Affichage des articles dont le libellé est UGEV. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est UGEV. Afficher tous les articles

mercredi 2 février 2022

UNION GENERALE DES ETUDIANTS BURKINABE (UGEB)

 

L’UGEV : L’UNION GENERALE DES ETUDIANTS VOLTAÏQUES

a)    La structuration de l’UGEV

La structure fédérale  du mouvement étudiant est l’UGEV, Union générale des étudiants voltaïques. Une organisation créée par les associations des étudiants voltaïques en France AEVF et l’Association des scolaires voltaïques de Dakar ASV à l’orée de notre indépendance.

Entre 1975 et 1979 l’UGEV était constituée des sections implantées en France, à Dakar, à Niamey, en URSS, au Togo, et à OUAGA.

Le siège de l’Union est le même que le siège de l’AEVF et le comité exécutif de l’AEVF assumait aussi le rôle du comité exécutif de l’UGEV

Selon ses statuts, l’union devrait tenir un congrès tous les deux ans, et entre les- deux congrès se tenait un conseil d’administration.

Pendant la durée de mon séjour, l’UGEV a régulièrement mené ses activités.

Ma première participation à une instance de l’UGEV  a été le conseil d’administration d’août 1976. Il a été animé d’abord par Halidou Ouédraogo puis ensuite par Salia Sanou et autres. Ce qui m’a frappé le plus était la très bonne organisation de la session. Dans une très bonne discipline les participants prenaient la parole et faisaient le point de la situation qui a prévalu dans leur pays d’accueil depuis le dernier congrès d’août 1975.

b)   Les congrès et autres instances de l’UGEV

* Le VIIIe congrès d’août 1977.

Il s’est tenu dans l’amphithéâtre nouvellement construit de l’université de Ouagadougou. Mais l’ouverture officielle a eu lieu comme d’habitude à la maison du peuple.

Le congrès de l’UGEV était un événement attendu et suivi par le gouvernement et par la grande majorité des intellectuels du pays. C’était l’une des forces capables de faire une analyse sans langue de bois de la situation politique économique et sociale du pays et à travers le monde. Bien de gens attendaient ce moment pour pouvoir se faire une opinion sur l’Etat du pays. Le 8e congrès de l’UGEV n’a pas dérogé à la règle. Personnellement j’ai été édifié par la déclaration de politique générale DPG du comité exécutif de l’UGEV lu par SO Jean Baptiste. Des analyses qu’on ne pouvait entendre nulle part ailleurs ont été faites sur les luttes de libérations menées au Mozambique par le Frelimo, en Angola par le MPLA, en Afrique du Sud par l’ANC, en Guinée Bissau et Cap vert par le PAIGC, et dans bien d’autres pays lointains tels que le Cambodge, etc.

Sur le plan national, sans complaisance, la lutte des travailleurs pour de meilleures conditions de vie, celle des étudiants pour de bonnes conditions d’études ont été magnifiées.

Dans la salle, on n’entendait que les seules paroles de l’orateur. L’attention était extrême et à la fin du discours ce fut un tonnerre d’applaudissements. Les congratulations fusaient de toutes parts.

Place maintenant aux travaux du congrès qui comme je l’ai dit s’est déroulé dans l’amphi nouvellement construit de l’université de Ouagadougou.

Le programme bien huilé de tous les congrès s’est déroulé de la manière suivante : d’abord le rapport du comité exécutif, suivi du rapport des sections, puis enfin les travaux de commission et enfin la clôture.

La grande particularité de ce 8e congrès était l’adieu de certains ténors du mouvement étudiant en fin d’études. Le plus célèbre d’entre eux étant Drissa Touré. Je ne le connaissais pas physiquement mais bien entendu, j’avais entendu parler de lui. Touré Drissa fait partie de ces grands militants de l’UGEV, qui ont lors de l’historique 5e congrès de l’UGEV tenu en 1971, défini la ligne politique, anti-impérialiste  de l’UGEV. Il a particulièrement contribué à structurer et à stabiliser l’UGEV. Pour cela, il bénéficiait d’une grande considération au sein du mouvement étudiant.  La dernière section à s’inscrire sur la liste des intervenants après la lecture du rapport du congrès fut l’AEVF. Je me suis demandé si cela n’avait pas été fait exprès pour que Drissa Touré soit le dernier à intervenir.

