samedi 5 juillet 2025

Esupex en chantier

Régulièrement, Esupex est en train de s'agrandir.
De nouvelles filières et un nouveau statut en perspectives. 
Commencé le 15 novembre 2024, le chantier est en cours de finition. Les techniciens estiment qu'ils pourront nous livrer le bâtiment en fin juillet 2025.
Cette phase qui se limite au RDC comportera un amphithéâtre de 150 places,  deux autres classe de 100 places assises, une salle de réunion, des bureaux pour l'administration et les professeurs. 
Ces infrastructures permettront à Esupex d'augmenter de façon significative ses offres de formation. 
Ainsi donc il est prévu sa mutation d'école supérieure en Université. 
En plus du domaine de formation " Sciences et technologie" on aura deux ou trois autres domaines: Droit et Sciences juridiques, finances,  gestion  et comptabilité, etc...
C'est un gros challenge et le Fondateur est déterminé à le réussir. 

Fuite au BEPC 2007

ENCORE UNE FRAUDE AU BEPC

« Le pétrole a coulé au BEPC 2007 », ou en d’autres termes, il y a eu fuite des sujets : des candidats étaient en possession des épreuves bien avant le début des épreuves.

Il semble que la fuite est très importante ; près d’une quarantaine de candidats, principalement dans les villes de OUAGADOUGOU et de BOBO-DIOULASSO ont été appréhendés dans les salles d’examen en possession des corrigés des sujets qu’ils étaient en train de traiter. Il est sûr que ceux qui ont été pris ne sont pas les seuls tricheurs. Le nombre de candidats concernés est beaucoup plus important. Ceux qui ont été appréhendés sont les candidats les plus faibles ; incapables de mémoriser les réponses. Ils étaient obligés de garder sur eux les réponses.

Le gouvernement a décidé de reprendre les épreuves de mathématiques et de sciences physiques dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Cette limitation semble arbitraire, car on n’a pas attendu les résultats des enquêtes menées par la police pour situer l’ampleur de la fraude. Peut être des questions financières qui ont guidées les autorités dans la limitation de la reprise.

Mais cette reprise a elle aussi été entachée de fraudes, des témoignages dignes de foi ont indiquent que les sujets circulaient dans la ville, la veille de leur reprise.

Comment cela a-t-il été possible ? est ce à dire que l’organisation de nos examens est complètement pourri ?

C’est quand même trop. Il y a nécessité de situer très rapidement les responsabilités et prendre les sanctions adéquates et éviter la spirale de la dégradation continue.

Il ne doit pas être permis d’entacher la crédibilité de notre système éducatif.

C’est vrai que la fraude gangrène bien des secteurs de notre société, mais les conséquences d’une fraude généralisée dans notre système éducatif est lourde de conséquences. Si les diplômés qui sortent de nos écoles ne sont méritants, quelles actions valables peuvent ils mener pour le développement de notre pays.

Ce n’est pas la 1ère fois que « le pétrole coule » ainsi au Burkina Faso.

Quand je passais mon BEPC en 1972, un agent du service des examens et concours avait soustrait des épreuves, à l’insu de ses supérieurs pour les communiquer à ses amis et parents.

On se souvient qu’au BEPC de 1995, une fuite d’une très grande ampleur a été observée. Des explications données par les autorités ministérielles, il ressort que, tout serait parti d’un agent du service des examens qui a soutiré les sujets pour les donner à l’enfant d’un de ses amis candidat au BEPC. Ce dernier en a profité pour les vendre. De vente à vente, on est arrivé à cette situation qu’à la veille du BEPC, très peu de candidats n’avaient pas pris connaissance des épreuves.

L’agent fautif a été traduit en justice et licencié de la fonction publique. Les élèves fraudeurs ont été interdits d’examens pendant cinq ans.

Au BEPC 2000, c’est le fils d’un chef d’établissement qui après volé les clés du bureau de sa mère, et les clés de la cantine contenant les sujets, a ouvert les enveloppes, s’est emparé des sujets et les a distribuer à ses copains.

Au BEPC 2004, c’est un président de jury, qui a soustrait frauduleusement des épreuves et les a divulguées à ses amis, connaissances et élèves.

Et voilà qu’en 2007, un autre fuite est découverte. En attendant de connaître comment cela a pu survenir, toutes les personnes soucieuses de la crédibilité du système éducatif burkinabé sont choquées et se posent des questions.

Est-ce un fatalisme ? Ne peut on pas arrêter cette fuite récurrente des sujets ? Comment peut on expliquer l’existence des fuites et leur régularité ?

