jeudi 3 mars 2022

Transition burkinabè, et CEDEAO?

 La charte de la transition adoptée le 2 mars par la constituante burknabè fixe la durée de la transition à 36 mois. Quelle est maintenant la suite? Est ce que la CEDEAO validera une telle durée? 

A mon avis oui! Pour plusieurs raisons. 

1- Les règles de transition convenues jusque là qui est de 18 mois ne pas être opposable aux autorités car cette durée avait été fixée dans une situation sécuritaire normale. Le seul objectif acceptable pour tous était la remise en l'Etat des institutions mises à mal par le régime passé. Or la réalité actuelle au Burkina est toute autre, on ne peut pas organiser des élections au niveau national en l'état actuel d'insécurité. Combien de temps va t on prendre pour ramener la sécurité et le retour des déplacés. Bien malin celui qui saurait le dire. Et la CEDEAO n'a aucune compétence pour fixer un délai. Elle ne peut s'en tenir qu'au délai fixé. 

2- En regardant la transition malienne, on se rend compte u'en 18 mois de transition, les autorités n'ont pas pu amener la sécurité sur l'ensemble du pays. vraisemblablement, on va vers l'option de leur accorder un supplément de 16 à 18 mois. La transition malienne aura alors une durée accordée de 32 à 36 mois. On conclut donc que les 36 mois ne sont pas excessives au vue du temps accordé au Mali

on verra! 

mercredi 2 février 2022

UNION GENERALE DES ETUDIANTS BURKINABE (UGEB)

 

L’UGEV : L’UNION GENERALE DES ETUDIANTS VOLTAÏQUES

a)    La structuration de l’UGEV

La structure fédérale  du mouvement étudiant est l’UGEV, Union générale des étudiants voltaïques. Une organisation créée par les associations des étudiants voltaïques en France AEVF et l’Association des scolaires voltaïques de Dakar ASV à l’orée de notre indépendance.

Entre 1975 et 1979 l’UGEV était constituée des sections implantées en France, à Dakar, à Niamey, en URSS, au Togo, et à OUAGA.

Le siège de l’Union est le même que le siège de l’AEVF et le comité exécutif de l’AEVF assumait aussi le rôle du comité exécutif de l’UGEV

Selon ses statuts, l’union devrait tenir un congrès tous les deux ans, et entre les- deux congrès se tenait un conseil d’administration.

Pendant la durée de mon séjour, l’UGEV a régulièrement mené ses activités.

Ma première participation à une instance de l’UGEV  a été le conseil d’administration d’août 1976. Il a été animé d’abord par Halidou Ouédraogo puis ensuite par Salia Sanou et autres. Ce qui m’a frappé le plus était la très bonne organisation de la session. Dans une très bonne discipline les participants prenaient la parole et faisaient le point de la situation qui a prévalu dans leur pays d’accueil depuis le dernier congrès d’août 1975.

b)   Les congrès et autres instances de l’UGEV

* Le VIIIe congrès d’août 1977.

Il s’est tenu dans l’amphithéâtre nouvellement construit de l’université de Ouagadougou. Mais l’ouverture officielle a eu lieu comme d’habitude à la maison du peuple.

Le congrès de l’UGEV était un événement attendu et suivi par le gouvernement et par la grande majorité des intellectuels du pays. C’était l’une des forces capables de faire une analyse sans langue de bois de la situation politique économique et sociale du pays et à travers le monde. Bien de gens attendaient ce moment pour pouvoir se faire une opinion sur l’Etat du pays. Le 8e congrès de l’UGEV n’a pas dérogé à la règle. Personnellement j’ai été édifié par la déclaration de politique générale DPG du comité exécutif de l’UGEV lu par SO Jean Baptiste. Des analyses qu’on ne pouvait entendre nulle part ailleurs ont été faites sur les luttes de libérations menées au Mozambique par le Frelimo, en Angola par le MPLA, en Afrique du Sud par l’ANC, en Guinée Bissau et Cap vert par le PAIGC, et dans bien d’autres pays lointains tels que le Cambodge, etc.

Sur le plan national, sans complaisance, la lutte des travailleurs pour de meilleures conditions de vie, celle des étudiants pour de bonnes conditions d’études ont été magnifiées.

Dans la salle, on n’entendait que les seules paroles de l’orateur. L’attention était extrême et à la fin du discours ce fut un tonnerre d’applaudissements. Les congratulations fusaient de toutes parts.

Place maintenant aux travaux du congrès qui comme je l’ai dit s’est déroulé dans l’amphi nouvellement construit de l’université de Ouagadougou.

Le programme bien huilé de tous les congrès s’est déroulé de la manière suivante : d’abord le rapport du comité exécutif, suivi du rapport des sections, puis enfin les travaux de commission et enfin la clôture.

La grande particularité de ce 8e congrès était l’adieu de certains ténors du mouvement étudiant en fin d’études. Le plus célèbre d’entre eux étant Drissa Touré. Je ne le connaissais pas physiquement mais bien entendu, j’avais entendu parler de lui. Touré Drissa fait partie de ces grands militants de l’UGEV, qui ont lors de l’historique 5e congrès de l’UGEV tenu en 1971, défini la ligne politique, anti-impérialiste  de l’UGEV. Il a particulièrement contribué à structurer et à stabiliser l’UGEV. Pour cela, il bénéficiait d’une grande considération au sein du mouvement étudiant.  La dernière section à s’inscrire sur la liste des intervenants après la lecture du rapport du congrès fut l’AEVF. Je me suis demandé si cela n’avait pas été fait exprès pour que Drissa Touré soit le dernier à intervenir.