C’est dans un grand silence qu’il prend la parole, il fut long mais pas ennuyant du tout. On sentait une sorte de ferveur, une adoration,

En d’autres termes, on aurait pensé à un gourou en train de s’adresser à ses fidèles

A la fin ce fut un tonnerre d’applaudissements

De grandes questions agitaient alors le mouvement étudiant.

Sur le plan national, il s’agissait de déterminer le lien qui pouvait exister entre le mouvement révolutionnaire étudiant et des organisations telle que la LIPAD qui se réclamait aussi du mouvement révolutionnaire. Après avoir analysé leur manifeste, l’UGEV va constater que sur bien des points politiques  elle a des divergences avec la LIPAD.

En effet, par rapport à l’analyse des forces en présence dans notre pays,  l’UGEV n’est pas en accord avec la LIPAD. Elle ne caractérise pas les chefs traditionnels de » vestiges »  des  forces féodales. Or l’UGEV  estime que cette force est en déclin et donc à terme va disparaître.

Sur la caractérisation de la révolution, l’UGEV a défini la révolution dans notre pays comme étant une Révolution Nationale Démocratique et Populaire « RNDP » alors que la LIPAD la définit comme étant une Révolution Populaire de Libération Nationale « RPLN ». L’UGEV estime que la LIPAD en occultant le caractère national et démocratique commettait une grave erreur.

Sur le plan international, alors que la LIPAD cherche à s’allier avec l’URSS. L’UGEV estime que ce pays est une superpuissance impérialiste qui a abandonné la ligne révolutionnaire et opprime d’autres peuples à travers le monde.

Comme on peut le voir les divergences sont profondes et larges. L’UGEV va alors qualifier la LIPAD de NCR nouveau courant réformiste. C’est clair, c’est un rejet catégorique de la demande d’alliance exprimée par la LIPAD et par voie de conséquence de la  participation de ses membres aux activités de l’UGEV.

Sur le plan international, le congrès a renouvelé son soutien à l’Albanie dirigée par Enver Hoxha comme un bastion inexpugnable de l’anti-impérialisme. Par contre il a condamné sans appel la nouvelle théorie réformiste des  trois mondes développée par Deng Xiaoping. Ce dernier a développé la théorie des trois mondes : le premier monde est constitué de deux superpuissances États Unis et URSS, le deuxième monde étant les  autres puissances impérialistes constituées en grande majorité des pays occidentaux qui continuent à opprimer bien des peuples à travers le monde, et enfin le troisième monde que sont les pays du tiers monde dominés par les deux premiers. Pour Deng Xiaoping, il y a forcément une contradiction entre ces trois groupes. Les forces révolutionnaires du troisième monde  doivent profiter des contradictions entre les deux premiers mondes et pouvoir s’associer lorsque c’est possible avec les puissances impérialistes intermédiaires dans leurs luttes contre les deux super puissances.

Pour l’UGEV, l’Albanie, petit pays d’Europe, était le seul pays révolutionnaire du monde. Ce pays a rompu avec l’union soviétique après la mort de Staline et le processus déstalinisation mené par ses successeurs. De ce fait c’était le seul pays au monde qui se réclamait de Staline et continuait à le considérer comme un grand révolutionnaire et dont l’exemple doit inspirer les nouvelles générations. Il était dirigé par un parti communiste ayant à sa tête Enver Hoxha Ce dernier a écrit un livre » L'État et la Révolution « où il exposait sa vision du monde et sa ligne politique. Bien sûr il était de bon ton que tout militant anti-impérialiste cherchât à lire ce livre. J’ai pu m’en procurer  mais je dois avouer que sa lecture est ardue. Je ne suis pas sûr de l’avoir entièrement lu. Le congrès a donc encore une fois renouvelé son soutien à l’Albanie considéré le bastion inexpugnable de la révolution.

