesDans les années 1970, l’oncle a pris la carte d’un part politique le Mouvement de Libération Nationale : MLN.Il n’était pas encore chef de village. Je parie que les responsables MLN de Fada N’Gourma, notamment Ali Lankoandé, l’ont repéré comme personne influent du village. Ils se sont certainement basés sur sa qualité de petit fils du précédent chef. On lui a offert un vélo, pour battre la campagne. Aux élections législatives de 1971, le MLN a fait une véritable percée sur la scène nationale en obtenant, je crois, sept députés. Ali Lankoandé venant de la circonscription électorale de Fada a été élu député.Après son intronisation comme chef de village, Il a pris ses distances avec les partis politiques. En tant que chef, il était constamment courtisé par tous les partis politiques qui cherchaient des voix dans le village. Bien que n’étant pas officiellement membre du CDP, c’est lui qui désignait les candidats du CDP aux différentes élections. C’est ainsi que lors des élections communales dernières, il a désigné sa femme et un dignitaire peul pour être candidat au conseil municipal. Evidemment ils ont été élus conseillé municipal.La chefferie de PotyamangaComme je l’ai expliqué un peu plus haut, l’oncle était prédestiné à être chef de village.Après le décès de son grand père, le village est resté longtemps sans chef. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi. Elle peut s’expliquer en partie par cette loi édictée sous Maurice Yaméogo, qui interdisait la désignation d’un autre à la mort du chef en place. Maurice était entré en conflit avec le Mogho Naba, chef des mossés de Ouagadougou qui avait cherché à l’évincer du pouvoir et instaurer une monarchie. Pour le punir, il a décidé de provoquer l’extinction de la chefferie traditionnelle pour le non renouvellement des chefferies vacantes.Ce n’est que vers la fin des années 70, qu’une autre loi promulguée par le président Lamizana, a mis fin au processus d’extinction en autorisant la désignation de nouveau chef, au décès du titulaire. Les modalités de choix du chef ont été définies en y introduisant une dose de démocratie. Ce n’était plus un collège électoral traditionnel qui choisissait le chef, mais tous les villageois en âge de voter. Le jour du vote, les candidats s’arrêtaient sur une place publique du village. Les électeurs s’alignaient devant le candidat de leur choix. Etait déclaré chef élu celui qui obtenait le plus grand suffrage.A la faveur de cette donne, il a été décidé que le village devrait se choisir un chef.L’oncle naturellement était candidat, il avait pour concurrent, un de ses oncles, Foljoa Combary. La campagne électorale a sans doute été rude. Les techniques modernes de persuasions des électeurs ont été couplées aux voies mystiques. Les devins ont été fortement sollicités. Les sacrifices ont été faits sur les autels de famille ou du village.Selon la tradition, c’est celui qui avait le plus de puissance mystique qui allait être choisi.Au bout de la compétition, c’est l’oncle qui a obtenu le plus grand nombre de suffrage et donc par conséquent a été déclaré élu chef du village de Potiamanga. Il decida de prendre le nom de Chef « Odano « le nom de chef que portait 6notre grand-père.Il ne restait plus qu’à l’introniser. C’est le chef de Fada N’Gourma, de qui relevait historiquement Potiamanga, qui devrait le faire. L’intronisation consistait à lui remettre au cours d’une cérémonie un bonnet. Dans le Gourma, l’attribut de chefferie est un bonnet. Cette cérémonie était ponctuée de sacrifices et d’implorations à Dieu et aux ancêtres. Des animaux étaient immolés. Bien entendu, elle était clôturée par une grande fête populaire.L’intronisation n’a pas se faire immédiatement, le chef de Fada, Yentangou, pour une raison que j’ignore, avait suspendu l’intronisation des chefs de village et de cantons. L’oncle et bien d’autres ont été obligés d’attendre le bon vouloir du chef. Cette attente à durée au moins deux ans. Ce n’est qu’en 1983 ou 1984 qu’il a levé la suspension et procéder à l’intronisation des chefs. J’étais en ce moment en étude, et je n’ai pas pu assister à la cérémonie. Néanmoins, sur recommandation de ma mère, je lui ai envoyé un grand boubou de chef.
Blog personnel de Harouna Henhenri TOGUYENI; Les articles qui sont sur ce blog, sont des transcriptions des évènements ou des analyses que je fais sur évènements marquants. Donc il y a un peu du tout dans ce blog. Il est possible que je me sois trompé en retranscrivant des évènements, c'est pourquoi je veux de prime abord m'excuser auprès de tous ceux de mes lecteurs qui vont y trouver des inexactitudes. Si possible je les prie de bien vouloir me le signaler. Merci
lundi 14 juillet 2025
Mon Oncle ODANO
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