Les autorités ministérielles sont interpellées. Il y a d’autres examens qui se déroulent au Burkina Faso (BAC, CEP), mais on observe peu de fuites. Pourquoi sont ils peu concernés par les fuites ?

A mon avis l’existence des fuites peut s’expliquer principalement par les raisons suivantes : la faiblesse de l’organisation, le manque de rigueur des responsables dans le contrôle et le suivi des opérations de confection, de tirage, et de répartition des épreuves dans les jurys, la culture de la facilité et de la tricherie, le manque de conscience professionnelle et l’absence de morale de certains acteurs.

En analysant un peu l’organisation de cet examen, on se rend compte que une des failles du système qui a permis cette fraude est la question de la sécurité des sujets. En principe, les sujets doivent être dans un environnement sécurisé.

Dans tous les cas de fuite dont je viens de parler, au moins une règle de sécurité n’a pas été observée. Comment a-t-on pu permettre que le fils du chef d’établissement ait pu accéder aux enveloppes.

Pourquoi permet on à un président de jury d’accéder à tout moment aux enveloppes ? L’accès des sujets ne peut se faire qu’en présence de plusieurs personnes.

Ou était le responsable chargé du tirage lorsque l’agent chargé du tirage subtilisait des exemplaires des sujets ? peut on sortir comme on veut de la salle de tirage ?

Encore un fois les responsables sont pointés du doigt.

A-t-on défini de manière très précise, les attributions des agents de sécurité qui assurent la garde des sujets.

Les cantines ont-elles toujours placées sous la garde des agents de sécurité. ? En 2004, j’ai constaté personnellement que les cantines sont restées toutes une nuit sans surveillance.

Les directeurs auraient du montrer plus de rigueur, dans leur contrôle en s’assurant que sur toute la chaîne du BEPC, en allant de la conception à remise des épreuves aux élèves, les règles de sécurités sont observées.

Sinon comme une fatalité, il y aura toujours des fuites au BEPC.

Ne l’ayant pas fait, La responsabilité du ministère est engagée.

De plus en plus au Burkina Faso, les gens ne croit plus au mérite du à son travail personnel. Beaucoup de burkinabé croit que pour réussir il faut absolument être pistonné ou corrompre des agents.

J’en ai eu la preuve encore à l’occasion de cette fuite. Un jeune de mon quartier m’a dit à peu près ceci, « pourquoi n y aurait il pas fuite au BEPC ? La fraude est partout au Burkina , voyez la fraude lors des élections » j’ai tenté de lui faire comprendre que le système éducatif doit rester en dehors de ces fraudes. A son expression, j’ai compris qu’il en doutait.

Les gens vous disent que lorsque vous allez dans un service public, pour demander un service qui vous ait normalement du, il faut d’abord chercher à savoir si vous y avez des relations, sinon il faut soit corrompre soit s’attendre à un parcours de combattant pour obtenir le service.

Beaucoup de gens croient que pour réussir à un concours, il faut avoir soit acheter les sujets à l’avance, soit avoir une relation dans le jury qui inscrira votre nom au moment de la délibération.

Tout cela est il vrai ? Je pense qu’il y a un peu d’exagération, mais tout n’est pas faux.

Peu à peu s’installe au burkina faso, la culture de la tricherie et de la facilité.

Il ne faut donc pas s’étonner que des individus se trouvant dans le circuit du BEPC, soutirent frauduleusement des sujets pour les donner à des amis ou tout simplement les vendre.

Ces malfaiteurs ne sont même pas effrayés par la possibilité d’une sanction qui peut être aurait pu les dissuader.

Conscient d’avoir d’importantes relations dans le système politico administratif, ils sont sûrs d’échapper aux sanctions, ou au moins d’écoper de sanctions mineures.

C’est cette impunité dont bénéficie les malfrats qui alimente la fraude.

Moi ce qui me désole le plus est l’absence de morale de certains responsables. Tout quand même n’est pas permis.

Lorsqu’on a acquis une parcelle de pouvoir, la morale veut que vous fassiez tout pour préserver et promouvoir le système.

Quand alors on voit des responsables chargés de l’organisation du BEPC, être à la base de la fuite, on est sidéré. Le pays est il foutu ?

Non il faut un sursaut, les premiers responsables parce qu’ils sont justement responsables ne doivent pas laisser faire n’importe quoi. Comme ils le disent eux-mêmes c’est DIEU qui leur a donné le pouvoir, ils doivent donc avoir peur de DIEU et préserver l’intérêt supérieur de la nation.