En guise de conclusion, le congrès  a invité les étudiants à continuer à défendre la ligne anti impérialiste dégagée lors du Ve congrès tenu en 1971.

Ce congrès m’a véritablement marqué. Au début, les thèses défendues par les responsables de l’AEVO étaient tout simplement pour moi des idées d’intellectuels sans engagement aucun. Mais après le congrès j’étais dans la conviction et prêt à défendre et à appliquer les directives dégagées par cette ligne anti-impérialiste.

* Le conseil d’administration d’août 1978.

Au cours de l’année scolaire 1977-1978  vers le mois de mars, un courant contestataire surgit d’abord au sein de l’AEVF puis va s’étendre aux autres sections principalement à Dakar et en Union soviétique. Ce courant, qui s’est dénommé Mouvement du 21 juin en abrégé  M21,  était principalement animé par Valère Some, Basile Guissou, Alain Zougba, etc…Les tenants de ce nouveau courant remettent en cause la ligne politique jusque-là défendue par l’UGEV et dénonce du même coup des pratiques qu’ils jugent contraires à l’esprit révolutionnaire.

Les contestataires estiment que le mouvement étudiant en refusant de définir la classe dirigeante de la révolution et en lançant des mots d’ordre stratégiques tels que l’intégration aux masses populaires  s’arroge en réalité un rôle qui ne lui est pas dévolu. Les contestataires dans leur manifeste nomment le parti communiste, le parti du prolétariat comme étant le parti qui doit conduire la révolution. C’était une nouveauté effectivement dans le mouvement étudiant. Jusque-là, l’UGEV estimait qu’il ne revenait pas au mouvement étudiant de dire qui va diriger la révolution.

Les contestataires vont également dénoncer les pratiques en cours à l’AEVF. En particulier ils remettent en cause la discipline en cours dans la cité universitaire de Poniatowski, le servilisme vis-à-vis des dirigeants qui empêchait les militants d’avoir de l’initiative ou des idées personnelles sur les préoccupations des étudiants. Ils se gaussent de la formule obligatoire « je suis fondamentalement d’accord avec le comité exécutif »  qu’on se devait de dire au début de toute intervention en assemblée générale. Et bien d’autres pratiques établies.

A Ouaga, nos leaders que sont les Koniba Traoré et autres ont porté à notre connaissance les tracts ventilés par le groupe de contestataires. Ils vont qualifier ces contestataires d’éléments opportunistes qui veulent abandonner la lutte pour intégrer les pouvoirs réactionnaires. Pour dissimuler leur dessein, ils se camouflent derrière des propos extrêmes qui en somme constituent une fuite en avant. Comme tous les éléments opportunistes, ils seront combattus. Une réponse à leur manifeste ordurier fut rédigée par la direction de l’AEVO et ventilée dans les autres sections. C’était une réplique point par point à toutes les idées avancées.

Un nom fut donné à ce  groupe, il s’agit du nouveau courant opportuniste liquidateur NCOL.

Le Conseil d’Administration aux termes de ses travaux s’arc-bouta sur sa ligne politique et renouvela sa foi en l’inéluctabilité de la RNDP dans notre pays. Le mot d’ordre stratégique « d’intégration aux masses populaires » a été reconduit. L’objectif affirmé étant d’aider les masses populaires à prendre conscience de leur situation de dominées et de la nécessité de lutter pour bouter hors de notre pays l’impérialisme international aidé par ses valets locaux.

Ce conseil d’administration a raffermi davantage notre foi en notre ligne politique et surtout resserré les rangs autour du comité exécutif afin de faire face aux attaques que ne manqueront pas de lancer contre nous le NCOL. Il fallait continuer le travail d’explication auprès des étudiants afin qu’ils ne se laissent pas appâter par les théories contre-révolutionnaires du NCOL.

Le CA, après avoir dénoncé les difficiles conditions que nous impose le gouvernement réactionnaire, exhorte les étudiants à resserrer les rangs afin d’engager les batailles qui permettront d’obtenir de bonnes conditions d’études.