C’est dans un grand silence qu’il prend la parole, il fut long mais pas ennuyant du tout. On sentait une sorte de ferveur, une adoration,

En d’autres termes, on aurait pensé à un gourou en train de s’adresser à ses fidèles

A la fin ce fut un tonnerre d’applaudissements

De grandes questions agitaient alors le mouvement étudiant.

Sur le plan national, il s’agissait de déterminer le lien qui pouvait exister entre le mouvement révolutionnaire étudiant et des organisations telle que la LIPAD qui se réclamait aussi du mouvement révolutionnaire. Après avoir analysé leur manifeste, l’UGEV va constater que sur bien des points politiques  elle a des divergences avec la LIPAD.

En effet, par rapport à l’analyse des forces en présence dans notre pays,  l’UGEV n’est pas en accord avec la LIPAD. Elle ne caractérise pas les chefs traditionnels de » vestiges »  des  forces féodales. Or l’UGEV  estime que cette force est en déclin et donc à terme va disparaître.

Sur la caractérisation de la révolution, l’UGEV a défini la révolution dans notre pays comme étant une Révolution Nationale Démocratique et Populaire « RNDP » alors que la LIPAD la définit comme étant une Révolution Populaire de Libération Nationale « RPLN ». L’UGEV estime que la LIPAD en occultant le caractère national et démocratique commettait une grave erreur.

Sur le plan international, alors que la LIPAD cherche à s’allier avec l’URSS. L’UGEV estime que ce pays est une superpuissance impérialiste qui a abandonné la ligne révolutionnaire et opprime d’autres peuples à travers le monde.

Comme on peut le voir les divergences sont profondes et larges. L’UGEV va alors qualifier la LIPAD de NCR nouveau courant réformiste. C’est clair, c’est un rejet catégorique de la demande d’alliance exprimée par la LIPAD et par voie de conséquence de la  participation de ses membres aux activités de l’UGEV.

Sur le plan international, le congrès a renouvelé son soutien à l’Albanie dirigée par Enver Hoxha comme un bastion inexpugnable de l’anti-impérialisme. Par contre il a condamné sans appel la nouvelle théorie réformiste des  trois mondes développée par Deng Xiaoping. Ce dernier a développé la théorie des trois mondes : le premier monde est constitué de deux superpuissances États Unis et URSS, le deuxième monde étant les  autres puissances impérialistes constituées en grande majorité des pays occidentaux qui continuent à opprimer bien des peuples à travers le monde, et enfin le troisième monde que sont les pays du tiers monde dominés par les deux premiers. Pour Deng Xiaoping, il y a forcément une contradiction entre ces trois groupes. Les forces révolutionnaires du troisième monde  doivent profiter des contradictions entre les deux premiers mondes et pouvoir s’associer lorsque c’est possible avec les puissances impérialistes intermédiaires dans leurs luttes contre les deux super puissances.

Pour l’UGEV, l’Albanie, petit pays d’Europe, était le seul pays révolutionnaire du monde. Ce pays a rompu avec l’union soviétique après la mort de Staline et le processus déstalinisation mené par ses successeurs. De ce fait c’était le seul pays au monde qui se réclamait de Staline et continuait à le considérer comme un grand révolutionnaire et dont l’exemple doit inspirer les nouvelles générations. Il était dirigé par un parti communiste ayant à sa tête Enver Hoxha Ce dernier a écrit un livre » L'État et la Révolution « où il exposait sa vision du monde et sa ligne politique. Bien sûr il était de bon ton que tout militant anti-impérialiste cherchât à lire ce livre. J’ai pu m’en procurer  mais je dois avouer que sa lecture est ardue. Je ne suis pas sûr de l’avoir entièrement lu. Le congrès a donc encore une fois renouvelé son soutien à l’Albanie considéré le bastion inexpugnable de la révolution.

En guise de conclusion, le congrès  a invité les étudiants à continuer à défendre la ligne anti impérialiste dégagée lors du Ve congrès tenu en 1971.

Ce congrès m’a véritablement marqué. Au début, les thèses défendues par les responsables de l’AEVO étaient tout simplement pour moi des idées d’intellectuels sans engagement aucun. Mais après le congrès j’étais dans la conviction et prêt à défendre et à appliquer les directives dégagées par cette ligne anti-impérialiste.

* Le conseil d’administration d’août 1978.

Au cours de l’année scolaire 1977-1978  vers le mois de mars, un courant contestataire surgit d’abord au sein de l’AEVF puis va s’étendre aux autres sections principalement à Dakar et en Union soviétique. Ce courant, qui s’est dénommé Mouvement du 21 juin en abrégé  M21,  était principalement animé par Valère Some, Basile Guissou, Alain Zougba, etc…Les tenants de ce nouveau courant remettent en cause la ligne politique jusque-là défendue par l’UGEV et dénonce du même coup des pratiques qu’ils jugent contraires à l’esprit révolutionnaire.