Arrêtons à temps.

mercredi 4 juin 2025

Hommage à Salif Diallo PAN du Burkina

Salif Diallo est mort ce matin du 19 août 2017 . Quelle triste nouvelle. Je suis peiné. Je l'ai connu sur le campus de l'université de Ouaga en 1978. Suite à une grève suivie du boycott des examens en 1979, nous avons été exclus de l'université. Avec  courage et une grande détermination, il s'est rendu à Dakar pour y poursuivre ses études. C'est donc  un camarade avec qui j'ai lutté lorsque nous étions étudiants pour de meilleures conditions d'études et des idéaux qui nous étaient chers. J'avais beaucoup de sympathie et de respect pour lui. Il a eu une vie bien remplie faite d'engagement et de détermination à faire triompher ce en quoi il croyait. Il a su mener mener ces batailles politiques, sans peur et avec beaucoup de lucidité. Le résultat est qu'il a été très déterminant à des moments historiques de la vie de notre pays.  Son nom doit être gravé parmi les dignes fils du pays.
Je pense à sa famille et sa femme Chantal  très éprouvées, je suis de tout coeur  à côté d'elles dans cette épreuve difficile.
Je souhaite  que le président Roch enclenche un processus visant à lui  lui rendre tous les honneurs que la nation lui doit.
Repose en paix Salif

Une formation d'avenir (Master GEII)



 ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE EXCELLE (ESUPEX)

OUAGADOUGOU BURKINA FASO

Mail: excelle.bf@gmail.com

Esupex dispense des cours et délivre

le diplôme:

Master en Génie Electrique et Informatique Industrielle (GEII)

Compétence du titulaire en Master Génie électrique et Informatique Industrielle: 

Le titulaire du Master en GEII

  • Est un spécialiste des systèmes électriques et des systèmes automatisés de production.
  • Est capable d’optimiser la consommation énergétique de l’installation, assurer sa maintenance, intervenir sur les aspects relatifs à l’informatique industrielle.

Sa Formation lui a permis d’acquérir un socle de compétences en :

ü Électrotechnique,

ü Automatismes,

ü Réseaux et informatique industrielle

  • Les  titulaires du Master sont capables   de concevoir et de faire évoluer les systèmes automatisés de production dans un objectif de développement et d’innovation en milieu industriel.

Les capacités professionnelles associées à la spécialité sont :

  • Superviser et coordonner les réalisations, études et développements en informatique industrielle (collaborateurs, sous-traitants-
  • Etudier et améliorer la consommation énergétique d’une installation
  • Réaliser et améliorer la maintenance électrique d’une installation
  • Etablir un cahier des charges, sélectionner des fournisseurs, des prestataires et suivre leur réalisation.

 

Deux axes au choix du titulaire en Master Génie électrique et Informatique Industrielle :

ü Maintenance et e-maintenance des systèmes électriques et applications diverse

ü Informatique industrielle avancée et objets communicants.

Lors de sa formation, l’étudiant peut être amené à mener divers projets dont :

·         Projet ‘‘gestion des énergies’’ (simulation d’un smart-grid)

  • Projet ‘‘cellule de production’’ (programmation d’automates, réseaux, supervision, traçabilité de produits, robotique et vision)
  • Projet ‘‘TeleMaintenance’’ (e-maintenance, surveillance, diagnostic…) au sein du pôle régional S.mart.

STAGES INDUSTRIELS

Contrat d’apprentissage

Rythme d’alternance école / entreprise :

INTERNATIONAL

En 2e année de Master, un stage à l’étranger est un atout.

DÉBOUCHÉS

Tous les secteurs d’activité concernés par le Génie Electrique et Informatique Industrielle notamment :

  • Les transports : automobile, ferroviaire, aéronautique
  • La production de machines et équipements industriels
  • L’agroalimentaire
  • Les centrales électriques
  • Les industries  
  • Les industries agroalimentaires, de transformations, etc.
  • Les usines
  • Les immeubles

Type de métiers :

  • Ingénieur génie électrique
  • Ingénieur Informatique industrielle
  • Ingénieur roboticien
  • Directeur technique
  • Ingénieur maintenance

 


Le Burkina Faso en 1975


 

En 1975, au moment où je m’apprêtais à intégrer l’université, la Haute Volta était dirigée par une junte militaire ayant à sa tête le général Aboubacar Sangoulé LAMIZANA. Ce pouvoir militaire est issu d’un coup d’Etat perpétré le 8 février 1974 contre le gouvernement démocratiquement élu de la 2ème république en place depuis 1971. La constitution de la 2ème république a été suspendue, le gouvernement et le parlement ont été  dissous. L’armée met en place un gouvernement dénommé gouvernement de renouveau national GRN dominé par les chefs militaires. Mais cette position du tout militaire étant intenable, le  pouvoir militaire  va chercher à mettre un vernis de démocratie sur  sa gestion, et  mettra pour cela un organe à vocation consultative ; le Conseil Consultatif pour le Renouveau National (CCRN) rassemblant les représentants des forces vives de la nation.