* Le IXe congrès tenu en août 1979.

Ce fut le congrès de la scission et aussi mon dernier congrès.

Malgré la réplique ferme donnée par les militants aux tentatives de réforme de la ligne politique de l’UGEV, les tenants du NCOL ont continué leur  travail de débauchage des étudiants au cours de l’année. La plupart des sections ont été secouées.

Le décompte fait montrait que la section  d’URSS, l’AEVUS,  était entièrement acquise au NCOL, la section de Lomé, l’AEVT, a subi de très fortes pressions tant intérieures qu’extérieures, mais nous avions eu l’assurance qu’elle restait dans notre camp.

La section de Dakar, l’ASV, était théoriquement acquise à la cause du NCOL, mais aucune assemblée générale n’avait entériné ce ralliement. Seul le comité exécutif se prévalait de leur appartenance au camp réformiste liquidateur. Il était de coutume que l’ASV organise une assemblée générale à Ouagadougou avant la tenue des instances nationales de l’UGEV.

Nos camarades fidèles de l’ASV étaient convaincus que le comité exécutif était isolé de la base et que la grande majorité des étudiants de Dakar étaient sur la position défendue par le comité exécutif de l’UGEV. L’assemblée générale en préparation était une occasion inespérée pour démontrer l’opportunisme du comité exécutif de l’ASV.

Comme toute assemblée les militants sincères ont préparé l’AG de l’ASV. Il a été convenu qu’une motion de confiance allait être introduite sur la position défendue par les tenants du NCOL. Comme il est également de coutume, les militants des autres sections de l’union pouvaient participer à toute activité d’une section donnée.

L’assemblée générale de clarification de l’ASV

L’assemblée Générale de l’ASV s’est tenue dans la grande salle de la Rotonde, siège de l’aumônerie catholique des élèves et étudiants de Ouagadougou. Elle était présidée par Bazoug et Gosava tous deux membres du comité exécutif de l’ASV. Il y avait du monde dans la salle, preuve de l’importance accordée, par les étudiants,  à cette AG.

L’ordre du jour était axé sur le rapport d’activité du comité exécutif à soumettre au congrès. Il faut remarquer que l’assemblée générale de Ouagadougou était la seule possibilité de réunir au même endroit les militants de Dakar. A l’époque le gouvernement de Senghor avait interdit la tenue des assemblées générales d’étudiants, afin de les empêcher de se concerter pour mener d’éventuelles  actions de protestations d’envergure. Pour maintenir un lien entre les étudiants et avec leurs dirigeants, on avait introduit le concept de la cellule qui regroupait 4 à 5 étudiants. Les préoccupations des étudiants, et l’analyse de la situation nationale étaient faites dans ces cellules. Cette initiative organisationnelle a permis de maintenir une cohésion  et de maintenir la flamme Anti impérialiste chez les étudiants de Dakar.

Dès que Bazoug a fini de lire son rapport, Sidibé, un militant resté sur la ligne de l’UGEV lève la main  et demande à introduire une motion.

La parole lui est donnée et il lit sa motion. Dans son développement, il explique que le  rapport que le comité exécutif venait de lire  est totalement contraire à la ligne défendue par la majorité des cellules de Dakar. Il estime que le CE adonc trahi les aspirations des militants de l’ASV et a failli à sa mission première qui est la défense intransigeante de la ligne politique et idéologique de l’UGEV. Par conséquent il exige la destitution immédiate du dit comité exécutif.

C’est sous des applaudissements nourris ayant valeur d’adhésion à la motion  qu’il finit la lecture. C’est donc clair, le comité exécutif est à l’instant même démis. Des militants exigent la mise en place séance tenante d’un comité exécutif chargé de rédiger un autre rapport et de conduire la délégation de l’ASV au IXe congrès de l’UGEV.