Les contestataires estiment que le mouvement étudiant en refusant de définir la classe dirigeante de la révolution et en lançant des mots d’ordre stratégiques tels que l’intégration aux masses populaires  s’arroge en réalité un rôle qui ne lui est pas dévolu. Les contestataires dans leur manifeste nomment le parti communiste, le parti du prolétariat comme étant le parti qui doit conduire la révolution. C’était une nouveauté effectivement dans le mouvement étudiant. Jusque-là, l’UGEV estimait qu’il ne revenait pas au mouvement étudiant de dire qui va diriger la révolution.

Les contestataires vont également dénoncer les pratiques en cours à l’AEVF. En particulier ils remettent en cause la discipline en cours dans la cité universitaire de Poniatowski, le servilisme vis-à-vis des dirigeants qui empêchait les militants d’avoir de l’initiative ou des idées personnelles sur les préoccupations des étudiants. Ils se gaussent de la formule obligatoire « je suis fondamentalement d’accord avec le comité exécutif »  qu’on se devait de dire au début de toute intervention en assemblée générale. Et bien d’autres pratiques établies.

A Ouaga, nos leaders que sont les Koniba Traoré et autres ont porté à notre connaissance les tracts ventilés par le groupe de contestataires. Ils vont qualifier ces contestataires d’éléments opportunistes qui veulent abandonner la lutte pour intégrer les pouvoirs réactionnaires. Pour dissimuler leur dessein, ils se camouflent derrière des propos extrêmes qui en somme constituent une fuite en avant. Comme tous les éléments opportunistes, ils seront combattus. Une réponse à leur manifeste ordurier fut rédigée par la direction de l’AEVO et ventilée dans les autres sections. C’était une réplique point par point à toutes les idées avancées.

Un nom fut donné à ce  groupe, il s’agit du nouveau courant opportuniste liquidateur NCOL.

Le Conseil d’Administration aux termes de ses travaux s’arc-bouta sur sa ligne politique et renouvela sa foi en l’inéluctabilité de la RNDP dans notre pays. Le mot d’ordre stratégique « d’intégration aux masses populaires » a été reconduit. L’objectif affirmé étant d’aider les masses populaires à prendre conscience de leur situation de dominées et de la nécessité de lutter pour bouter hors de notre pays l’impérialisme international aidé par ses valets locaux.

Ce conseil d’administration a raffermi davantage notre foi en notre ligne politique et surtout resserré les rangs autour du comité exécutif afin de faire face aux attaques que ne manqueront pas de lancer contre nous le NCOL. Il fallait continuer le travail d’explication auprès des étudiants afin qu’ils ne se laissent pas appâter par les théories contre-révolutionnaires du NCOL.

Le CA, après avoir dénoncé les difficiles conditions que nous impose le gouvernement réactionnaire, exhorte les étudiants à resserrer les rangs afin d’engager les batailles qui permettront d’obtenir de bonnes conditions d’études.

* Le IXe congrès tenu en août 1979.

Ce fut le congrès de la scission et aussi mon dernier congrès.

Malgré la réplique ferme donnée par les militants aux tentatives de réforme de la ligne politique de l’UGEV, les tenants du NCOL ont continué leur  travail de débauchage des étudiants au cours de l’année. La plupart des sections ont été secouées.

Le décompte fait montrait que la section  d’URSS, l’AEVUS,  était entièrement acquise au NCOL, la section de Lomé, l’AEVT, a subi de très fortes pressions tant intérieures qu’extérieures, mais nous avions eu l’assurance qu’elle restait dans notre camp.

La section de Dakar, l’ASV, était théoriquement acquise à la cause du NCOL, mais aucune assemblée générale n’avait entériné ce ralliement. Seul le comité exécutif se prévalait de leur appartenance au camp réformiste liquidateur. Il était de coutume que l’ASV organise une assemblée générale à Ouagadougou avant la tenue des instances nationales de l’UGEV.

Nos camarades fidèles de l’ASV étaient convaincus que le comité exécutif était isolé de la base et que la grande majorité des étudiants de Dakar étaient sur la position défendue par le comité exécutif de l’UGEV. L’assemblée générale en préparation était une occasion inespérée pour démontrer l’opportunisme du comité exécutif de l’ASV.

Comme toute assemblée les militants sincères ont préparé l’AG de l’ASV. Il a été convenu qu’une motion de confiance allait être introduite sur la position défendue par les tenants du NCOL. Comme il est également de coutume, les militants des autres sections de l’union pouvaient participer à toute activité d’une section donnée.

L’assemblée générale de clarification de l’ASV

L’assemblée Générale de l’ASV s’est tenue dans la grande salle de la Rotonde, siège de l’aumônerie catholique des élèves et étudiants de Ouagadougou. Elle était présidée par Bazoug et Gosava tous deux membres du comité exécutif de l’ASV. Il y avait du monde dans la salle, preuve de l’importance accordée, par les étudiants,  à cette AG.