Une partie de l’opinion publique va dénoncer cet organe en le taxant de caisse de résonance du pouvoir militaire.

Mais lorsqu’en mai 1975, le pouvoir militaire va tenter de créer un parti politique unique,  alors comme un seul homme, toutes les couches sociales, ayant à leur tête les syndicats des travailleurs et le mouvement étudiant vont s’y opposer. La grève de protestations des 17 et 18 décembre 1975, qui est lancée par ces organisations fut un succès total. Ouagadougou a été une ville morte, je suis bien placé pour le dire, car pendant ces deux jours, les jeunes étudiants que nous étions, avions eu de la peine à trouver à manger.

Le pouvoir militaire fut obligé de reculer. Le MNR fut un mort-né.

En 1978, une nouvelle constitution est votée. Nous entrions dans l’ère de la troisième république. Des élections présidentielles et législatives sont organisées. L’UDV-RDA  remporta les élections législatives et Sangoulé LAMIZANA, déclaré candidat du RDA remporta l’élection présidentielle après avoir été mis en ballotage par Macaire Ouédraogo candidat de l’UNDD.

La 3ème république ne fera pas long, il sera

En dehors de ces courts périodes de vie démocratique dans notre pays, les partis politiques n’avaient pas  d’existence légale. Toutes les juntes militaires dès leur prise de pouvoir décrétaient la dissolution des partis et organisations politiques. Ils n’avaient pas le droit de s’exprimer et de donner leurs opinions sur quelques aspects de la vie nationale. La liberté d’expression et de manifestations étaient bâillonnées. Toutes attitudes contraires pouvaient être sanctionnées. Mais leur courant de pensée continuait à exister et même à se manifester sous une autre forme.

Pendant les périodes d’Etat de droit, la liberté de s’exprimer et de s’organiser n’était pas entière. Il y eut même des moments où la loi avait  limités le nombre de partis politiques à trois. Tous les autres partis étaient dissous et interdits de manifestations.

Quel que soit le régime en place, les partis ou groupes communistes, qui prônent le renversement de l’ordre établi ne pouvaient pas se manifester ouvertement. Sinon ils seraient réprimés. Ils étaient tous de rester dans la clandestinité

Des partis ou organisations politiques, qui se proclamaient révolutionnaires ou communistes, même pendant les courts moments de démocratie, restaient dans la clandestinité.

Seuls les syndicats des travailleurs et les organisations avaient la possibilité de manifester en deçà d’une certaine limite sous peine d’être réprimé.

Bien des partis ou organisations politiques vont chercher à contrôler les organisations syndicales et les utiliser comme moyens d’expression de leurs oppositions au pouvoir en place. Les luttes de ces  groupes pour controler  les syndicats et mouvements d’étudiants étaient très âpres.

Au-delà de ces luttes sous terraines, le mouvement syndical des travailleurs et le mouvement étudiant ont toujours été aux avant-pointes dans les luttes pour la défense et la sauvegarde des libertés dans notre pays. Les luttes qu’ils menaient dépassaient très souvent le cadre des revendications purement corporatistes. Le mouvement étudiant en particulier, conscient de son rôle de conscientisation analysait sans faille la situation nationale et défendait de manière intransigeante la liberté et réclamait toujours plus démocratie.

Les meetings des syndicats drainaient un monde fou à la bourse du travail. Les leaders syndicats comme Soumane TOURE et Boniface KABORE, grands orateurs savaient trouvaient les formules justes pour fustiger le régime en place. Ils ont tous subis les foudres des régimes anti démocratiques en place

Sur le plan social et démographique, la Haute-Volta était peu peuplée, nous étions approximativement six millions d’habitants en 1975 .