Évidemment, Bazoug et Gosava refusent  de se soumettre à cette sommation et contestent la légalité de la procédure, et crient au putsch.  Dans un brouhaha immense, un débat, sur cette question,  s’instaure entre Le CE démis ayant quand même une poignée de soutiens et les motionnaires. Mais dans l’impossibilité de s’imposer à l’assemblée, Bazoug et Gosava vont quitter la salle, en déclarant refuser, par cette sortie, de cautionner un putsch. Personne d’autre ne les a suivis dans cette fuite.

Le calme revint alors dans la salle. Par consensus, un comité exécutif provisoire a été mis en place, chargé de rédiger le rapport au congrès et d’y conduire la délégation de l’ASV.

On peut effectivement se poser la question de la légalité d’une motion qui destitue un comité exécutif régulièrement installé par les étudiants à Dakar. Aucun texte organisant l’ASV n’a prévu cela. Mais le mode d’organisation des étudiants de Dakar ne permettait pas la libre expression des opinions. L’organisation dans des cellules comme dans une organisation communiste clandestine, favorisait le point de vue des dirigeants qui d’une certaine manière imposait leur diktat aux autres. L’UGEV prônait le centralisme démocratique. Selon ce concept, un lien dialectique existait entre les deux voies que sont le centralisme et la démocratie. En fonction des circonstances, la direction pouvait utiliser une des voies pour prendre une décision. Lorsque l’environnement était favorable à l’expression démocratique, il fallait forcément consulter la base avant toute décision importante. Mais lorsqu’il était impossible de réunir la base, la direction avait le droit de prendre une décision quitte à informer la base le moment venu. Le comité exécutif de l’ASV prenant prétexte de l’environnement peu favorable aux organisations d’étudiants à dû user du centralisme pour introduire leur ligne opportuniste à Dakar. Il était donc légitime pour les autres de tenter un coup de force pour renverser la vapeur. Visiblement ce scénario n’avait pas été prévu par le NCOL d’où sa débandade en quittant la salle.

Mais quitter la salle, ne pouvait pas signifier pour Bazoug et Gosava, abdiquer. Ils iraient certainement au congrès de l’UGEV,  en se prévalant du titre de dirigeants et en prétendant être investis de la légalité et de la légitimité.

Le congrès de l’UGEV s’annonçait des plus durs. Au moins une section se présenterait avec deux délégations. Sur quelle base, le comité exécutif de l’UGEV, désignerait la délégation légale ?

La séance plénière de l’UGEV.

La séance plénière a eu  lieu à la maison du peuple, tout comme  l’ouverture solennelle du congrès. La salle de 3000 places  était presque pleine.

A l’heure exacte pour les débuts des travaux, le président du comité exécutif de l’UGEV, So Jean Baptiste, secondé par Lansina Konaté, ouvre les travaux. Le premier acte a consisté à vérifier le quorum par l’appel des sections et la vérification de leur mandat.

A l’appel de l’ASV, deux voix dans la salle répondent « présent ». Les hostilités qu’on attendait venaient d’être ouvertes.

Le comité exécutif demande alors aux délégations de justifier leur mandat. Le 1er à prendre la parole fut Sidibé favorable au CE de l’UGEV actuel. Il expliqua qu’il tirait sa légitimité de l’assemblée générale de l’ASV tenue récemment à Ouagadougou. Assemblée qui a destitué le CE ancien pour forfaiture car défendant une ligne politique qui n’est pas celle définie par une instance souveraine des étudiants de Dakar. Ces explications soulevèrent de longs applaudissements nourris dans la salle.

C’était au tour des tenants du NCOL de prendre la parole. Mais des huées et des cris s’élevèrent dans la salle les empêchant de s’exprimer. Ils tentèrent à plusieurs reprises de parler mais impossible. Alors de guerre lasse, après une rapide concertation la délégation décida de quitter la salle, suivie par une partie de la délégation de l’AEVUS et quelques éléments de l’AEVF

Voilà,  la scission de l’UGEV est ainsi consommée. Dorénavant il existait deux organisations qui allaient réclamer la représentativité du mouvement.