L’ordre du jour était axé sur le rapport d’activité du comité exécutif à soumettre au congrès. Il faut remarquer que l’assemblée générale de Ouagadougou était la seule possibilité de réunir au même endroit les militants de Dakar. A l’époque le gouvernement de Senghor avait interdit la tenue des assemblées générales d’étudiants, afin de les empêcher de se concerter pour mener d’éventuelles  actions de protestations d’envergure. Pour maintenir un lien entre les étudiants et avec leurs dirigeants, on avait introduit le concept de la cellule qui regroupait 4 à 5 étudiants. Les préoccupations des étudiants, et l’analyse de la situation nationale étaient faites dans ces cellules. Cette initiative organisationnelle a permis de maintenir une cohésion  et de maintenir la flamme Anti impérialiste chez les étudiants de Dakar.

Dès que Bazoug a fini de lire son rapport, Sidibé, un militant resté sur la ligne de l’UGEV lève la main  et demande à introduire une motion.

La parole lui est donnée et il lit sa motion. Dans son développement, il explique que le  rapport que le comité exécutif venait de lire  est totalement contraire à la ligne défendue par la majorité des cellules de Dakar. Il estime que le CE adonc trahi les aspirations des militants de l’ASV et a failli à sa mission première qui est la défense intransigeante de la ligne politique et idéologique de l’UGEV. Par conséquent il exige la destitution immédiate du dit comité exécutif.

C’est sous des applaudissements nourris ayant valeur d’adhésion à la motion  qu’il finit la lecture. C’est donc clair, le comité exécutif est à l’instant même démis. Des militants exigent la mise en place séance tenante d’un comité exécutif chargé de rédiger un autre rapport et de conduire la délégation de l’ASV au IXe congrès de l’UGEV.

Évidemment, Bazoug et Gosava refusent  de se soumettre à cette sommation et contestent la légalité de la procédure, et crient au putsch.  Dans un brouhaha immense, un débat, sur cette question,  s’instaure entre Le CE démis ayant quand même une poignée de soutiens et les motionnaires. Mais dans l’impossibilité de s’imposer à l’assemblée, Bazoug et Gosava vont quitter la salle, en déclarant refuser, par cette sortie, de cautionner un putsch. Personne d’autre ne les a suivis dans cette fuite.

Le calme revint alors dans la salle. Par consensus, un comité exécutif provisoire a été mis en place, chargé de rédiger le rapport au congrès et d’y conduire la délégation de l’ASV.

On peut effectivement se poser la question de la légalité d’une motion qui destitue un comité exécutif régulièrement installé par les étudiants à Dakar. Aucun texte organisant l’ASV n’a prévu cela. Mais le mode d’organisation des étudiants de Dakar ne permettait pas la libre expression des opinions. L’organisation dans des cellules comme dans une organisation communiste clandestine, favorisait le point de vue des dirigeants qui d’une certaine manière imposait leur diktat aux autres. L’UGEV prônait le centralisme démocratique. Selon ce concept, un lien dialectique existait entre les deux voies que sont le centralisme et la démocratie. En fonction des circonstances, la direction pouvait utiliser une des voies pour prendre une décision. Lorsque l’environnement était favorable à l’expression démocratique, il fallait forcément consulter la base avant toute décision importante. Mais lorsqu’il était impossible de réunir la base, la direction avait le droit de prendre une décision quitte à informer la base le moment venu. Le comité exécutif de l’ASV prenant prétexte de l’environnement peu favorable aux organisations d’étudiants à dû user du centralisme pour introduire leur ligne opportuniste à Dakar. Il était donc légitime pour les autres de tenter un coup de force pour renverser la vapeur. Visiblement ce scénario n’avait pas été prévu par le NCOL d’où sa débandade en quittant la salle.

Mais quitter la salle, ne pouvait pas signifier pour Bazoug et Gosava, abdiquer. Ils iraient certainement au congrès de l’UGEV,  en se prévalant du titre de dirigeants et en prétendant être investis de la légalité et de la légitimité.

Le congrès de l’UGEV s’annonçait des plus durs. Au moins une section se présenterait avec deux délégations. Sur quelle base, le comité exécutif de l’UGEV, désignerait la délégation légale ?

La séance plénière de l’UGEV.

La séance plénière a eu  lieu à la maison du peuple, tout comme  l’ouverture solennelle du congrès. La salle de 3000 places  était presque pleine.

A l’heure exacte pour les débuts des travaux, le président du comité exécutif de l’UGEV, So Jean Baptiste, secondé par Lansina Konaté, ouvre les travaux. Le premier acte a consisté à vérifier le quorum par l’appel des sections et la vérification de leur mandat.

A l’appel de l’ASV, deux voix dans la salle répondent « présent ». Les hostilités qu’on attendait venaient d’être ouvertes.

Le comité exécutif demande alors aux délégations de justifier leur mandat. Le 1er à prendre la parole fut Sidibé favorable au CE de l’UGEV actuel. Il expliqua qu’il tirait sa légitimité de l’assemblée générale de l’ASV tenue récemment à Ouagadougou. Assemblée qui a destitué le CE ancien pour forfaiture car défendant une ligne politique qui n’est pas celle définie par une instance souveraine des étudiants de Dakar. Ces explications soulevèrent de longs applaudissements nourris dans la salle.