La population scolaire était aussi très faible. En 1960, à l’orée de notre indépendance formelle, après plus de 60 ans de domination coloniale,  il n’y avait seulement que 51 candidats au baccalauréat pour une population approximative de 3 millions d’habitants. La colonisation n’a manifestement fait aucun effort pour former des cadres dans notre pays. L’objectif recherché était de nous maintenir dans l’obscurantisme et continuer tranquillement à exploiter nos richesses. Quinze après, cette indépendance, au moment où je passais mon baccalauréat, il n’y avait que 900 élèves inscrits dans les classes de terminales et 1500 candidats au baccalauréat. C’était un très faible effectif après quinze d’indépendance. C’était La question qu’on peut se poser est de savoir,  si nos dirigeants n’avaient pas des entraves qui les empêchaient de mener une politique forte de scolarisation. Les organisations progressistes affirmaient que nos dirigeants étaient toujours sous la coupe de l’impérialisme international qui les empêchait de  mener une véritable politique de croissance et de bienêtre qui passe forcément par une formation des cadres. 

L’enseignement supérieur était dans un état embryonnaire. Ce n’est qu’en 1974, que la Haute Volta va se doter de sa première université par mutation du centre d’enseignement supérieur CESUP. De ce fait la grande majorité des bacheliers étaient envoyés dans les universités de la sous-région et d’Europe. Tout élève bachelier âgé de 22 ans au plus, obtenait une bourse nationale qui lui donnait droit à la prise en charge de ses frais d’inscription et d’une allocation financière. Ceux qui avaient plus de de 22 ans pouvaient prétendre à une bourse d’études dans les pays communistes d’Europe de l’Est. Le pécule en 1975, était de 22 500 francs pour les étudiants de Ouagadougou, et lorsque je quittais en 1979, elle s’élevait à 35 000 francs CFA. Une grande majorité d’étudiants, militants des organisations d’étudiants, avaient une claire conscience des sacrifices consenties par le peuple voltaïque pour leur permettre de poursuivre des études. Ces étudiants percevaient leurs devoirs vis-à-vis de ces masses laborieuses. Ainsi beaucoup de nos étudiants de cette époque ont refusé des offres d’emploi dans les pays occidentaux où ils poursuivaient leurs études pour rentrer et servir le pays.

Sur le plan économique, la situation était loin d’être reluisante. L’activité commerciale, financière et industrielle était dominée par les grands groupes français et partiellement par l’Etat. Les parts de l’Etat, dans la plupart des sociétés, provenaient des   prêts consentis par la coopération internationale.

Au seuil de notre dépendance, et longtemps après, l’écho de la révolution bolchevique de 1917 en Russie résonnait toujours très fort dans les esprits. L’idéologie révolutionnaire communiste, dont le fondement était la libération de l’homme de toutes formes d’exploitations et le partage juste et équitable des richesses générés par les efforts des peuples  exerçaient un attrait très fort sur la jeunesse. En effet, la jeunesse, dans tous les pays du monde  est sensible, aux souffrances et à l’injustice, Les jeunes ont très soif de liberté et d’indépendance, de justice sociale. et par conséquent a envie de changer le monde pour le coller à leurs idéaux.

Les jeunes étudiants les plus dynamiques ou à qui on a pu expliquer les fondements de la révolution vont s’y engager avec enthousiaste et ardeur. Une  multitude d’organisations révolutionnaires ou communistes vont voir le jour et canaliser cette énergie dégagée par la jeunesse. 

Sur le plan international, beaucoup de pays à travers le monde, dont les pays africains Angola, Mozambique, Namibie, étaient toujours sous domination coloniale directe de pays occidentaux à régime capitaliste. Les patriotes organisés de ces pays avaient pris les armes menaient une lutte sans merci contre le colonisateur pour obtenir leur indépendance totale. Le peuple noir sud-africain était soumis à un apartheid fait d’humiliation et de privations de toutes sortes. Sous la conduite de leurs  leaders et de l’ANC, le peuple sud-africain portait des coups durs au régime raciste sud-africain qui  bénéficiaient du soutien des pays occidentaux capitalistes impérialistes

Ces peuples en lutte pour l’indépendance et à la liberté étaient soutenus par tous les patriotes africains progressistes, organisés principalement dans des partis d’obédience communiste et des organisations progressistes. Ces organisations en lutte bénéficiaient du soutien des pays communistes

Le monde était globalement divisé en deux camps antagoniques, le premier camp dominé par les Etats Unis, et le second camp dominé par les pays ayant choisi la voie du socialisme et du communisme. Ces deux camps se livraient à une guerre froide sans affrontement direct.

Les étudiants que nous étions, organisés au sein de l’AEVO et de l’UGEV soutenions fermement les luttes des peuples africains et de tous les peuples du monde sous dominations coloniales et impérialistes.