Tous les brouhahas ont cessé dans la salle. On n’entendait que la voix de So Jean Baptiste. Essayant de faire une  analyse de la  situation  nouvelle qui venait de se créer. La tension était palpable. Des questions me taraudaient l’esprit. Aurions-nous pu éviter cette scission ? L’UGEV ne va-t-elle pas perdre une partie de sa crédibilité ? Le travail de mobilisation sur les campus ne sera t-il pas plus difficile avec deux organisations d’étudiants ?

C’est sûr Les opportunistes de tout poil vont en profiter pour mener des actions de déstabilisation des organisations révolutionnaires d’étudiants.

Il fallait à partir de maintenant redoubler d’ardeur dans le travail de sensibilisation des étudiants, de défense intransigeante de leurs intérêts, de travail de conscientisation des masses populaires afin de contribuer à  libérer notre peuple des jougs de l’impérialisme international, etc.

Mais moi et mes camarades de lutte au sein de l’AEVO, ne savions pas que nous participions ainsi à notre dernier congrès. À la rentrée d’octobre 1979, nous serons exclus de l’université de Ouagadougou. Certains pour un an, d’autres définitivement et je faisais partie de ce dernier  lot.

samedi 20 octobre 2018

En Quête de Progrès Social

DISCOURS LORS DE LA
CÉRÉMONIE DE DÉDICACE
de mon livre "En quête de progrès social"
Jeudi 18 OCTOBRE 2018
Hôtel Pacific

Monsieur Albert OUEDRAOGO, parrain
Monsieur Germain  Bitiou Nama modérateur
Monsieur Fousseni Kindo  présentateur
Chers parents chers amis
Mesdames et monsieur

Je veux avant tout propos adresser, du fond du cœur,  mes remerciements  à tous ceux qui ont accepté de venir ce soir me soutenir en  assistant à cette cérémonie de dédicace.
Je veux plus particulièrement remercier

• Mon frère et voisin le ministre de l’Habitat, Dieudonné Bonane

• Le Professeur Albert OUÉDRAOGO parrain de la cérémonie. Nous sommes de la même génération et il était sur le campus en 1979. Il témoignera peut être ce soir. Le Pr est très connu pour son engagement dans les OSC et en particulier le Tocsin,  j’estime  donc que le Professeur  fait partie des gens qui œuvrent pour le progrès social dans ce pays. C’est d’ailleurs  pourquoi je lui ai  demandé de bien vouloir parrainer cette cérémonie. Merci professeur  
• Mon aîné  Germain Bitiou Nama, modérateur de la cérémonie. C’est aussi lui qui a fait la préface de mon livre. C’est un aîné que j’ai connu dans le mouvement étudiant et dont J’apprécie l’ouverture d’esprit,  C’est pourquoi je lui ai demandé de faire la préface qui résonne comme une sorte de caution morale qu’il apporte à mon écrit. Merci camarade
• Monsieur Fousseni Kindo, journaliste et qui a accepté présenter ce livre cet après midi. Merci aussi de m’avoir donné la parole dans votre émission phare «  c’est écrit « 
• Monsieur Sedogo Jean Baptiste, mon éditeur. C’est un camarade qui tout comme moi a milité activement dans l’AEVO. C’est un  ancien militant syndical de la  CGTB,  et aujourd’hui chef de plusieurs entreprises privées et   membre comme moi de l’UNEEPL. On ne pouvait que s’entendre lorsque je lui ai demandé d’éditer mon livre. La plupart des livres édités au Burkina sont faits à compte d’auteurs. Mais il a bien voulu éditer mon livre à son propre compte. Je pense qu’il a mis beaucoup d’argent dedans c’est dire que si personne n’achète mon livre, il risque de faire faillite. Merci Jean Baptiste.
Mesdames et messieurs
Comme vous le savez, je suis un professeur de mathématiques et de sciences physiques. Donc à priori, je ne suis pas porté vers les écritures.
Plusieurs considérations m’ont amené à m’y mettre.
D’abord,  j’ai fait le constat qu’il n’y a pas beaucoup d’écrits sur les événements que j’ai  vécu avec des camarades et dont  quelques fois dont nous avons été  des acteurs importants. Or à mon avis ces actes posés  ont eu des incidences sur la vie politique et sociale, de notre pays et  de nos concitoyens de l’époque. Il ne semblait pas normal  que les acteurs s’en aillent un à un sans laisser à la postérité leur narration et leur appréciation de ces événements.
Ensuite,  J’entends quelques fois des plus jeunes ou même des hommes politiques prétendre que les anciens n’ont rien fait ou rien fait de bons, ce qui justifient les situations difficiles que les populations vivent.
Non,  ce n’est pas vrai.  Chaque génération a forcément posé sa pierre, peut être pas suffisamment, mais a quand même posé sa pierre dans la construction de la maison commune.
Je crois aussi  que si ces thèses sont véhiculées et acceptées,  c’est parce que les anciens n’ont pas laissé suffisamment de traces écrites de leur contribution. Ils n’ont donc pas laissé beaucoup de matières à la réflexion des jeunes.
A la lumière de tout cela, je déduis  qu’il faut qu’on écrive davantage. J’ai donc voulu de m’insérer dans la lignée de ceux qui sont partis sans jamais partir, ceux qui  ont laissé leurs idées et leurs réflexions  à travers leurs écrits destinées aux générations futures