C’était au tour des tenants du NCOL de prendre la parole. Mais des huées et des cris s’élevèrent dans la salle les empêchant de s’exprimer. Ils tentèrent à plusieurs reprises de parler mais impossible. Alors de guerre lasse, après une rapide concertation la délégation décida de quitter la salle, suivie par une partie de la délégation de l’AEVUS et quelques éléments de l’AEVF

Voilà,  la scission de l’UGEV est ainsi consommée. Dorénavant il existait deux organisations qui allaient réclamer la représentativité du mouvement.

Tous les brouhahas ont cessé dans la salle. On n’entendait que la voix de So Jean Baptiste. Essayant de faire une  analyse de la  situation  nouvelle qui venait de se créer. La tension était palpable. Des questions me taraudaient l’esprit. Aurions-nous pu éviter cette scission ? L’UGEV ne va-t-elle pas perdre une partie de sa crédibilité ? Le travail de mobilisation sur les campus ne sera t-il pas plus difficile avec deux organisations d’étudiants ?

C’est sûr Les opportunistes de tout poil vont en profiter pour mener des actions de déstabilisation des organisations révolutionnaires d’étudiants.

Il fallait à partir de maintenant redoubler d’ardeur dans le travail de sensibilisation des étudiants, de défense intransigeante de leurs intérêts, de travail de conscientisation des masses populaires afin de contribuer à  libérer notre peuple des jougs de l’impérialisme international, etc.

Mais moi et mes camarades de lutte au sein de l’AEVO, ne savions pas que nous participions ainsi à notre dernier congrès. À la rentrée d’octobre 1979, nous serons exclus de l’université de Ouagadougou. Certains pour un an, d’autres définitivement et je faisais partie de ce dernier  lot.

lundi 16 août 2021

YEMBILA ABDOULAYE TOGUYENI

Yembila Abdoulaye TOGUYENI
1er Recteur de l'Université de Ouagadougou (Aujourd’hui Université JKZ) 
de 1974 à 1983

Yembila A. TOGUYENI est né vers 1933 à Fada N'Gourma.
Après des études primaires dans sa ville natale, il est admis à l’école primaire supérieure EPS de Niamey en 1946.  En ce temps, le territoire de la Haute Volta avait été supprimé, et le cercle administratif  de Fada N’Gourma, rattaché au territoire du Niger. 
Après Niamey où il obtient son brevet d'étude du 1er cycle, il fréquentera successivement Katibougou au Soudan (Mali) puis William Ponty au Sénégal où il obtient la deuxième partie du  baccalauréat en 1953. 

Après un an à l’Institut des Hautes Etudes (IHE) de Dakar, il bénéficie alors d’une bourse au mérite pour poursuivre ses études en France. Il s'inscrit à l’Université Paul Sabatier de Toulouse.  Il y décroche sans peine, plusieurs diplômes dont le Diplôme d'Etudes Supérieures DES en 1959, qui lui ouvre les portes d'enseignant du supérieur. 
Il est recruté la même année comme 1er Assistant Africain de la seule Université francophone de l'Afrique de l'Ouest; l'Université de Dakar.
En 1966, il soutient à la faculté des Sciences de l’université de Dakar, sa thèse de Doctorat d’Etat intitulée « Contribution à l’étude de l’effet Peltier » et obtient ainsi le titre de physiques docteur-es-sciences. Il est de ce fait le 1er Burkinabè à avoir soutenu une thèse de doctorat d’Etat, toutes matières confondues. 
Il gravit au sein de cette université tous les échelons pédagogiques (Assistant, Maitre-Assistant, Maitre de de conférence), et atteint en 1972, le grade de Professeur sans Chaire.

Sur le plan administratif 
En 1968, Il est nommé chef du département de Physique de l’Université de Dakar. 
En 1970, il devient Directeur de l’Institut de Physique Météorologique (IPM) de l’Université de Dakar à HANN/Dakar. 

Yembila Abdoulaye TOGUYENI « nationaliste » authentique.

En 1947, à la reconstitution de la Haute Volta, il est élève à l'école primaire supérieur de Niamey. A l'annonce de la reconstitution de la Haute Volta, à la tête ses camarades venant de la région de l’Est, ils écrivirent une lettre au gouverneur du territoire pour réclamer leur retour immédiat en Haute Volta. Mal leur en prit car, le directeur de l’école, informé par le gouverneur de la hardiesse de ses élèves, va les convoquer et les sermonner sérieusement. Mais eux étaient convaincu de leur bon droit. 

En 1960, à l’accession du pays à l’indépendance, Yembila TOGUYENI était Assistant à l’Université de Dakar. Comme tous les Hauts cadres de l’époque, il avait trois choix possibles : Confirmer la nationalité française, ou prendre les deux nationalités (française et celle du territoire de naissance) ou opter pour la seule nationalité du territoire devenu indépendant. 

Yembila est l'un des rares africains à opter pour la seule nationalité de son pays d'origine. Il affirme haut qu'il est voltaïque et restera voltaïque. 

Une université sur le sol national voltaïque :  l’absolue nécessité 
Au début des années 70, les étudiants voltaïques inscrits dans les universités en d’Afrique sont confrontés à d'énormes difficultés. Ils sont expulsés des universités et pays où ils étudiaient (Dakar, Abidjan, etc…)  On leur reprochait leur grand dynamisme dans les mouvements étudiants et leur esprits revendicatifs.