Mesdames et messieurs
J’ai écrit ce livre,  parce que j’avais envie de parler, de m’adresser pas seulement aux plus jeunes mais aussi à mes camarades et de leur révélé  des choses que j’avais jusque-là, gardé,  par pudeur,  par devers moi.
En écrivant J’ai  voulu appeler mes camarades à une rétrospective constructive pour permettre aux jeunes, de capitaliser nos expériences et les éviter ainsi  de  commettre les erreurs que nous avons pu commettre dans nos actions  pour construire une société plus juste. 
J’espère faire œuvre  utile, par exemple,  en ouvrant un débat sur cette grève de 1979. En le faisant, Nous allons  soulager bien de camarades de cette époque qui en ont souffert pendant des années.  Jusque-là, ils n’ont eu aucun  réconfort venant  des leaders que nous  étions à  l’époque.  J’en veux pour preuve cet écrit d’Une camarade de l’époque après qui après avoir lu mon livre, m’a envoyé ce  message «Merci pour ce beau témoignage et surtout le courage de briser l’omerta. J’ai perdu deux ans à cause de la grève de 1979 ».

Qu’en est-il du fait que je dise bien volontiers que j’ai été un militant du PCRV.
Dans ce livre, je ne révèle rien sur le PCRV qui ne soit du domaine public.
Même mon ancienne appartenance est du domaine public.
En effet,  cette appartenance,  a été actée par la justice,  qui en 1980,  malgré mes dénégations m’a condamnée pour avoir distribué des tracts du PCRV, et d’avoir par voie de tracts publié de fausses susceptibles de troubler l’ordre public.
Je ne leur apprends donc rien de nouveau. Pour les plus jeunes peut être, une sorte de black-out avait instaurée et personne ne parlait plus de cette affaire.

Oui, J’ai été un militant du PCRV mais  depuis belle lurette, nos chemins ont divergé. Je ne crois plus aux valeurs politiques et sociales que ce parti  défend.
Je ne crois plus  à la lutte des classes et je ne veux  plus de  la dictature du prolétariat.
Moi je crois à l’initiative privée et je crois à la compétition pacifique des partis pour se faire valoir et conquérir le pouvoir politique par la voie électorale.

Mais qu’on s’entende bien sur un autre point, en publiant ce livre,  mon objectif n’est aucunement de mener une lutte ou une croisade contre le PCRV.

L’essentiel du livre est une restitution de mes souvenirs. Certains des événements  remontent à plus de quarante ans. Ils sont restés graver dans ma mémoire car ils m’ont marqué très fort.
Restituer ces événements dans leur intégralité est certainement impossible. Je suis donc conscient que j’ai pu mal interpréter, mal restituer certains des faits. Il est possible que des personnes  dans la salle  ou des lecteurs contestent des faits ou se sentent blessés par des contrevérités.
Je voudrais m’excuser d’avance  auprès de tous ceux à qui j’ai attribué des actes ou des propos inexacts. Je leur demande de me les faire savoir, je les prendrai en compte et ferai insérer un erratum.
Bien entendu ne sont pas concernés mes interprétations des évènements que j’ai vécu. Il certain que pour un même événement, chacun d’entre nous fera une description ou une interprétation  particulières
Comme cas particulier, je voudrais présenter mes excuses au professeur Guissou Pierre. J’ai dit dans le livre qu’il faisait partie des étudiants expulsés du Togo par le régime du Général  Eyadama. Il m’a fait savoir qu’il n’en était rien. Mon erreur provient sans doute du fait qu’il constituait un tandem avec son ami le professeur Adama Lengani.
Dans la présentation de l’UGEV,  une erreur s’est glissée. J’ai dit qu’à l’époque, l’UGEV était constitué de 9 sections, des camarades m’ont fait observer qu’il y en avait plus que cela. Je voudrais pour cela m’excuser et assurer que cela fera l’objet d’un erratum.


Comme dit, je ne suis pas un littéraire, vous pouvez donc imaginer que cela n’a pas été facile pour moi.
Pour le style, j’ai opté dès le départ d’écrire au passé simple et au présent. Je voulais écrire dans un style de compte rendu. Le lecteur en lisant devrait vivre les événements comme s’il y était.
Je ne sais pas si j’ai réussi. J’attends donc vos réactions
J’ai pris quelques années pour écrire. Comme tenu de mes activités professionnelles, je n’avais pas beaucoup de temps et la concentration nécessaire  en cours d’année scolaire. Ce n’est que pendant les congés de fin de trimestre et les vacances annuelles de deux semaines que je me concentrais sur l’écriture. Avant la reprise, j’arrivais à écrire un bon paquet de chapitres.
A chaque fois que je relisais, des souvenirs me venaient et je me mettais à ajouter des paragraphes. Il y a un an, je me suis rendu compte qu’à ce rythme, je ne finirai jamais ce livre. j’ai décidé d’arrêter et de publier ce que j’avais déjà sous la main. C’est donc dire la version peut toujours s’améliorer.


Ce livre ne relate que des événements de quatre parties de ma  militante. Il y a bien d’autres vies,  telles  que ma vie professionnelle d’enseignants et de chef d’établissement, ma vie de chef d’entreprise, ma vie familiale, etc
il y a encore matière à moudre. J’espère un jour pouvoir partager mes expériences de ces vies avec les plus jeunes.
On verra donc si j’aurai encore la force d’écrire 



samedi 14 juillet 2018

En quête de progrès social


 Tel est le titre du livre que vient de publier Harouna TOGUYENI

Harouna TOGUYENI né le 22 Mars 1955 à Bobo-
Dioulasso, est marié et père de trois enfants. Il
fréquente le lycée Philippe Zinda Kaboré où il
obtient le Baccalauréat série C, en 1975. Il
s’inscrit d’abord à l’Université de Ouagadougou,
puis à l’université d’Abidjan où il obtient un
master en Sciences physiques. Professeur de
Sciences physiques, Il est fondateur de plusieurs
écoles privées dont le Cours Privé Marie Curie
et l’Ecole Supérieure Polytechnique Excelle à
Ouagadougou. Il est Président d’honneur de
l’association des fondateurs, porte-parole du patronat burkinabè et élu
consulaire à la chambre de commerce,


RESUME L’auteur, avec une sincérité touchante, retrace dans ce livre les
espoirs, les réussites mais aussi les épreuves difficiles, qu’il a traversées au
cours de sa vie militante, dans les organisations syndicales mais aussi dans
les partis politiques. Exclu définitivement de l’Université de
Ouagadougou, en sa qualité de leader du mouvement étudiant, qui a
participé activement à la grève-boycott de juin 1979, Il sera d’office
affecté au CEG de Dori. Dans la nuit du 30 avril 1980, il est accusé d’avoir
ventilé les tracts du Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque, PCRV. IL sera arrêté et transférer à OUAGADOUGOU. Après quelques jours passés au camp CRS, il sera embastillé à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. MACO