Les étudiants et les leaders de tout bord ont alors réclamé au gouvernement l’érection sur le sol national d’une université.  

L'enseignement supérieur en Haute Volta était encore embryonnaire. Le CESUP ; centre d'enseignement supérieur de Ouagadougou ne dispensait que des enseignements de lettres et ne formaient que des gestionnaires niveau DUT. 
Il fallait coûte que coûte ouvrir sur le sol national une université. 

Qui peut conduire à termes une telle entreprise ? Un nom s'impose à tous, le seul voltaïque ayant les qualifications nécessaires : Yembila Abdoulaye TOGUYENI, Docteur d’Etat ès sciences et Professeur confirmé et expérimenté à Dakar. 
Que faire pour le convaincre de rentrer au pays ?? On voyait déjà toutes les difficultés à surmonter dont notamment la rémunération. En effet Yembila Abdoulaye TOGUYENI est dans une université dont les enseignants sont rémunérés par la France. La Haute Volta n’est pas à même de lui proposer le même niveau de rémunération. Allait il vouloir perdre une grande partie de ses revenus et accepter la modique rémunération que l’Etat voltaïque est à même de lui offrir ? 

Au cours d'un voyage officiel à Dakar en 1973, le président Sangoulé Lamizana demande à rencontrer son compatriote et au nom de l'intérêt national lui demande de rentrer au pays pour mettre en place et construire le système d'enseignement supérieur de la Haute Volta. 
Devant une requête formulée par la plus haute autorité de son pays, Yembila TOGUYENI n’a pas hésité un seul instant. Conscient des sacrifices qu'il devrait fournir, et convaincu de son devoir de contribuer à la construction nationale, il donne son accord. Il rentrera au pays ! 

En 1973, Yembila Abdoulaye TOGUYENI est nommé Directeur Général de l'enseignement supérieur et cumulativement Directeur Général du CESUP.

Dès sa prise de fonction, il va s'atteler à la restructuration du CESUP en créant : 
 
• L'Institut Supérieur Polytechnique de Ouagadougou ISPO chargé de former des ingénieurs et techniciens dans tout domaine indispensable au développement de la Haute volta. En particulier dans le développement rural : ingénieurs des eaux et forêts, ingénieurs d’élevage et ingénieurs de l'agriculture 
Il va négocier et obtenir des propriétaires terriens de GAMPELA, un domaine de près de 462 ha qui va servir de centre expérimental.

En 1974, le CESUP est transformé en université et prend la dénomination de " Université de Ouagadougou".  Et le Pr Yembila TOGUYENI est nommé premier Recteur. 

L'Université de Ouagadougou va connaître une croissance fulgurante avec la transformation et la création de plusieurs écoles et instituts ou structures.
Des locaux sont continuellement construits pour faire face aux besoins des nouvelles écoles et instituts ouverts. 
Il arrive à convaincre et faire revenir au pays plusieurs jeunes titulaires du doctorat ou en passe de soutenir leurs thèses. 
Les professeurs Sib Sié Faustin, Kabore Issaka, Thiombiano Talardia, etc… vont rentrer au pays et contribuer à côté de leurs ainés à la construction de l’université. 

La jeune Université de Ouagadougou va s’imposer dans la sous-région et ailleurs comme une université de référence. Les étudiants continuant leurs études à l’extérieur vont se rendre compte de leur bon niveau. 
Ainsi : 

● En 1974, l'office du Baccalauréat est créé. Le baccalauréat qui était organisé jusqu'à cette date par l'université d'Abidjan relève désormais de sa compétence. 

● le Collège littéraire universitaire (CLU) va être transformée en Ecole Supérieure des lettres et des Sciences humaines ESLSH
• L’Institut Universitaire de Technologie IUT va s’agrandir :
Les années suivantes plusieurs autres instituts et écoles vont s’ouvrir
• En 1975 : Création de l'Institut de Mathématique et de Sciences Physique (IMP), chargé de former des enseignants de mathématiques et de Sciences physiques et de préparer l’accès des étudiants aux grandes écoles d’ingénieurs à travers le monde
• En 1975 Création de l'Ecole Supérieure des Sciences Economiques (ESSEC) chargé de former des économistes et des planificateurs de développement
• En 1976 Création de l’Ecole supérieure de droit (ESD), 
• En 1977 création de l’Institut National de Formation et des Etudes Cinématographiques (INAFEC),
• En 1980 Création de l’Ecole Supérieure des Sciences de  la santé (ESSSA) chargé de former des médecins, des pharmacies et tout le personnel médical de niveau supérieur
• Etc…

Comme on peut se douter la création de tant d’écoles en un laps si court, mais néanmoins conforme aux besoins du pays demandaient de grands talents de la part du premier responsable sur tous les plans.  
 Capacité de mobilisations des ressources financières 
En tant que premier responsable, il fallait négocier non seulement avec les autorités nationales, mais aussi avec les bailleurs de fonds internationaux pour obtenir le financement de tant de projets. 
Dans ces négociations, la confiance des bailleurs aux premiers responsable est fondamentale, pour obtenir leur adhésion. Et les bailleurs lui faisaient confiances !!!
 Capacité de gestions de fonds dont l’université avaient dotés car l’université était dotée d’une large autonomie de gestion financière. 
 Capacité de gestion des hommes
 Bonne vision des attentes du pays en matières de formations et de développement. 
Yembila TOGUYENI avait une bonne perception des formations qu’il fallait à mettre en place dans son université afin que les sortants soient des acteurs à même d’impulser un développement soutenu du pays. 
C’est ainsi que dès son arrivée il a crée l’ISPO puis par la suite les autres instituts et écoles
 Capacité de tisser de solides relations de partenariat
Yembila TOGUYENI est arrivé à signer un partenariat avec l’Université Libre de Bruxelles (ULB) pour ouvrir L’Ecole de Droit de l’Université de Ouagadougou
Il noue des partenariats avec des universités Nord-Américaine comme l’Université An Arbor du Michigan, l’Université d’Alabama, l’Université d’Auburn 
 Etc
Et sur tout le temps de sa gestion, Yembila TOGUYENI a montré qu’il était doté de ses capacités
Le professeur Yembila TOGUYENI a réussi sa mission lorsque on se réfère aujourd’hui au niveau atteint par nos universités. 
En 1983, en désaccord avec les nouvelles autorités du pays, il démissionne de ses fonctions de recteur et de Directeur Général de l’Enseignement Supérieur. Quelques temps après il est dégagé de la Fonction Publique. 
Il est alors d’abord recruté, en tant que Professeur associé étranger, par l’Université Paris XII Créteil,  puis par l’Ecole Normale Supérieure d’Abidjan en Côte d’Ivoire. 
En 1991, il sera réhabilité par l’Etat du Burkina Faso, qui reconnaitra l’avoir brimé et le réinstallera dans ses droits. Il sera par décret présidentiel nommé, à sa retraite  Professeur Honoraire c’est-à-dire Professeur titulaire à vie de l’Université de Ouagadougou

lundi 22 mars 2021

Réintégrer l'élève BAYALA

LA JUSTICE ORDONNE LA REINTEGRATION DE L'ELEVE BAYALA T ROGER DU LYCEE PROVINCIAL DE REO EXCLU PAR SON LYCEE POUR ABANDON.

Cette décision de justice inédite interpelle chacun de nous « acteur de l'enseignement ».
Je donne mon point de vue pour alimenter le débat afin d'améliorer la gestion de nos établissements.
De quoi s'agit-il ?
L'élève Bayala Roger, du lycée provincial de Réo, est un élève irrégulier selon les comptes rendus faits par la presse.   Après la rentrée des classes, il ne s'est présenté que le 28 octobre 2020, pour ensuite disparaître et ne revenir qu'après le 22 novembre 2020. L'administration de l'établissement lui refuse l'accès à sa classe au motif qu’il a été déclaré en situation d’ « abandon » et que par conséquent il n'est plus un élève de l'établissement. 
L’élève Bayala conteste la décision et saisit le tribunal de Koudougou qui après jugement ordonne la réintégration de l’élève et le paiement par la direction du lycée d’une somme de 750 000Fcfa. 
En tant que chef d'établissement, je connais bien ce problème pour avoir été, à plusieurs reprises confrontées à des cas d’absence de longue durée. 
Le règlement intérieur des établissements d’enseignement secondaire stipule en son article 19, que « toute une absence aux cours d’au moins 30 jours consécutifs non justifiés est synonyme d’abandon ». 
Pourquoi donc la justice a déclaré l’exclusion de l’élève irrégulière, alors qu’il totalise un nombre important de jours d’absence ? Est-ce à dire que les dispositions du règlement intérieur n’ont pas été respecté ? Pourquoi alors ?
 
1- Le compte rendu fait par la presse, montre que l’élève à aucun moment n’a totalisé 30 jours consécutifs d’absence 
2- L’article 19, ne me parait pas suffisamment détaillé sur les démarches à effectuer par le directeur pour arriver au constat d’abandon.  De plus, les dispositions à prendre pour matérialiser ce constat ne sont pas spécifier. Je le dis, parce que avec mes directeurs, nous avons échangé longuement avant de parvenir à adopter une procédure de constat d’abandon. Car le constat des 30 jours d’absences ne nous paraissaient pas suffisant pour déclarer un élève en situation d’abandon. Que ferions-nous si un élève absent depuis plus d’un mois revient et nous explique que ses parents ont été obligé de le conduire au village pour le soigner et qu’il n’avait aucun moyen de communication pour joindre l’établissement ?  Alors pour éviter qu’on ne nous fasse un jour une mauvaise querelle, j’ai demandé que le directeur soumette les cas d’abandon à un conseil de discipline qui statuera. 
3- Quelques enseignants récalcitrants ne remplissent pas régulièrement tous les cahiers mis à leur disposition dont notamment le cahier d’absences. On le constate, dans le cas de Réo, bien que l’élève ait été régulièrement absent, le cahier d’absences ne mentionnait que seulement 5 absences. 
4- Le faible niveau de formations des chefs d’établissement. Il y a bien longtemps que nous avons participé à des séminaires de formation continue.  Toutes les règlementations ne sont pas maitrisées par la plupart des chefs d’établissements.  Or la fonction de chef d’établissement devient de plus en plus complexe au regard des défis nombreux qui se posent à nous. 
Partant de cela, je pense qu’il faut revoir le règlement intérieur en affinant les procédures de prise de décision. Ainsi par exemple, on introduirait une disposition qui stipule qu’aucun élève ne peut être déclaré en situation d’abandon sans qu’au préalable les parents aient été entendu sur les motifs de cette absence.

mercredi 17 février 2021

Faut il négocier avec les terroristes ,???

Le premier ministre du Burkina Faso, à l'occasion de sa déclaration de politique générale DPG  faite devant la représentation nationale et répondant à une question d'un député n'exclut pas de négocier avec les terroristes. 
Il se justifie en remarquant que tout conflit finit forcément sur une table de négociation. Et d'ajouter que même les grandes puissances négocient.
S'il faut négocier, il y a des questions préalables à régler:
1- Avec qui négocier? Qui peuvent être  les interlocuteurs crédibles et représentatifs?
2- Sur quoi vont porter les négociations? Les protagonistes d'en face ont ils des revendications spécifiques? 
Je vais dans les lignes qui suivent donner mon point de vue sur ces deux questions. 
1- Avec qui négocier?
a- quels sont les  groupes qui attaquent le Burkina 
■ Les groupes extrémistes religieux affiliés organisations terroristes internationales.
Les occidentaux ont identifié des organisations islamistes extrémistes qui  mènent des guerres à travers le monde. Elles ont pour nom, Daesh, Groupe islamique armé (GIA), Jama'a al-Islamiyya, Djihad islamique, Al-Qaïda, Ansar-dine, etc. 
Quelques uns de ses groupes ont crée des sections en Afrique de l'Ouest, dont principalement:  
- le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-qaida et dirigé par Iyad Ag Ghali. 
- l'Etat Islamique 
- Etc....
Les attaques de Janvier 2015 qui ont fait plus d'une trentaine de morts ont été revendiqué par Al-qaida et l'attaque de l'Etat Major général des armées a été revendiqué par le GSIM. 

Quelles sont les raisons de ces attaques?

Al-Qaïda  qui a attaqué le 15 janvier 2015, et le GSIM disent qu'ils nous attaquent à cause de nos liens avec les puissances occidentales et particulièrement la France. C'est donc une sorte de punitions qu'ils nous infligent en espérant nous pousser à rompre nos relations avec l'occident et donc profiter pour s'implanter sur nos territoires.
Certains groupes qui attaquent les écoles intiment l'ordre aux enseignants de cesser de donner les cours en Français au profit de l'arabe. Cela sous entend qu'il ne veulent pas voir installé des religions autres que l'Islam. Ils souhaitent donc une islamisation des régions ou ils mènent leurs attaques. 
■les groupes armés locaux 
Ces groupes n'ont pas forcément un lien organique avec les organisations terroristes internationales même s'il n'est pas exclu qu'ils sont influencés par eux. 
Je les classe en deux sous catégories 
- les bandits de grands chemins 
- les révoltés ou les laisser pour compte de la société.

Bien avant les attaques islamistes, de grands bandits écumaient déjà ces régions et se signalaient par des attaques à main armées pour dépouiller les villageois ou des voyageurs de leurs biens. 
Bien de routes au Burkina n'étaient pas sûres. Le gouvernement a du mener plusieurs fois des ratissages pour les éliminer et assurer la sécurité des populations. 
Après les attaques islamistes sur Ouagadougou et au Nord, les attaques contre les populations civiles ont continué. Mais les motifs ont changé. On parle maintenant d'attaques islamistes. 
Pour moi, ce sont nos bandits de grands chemins, qui ont changé d'appellation et de revendications. 
On peut imaginer que ces groupes de bandits soient encadrés par les groupes islamistes. 

une fois identifié les groupes terroristes, il faut identifier ceux qui ont des motivations ou des revendications qui peuvent être mises sur une table de négociations. 

A mon avis, les groupes antenne de  l'international islamiste, ne sont pas des groupes avec qui négocier. les attaques qu'il mènent sont planifiés à un niveau international. 
Pour mois, il n'y a pas de possibilité de parvenir à un accord avec les groupes liés à Al-Qaida, Daesh, et autres. 

il reste les groupes issus de la transformation des grands bandits 

Leurs membres sont quelques fois, des marginaux de la société.
- ils sont resté hors du systèmes scolaires
- ils n'ont aucun avenir dans leur communauté de base
- ils ont quelques fois des affinités avec des cadres 
- Etc...

Sur quoi vont porter les négociations?

Au préalable, il faut s'assurer de l'adhésion des cadres qui ont des liens avec ces grands bandits. ces cadres serviront d'intermédiaires avec eux 
Puisqu'ils n'ont pas a priori des revendications territoriales ou religieuse, tout est possible alors avec eux
la première des offres est de leur donner les moyens de s'insérer convenablement dans la société. 
La deuxième des choses est de scolariser tous leurs enfants aux frais de l'Etat. 
L'Ecole crée les conditions de mixité et d'insertions